Conseil de quartier Pasteur-Monery : la propreté est un droit

Retenu par la mobilisation et les grèves, le président du conseil de quartier Francis Rambeau (et cheminot de profession) a laissé sa place, ce 20 octobre, à Édith Chagnard-Peillard, adjointe chargée de l’ensemble de ces conseils. C’est elle qui a mené les débats avec le maire Michèle Picard et les adjoints Henri Thivillier (Projet de ville, urbanisme) et Pierre-Alain Millet (Environnement, Cadre de Vie, Qualité de vie). Les questions récurrentes ont concerné essentiellement la propreté et la sécurité, avec une petite discussion autour des risques d’inondations.
Il est d’abord question des “coupe-vitesse” disposés sur les chaussées. “Au 14, route de Corbas, s’étonne ce riverain, ils sont très peu larges. Les bus ne freinent pas, ni les camions. Dans le sens Corbas-Pasteur, cela risque de poser problème avec la proximité des école et collège.” « La réponse, intervient Pierre-Alain Millet, se trouve dans le cadre réglementaire et légal, la largeur des ralentisseurs étant adaptée techniquement à celles des bus. Mais il existe également des enjeux de comportement. Tout conducteur est tenu de respecter la limitation de vitesse. Il faut réfléchir sur la circulation des bus devant le groupe scolaire.”
Henri Thivillier revient sur la présence de camions route de Corbas, expliquant qu’ils n’y ont “pas droit de cité” : “Nous avons réussi à faire baisser considérablement leur nombre. Mais tant que le BUE n’est pas fini…” Des interjections l’interrompent. “Ça n’a rien à voir !” L’adjoint reprend : “Ce n’est pas la cause unique mais cela favorise la circulation des camions. Quant aux bus, le conseil de quartier pourrait interpeller le Sytral pour que les conducteurs roulent moins vite.” Les camions sont également sujets de mécontentement au carrefour du chemin de la Côte et de la rue Hénaff. “Entre 5 heures et 9 heures du matin, il en passe 30 à 40. La journée, on en compte encore une trentaine et cela dure jusqu’à 22 heures. Et le week-end, le rond-point Hénaff devient une aire de jeux pour les quads. Je l’ai signalé une fois à la police nationale qui n’a pas bougé. Je vais écrire au commissaire.” Michèle Picard prend la parole à propos de la sécurité, “une compétence de l’État”, qui s’en désengage. “C’est notre choix politique d’avoir étendu les horaires de la police municipale jusqu’à une heure du matin. Nous avons des missions et la police d’État en a d’autres. Posez ces problèmes de sécurité au commissaire avec une copie au maire, pour que je les appuie.”
L’autre grand sujet de la soirée a été la propreté. Selon une habitante de la rue Beethoven, alors qu’un gros projet de construction est lancé au Monery, “les tours sont délaissées par le bailleur, la Sacoviv”. Henri Thivillier répond qu’elles ont fait l’objet de quatre tranches de réhabilitation.
Pas de commerce local sans clients
Un résidant de l’allée des Cigales renchérit sur les questions de propreté, photos à l’appui. Il montre l’image d’un massif de fleurs et se réjouit que sa ville soit aussi belle. Puis celle d’une aire de stationnement pour camions, face à Exapaq, jonchée de détritus. “La Courly s’occupe de cette partie-là !” Il propose une pétition que l’assistance s’empresse de signer. “Un tiers du temps des jardiniers de la Ville, se désole Pierre-Alain Millet, sert à ramasser les déchets jetés n’importe où. Il faut sensibiliser les gens et jouer sur les sanctions. La propreté est un droit, y compris dans les quartiers les plus populaires.” Tandis que la pétition circule, plusieurs personnes se plaignent de la mauvaise desserte du quartier par les bus. “Pour les lignes 35, 54 et 87, remarque Henri Thivillier, un combat est mené depuis des années. Une ligne circulaire, l’A7, va entrer en réflexion. Il faut réclamer auprès du Sytral.”
Le manque de commerces est abordé en fin de conseil de quartier. “Nous ne sommes pas donneurs d’ordre, répond Michèle Picard. Nous ne pouvons qu’accompagner les commerçants pour une implantation.” Et Henri Thivillier de conclure : “Nous avons fait plusieurs tentatives, nous avons aidé de jeunes couples qui voulaient en ouvrir dans le quartier mais ça n’a jamais marché. Il faut que les clients les fassent vivre. Le petit commerce local ne peut être municipal ! Cela n’existe pas. »

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