
En ce début d’été, aucune noyade n’est à déplorer dans le Lac des Eaux Bleues
Fort heureusement, aucune noyade n’est à déplorer depuis le début de la saison de baignade au Grand Parc Miribel Jonage. Mais comme le dit le proverbe, « mieux vaut prévenir que guérir ». C’est pourquoi les autorités multiplient les contrôles sur les rives du Lac Bleu.
Une noyade est vite arrivée, y compris chez les sportifs les plus aguerris. Pour preuve, mercredi 24 juin, un jeune footballeur de Ligue 2 s’était retrouvé en état de mort cérébrale à quelques kilomètres de là, après s’être baigné au niveau de la vague de la Feyssine deux jours plus tôt.
La préfecture, qui redoute tout nouveau drame, a convié la presse mercredi 1er juillet pour assister à l’une de ses opérations qu’elle intensifie lors de la période estivale. Certes, les eaux limpides de la pittoresque plage de l’Atol sont bien plus calmes que celles de la Feyssine, que l’on surnomme « Hawaï-sur-Rhône ». Sans ce petit vent rafraîchissant qui forme quelques rides en surface, on aurait pu parler de mer d’huile tant l’absence de courant est significative. Il n’empêche : quatre maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) ont les yeux rivés sur l’espace baignade de cette plage de sable blanc. L’espace privé est très prisé des familles. Il peut accueillir jusqu’à 1 800 baigneurs simultanément.
Un des quatre hommes en t-shirt jaune aperçoit justement deux enfants dans l’eau : bien que munis de brassards, aucun adulte n’est à leurs côtés. Le professionnel attend que les parents se manifestent pour leur rappeler les consignes de sécurité de base. « Lorsqu’on aperçoit des enfants seuls, on s’arrête pour discuter avec eux, raconte Xavier Ranchond, responsable des MNS du Grand Parc. Plus ils sont jeunes, plus on les accompagne jusqu’au poste de secours, pour faire réagir les parents. On observe des comportements à risque, comme des enfants de 5 ou 6 ans qui sont chargés de surveiller des plus petits. Cela arrive toutes les semaines. Comme on dit, on préfère passer beaucoup de temps sur de la prévention que peu de temps en intervention. Les parents restent responsables de leurs enfants. On est là pour le leur rappeler. »
Surveiller la flamme
Les sauveteurs, équipés de palmes et de bouées tubes, restent tout de même sur le pied de guerre, prêts à intervenir à la moindre alerte, qu’ils aient les pieds dans l’eau ou plus en hauteur au niveau du poste de garde. Leurs diplômes, leur honorabilité et leur matériel sont drastiquement contrôlés par le Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (SDJESS). Présence et conformité des bouteilles d’oxygénothérapie, du défibrillateur, du sac de premier secours, du registre : tout y passe.
Anne Chagnaud, conseillère technique et pédagogique au SDJESS, rappelle quelques règles de base que tout baigneur se doit de connaître : « Lorsque la flamme verte est montée, la baignade est surveillée. Lorsqu’elle est descendue, c’est que les MNS sont en intervention. Orange : il y a une problématique liée au site. Ici, il peut s’agir de vent ou de pollution. Rouge : la baignade est interdite. »
Aujourd’hui, Séverine Dubus, chef de service à la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) est venue échanger avec Simon Faure, responsable de l’Aquapark. La fiabilité de cette structure gonflable sur l’eau est particulièrement surveillée. « La profondeur de l’eau, la propreté, la présence d’algues et de bouts de bois sont également surveillés, précise Séverine Dubus. Et les risques de collision entre usagers et d’accrochage à la structure doivent être maîtrisés. » « La jauge que recommande le fabricant est de 200 personnes mais nous préférons limiter à 140 pour que tout le monde s’amuse en toute sécurité », rassure le responsable, qui souligne la présence d’un sauveteur sur la baudruche géante.
Anne Laybourne (sous-préfète à la politique de la ville) : « 27 noyades, dont 7 mortelles en 2025 »

La sous-préfète Anne Laybourne, entourée de Xavier Ranchond (responsable des MNS) et et Séverine Dubus (DDPP)
« Il est essentiel de bien choisir son lieu de baignade. De préférence parmi la cinquantaine de piscines et la dizaine de sites naturels surveillés de notre territoire. La plupart des noyades ont lieu sur des sites non surveillés. En France, depuis le 18 juin, 75 morts par noyade sont à déplorer. En 2025, dans le Rhône, nous avons recensé 27 noyades, dont 7 mortelles. Bien souvent, la noyade intervient lorsqu’une personne accumule les risques. En respectant quelques consignes de base, il est possible d’éviter de nombreux accidents : se protéger du soleil, bien s’hydrater, ne pas consommer d’alcool ni de stupéfiants. »
Quatre plages surveillées au Lac des Eaux Bleues

Chaque poste de secours fait l’objet de contrôles draconiens
Le Grand Parc de Miribel Jonage peut accueillir, par temps chaud, près de 40 000 visiteurs. Certains d’entre eux y viennent pour se rafraîchir dans le Lac des Eaux Bleues, issu des nappes phréatiques. Le plan d’eau, qui s’étend sur 350 hectares, dispose de quatre plages surveillées. Trois d’entre elles, en graviers, sont libres d’accès : le Morlet – la plus prisée –, la Baraka, plus proche de l’A42, et le Fontanil, en direction de Décines-Charpieu. L’Atol, la seule plage de sable, est payante.
Les maîtres-nageurs sauveteurs des quatre plages communiquent entre eux par talkie-walkie. Ils ont pour mission de porter secours à toute personne en difficulté, y compris en dehors des zones de baignade surveillées.






























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