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Quand les femmes prennent les clés du camion

De novembre 2022 à mai 2023, dix femmes vont se former au métier de conducteur poids lourds. Le programme est porté par Volvo Trucks et RAS Intérim. La formation, intégralement financée, se déroule chez Abskill, à Vénissieux.

Vanessa Morel, ambassadrice du programme Iron Women. (photo Volvo Trucks)

Femme au volant, satisfaction au tournant ? Les entreprises de transport routier sont très enthousiastes à l’idée de voir des femmes au volant de leurs camions. C’est ce que rapporte Brice Maurandi, directeur Marketing chez Volvo Trucks. Avec son programme « Iron Women », le constructeur suédois promeut la mixité pour contenter ses clients depuis 2015. De son côté, RAS Intérim, expert du recrutement transport, a lancé « Agir au féminin » en 2020. Les deux ont associé leur savoir-faire pour organiser des formations exclusivement dédiées aux femmes.

 

Dès le 23 novembre, dix femmes apprendront le métier de conducteur poids lourds au centre Abskill de Vénissieux. Au terme des six mois de formation, huit décrocheront le titre professionnel adéquat, le permis poids lourd (C) et le permis super lourd (CE). Et seront en mesure de manœuvrer des semi-remorques d’une quarantaine de tonnes. Six entreprises de l’agglomération se sont engagées à leur offrir un CDI. La formation coûte 10 000 euros par participante. Elle est financée par l’État, la Région, Pôle emploi et Akto.

« Elles ont moins d’accidents que les garçons »

En France, selon les derniers chiffres de l’OPTL (Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique), les femmes conductrices ne représentent que 3 % des effectifs dans le transport routier de marchandises. Pourtant, elles semblent se débrouiller au moins aussi bien que les hommes. « Selon nos clients, elles ont moins d’accidents, assure Brice Maurandi. Les camions sont en meilleur état. Elles sont plus prudentes et les contacts lors des livraisons sont de meilleure qualité. »

Les professionnels du transport de marchandises souhaiteraient recruter plus de femmes. (photo DR)

Pour Amel Touag, responsable développement formation chez RAS Intérim, « la mixité est source de bien-être au travail. Il y a beaucoup de testostérone dans ce métier. C’est bien de faire redescendre la pression. »

Chez Abskill, Jérémy Bouquet se réjouit de travailler avec ce public. Entre avril et août, le formateur a déjà accompagné une session 100 % féminine : « Je suis content qu’on casse ce cliché de routier un peu bourrin. Les mentalités changent. Cette génération est plus ouverte d’esprit. » Le centre, qui dispense les 434 heures de formation, propose le même contenu aux deux sexes mais a su modeler son approche pédagogique. « Les filles ne sont pas ménagées, garantit Stéphane Faverot, le responsable. Elles expriment plus leurs émotions mais ont la fierté de prouver. Et pour les garçons, c’est aussi l’occasion de se remettre en question. »

Patrick Martinella (directeur de filiale Servanin) : « Les femmes sont plus attentives et rigoureuses »

« J’ai une seule femme conductrice sur 36. Je suis patron de site depuis 2006 et je n’ai jamais reçu le moindre CV d’une femme. Alors, on provoque les choses. On applaudit des deux mains cette initiative. Les femmes conduisent très bien. Peut-être même mieux que les hommes car elles sont plus attentives et rigoureuses. Elles sont moins téméraires. Aujourd’hui, un camion se conduit comme une Clio. C’est une sorte de voiture XXL. »

Célia (23 ans) : « Se retrouver entre filles ajoute de la tranquillité »

« Depuis toujours, je pars en semi-remorque pour des spectacles équestres. J’ai déjà le permis BE. Les manœuvres avec les remorques ne me posent pas de problème. J’étais trop qualifiée pour suivre une formation Pôle emploi. Par chance, je suis tombée sur cette annonce. Sans quoi, je n’aurais jamais pu me former. Se retrouver entre filles ajoute de la tranquillité. Avec des hommes, on aurait eu tendance à devoir leur prouver des choses. »

Maelisse (22 ans) : « Je souhaite partir à la semaine »

« J’étais agent de sécurité incendie et pompier volontaire. Après avoir subi une agression, j’ai voulu rebondir. Depuis toute petite, je monte dans le camion avec mon père, qui travaille dans le bois. Je souhaite partir à la semaine et dormir dans le camion. Je ne me vois pas rentrer chez moi tous les soirs. Autant en profiter à fond avant de construire une vie de famille. Travailler dans un milieu masculin ne me fait pas peur. »

2 Commentaires

2 Comments

  1. Jérémy

    18 novembre 2022 à 21 h 41 min

    Tellement fier d’être le formateur de ce projet ❤️

  2. Habitante

    9 novembre 2022 à 5 h 25 min

    Super les filles! tous les métiers doivent être accessibles aux femmes qui le souhaitent.

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