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Bastien Massias, un berger dans la ville

Ce Vénissian promène ses moutons dans les espaces publics de la Métropole pour le compte de la Bergerie urbaine. On pourra le croiser avec son troupeau les 22 juillet, 10 et 23 août, entre 9 et 13 heures, sur le plateau des Minguettes.

Photo Emmanuel Foudrot

Rural à la base, c’est ainsi que se définit Bastien Massias, qui vit depuis trois ans et demi à quelques pas de l’hôtel de ville de Vénissieux. « Je suis né en Saône-et-Loire, issu d’un territoire où il y avait énormément d’agriculture et d’élevage de vaches charolaises. »

Désireux de voir autre chose, le jeune homme arrive à Lyon pour connaître « les différents enjeux de la ville ». Et s’intéresse à l’écologie, l’économie et la mondialisation.
« Entre deux années d’études, j’ai fait une césure et me suis investi dans l’association du Passe-jardins et au jardin de l’Envol, à Vénissieux. J’avais envie de travailler dans l’agriculture urbaine. J’étais en ville et l’agriculture permettait le passage vers plein d’autres choses : la pédagogie, l’événementiel, le lien social, etc. »

À l’école Sup’Écolidaire, à Limonest, il se recentre donc sur l’agriculture urbaine et sur la transition écologique et solidaire. Il fait un stage à la Bergerie urbaine, dont il devient le deuxième salarié, après Bastien Boyer. Cette association, qui possède une quarantaine de moutons, concilie pâturage itinérant et animations pédagogiques au sein de la métropole.

« Il existe certes une similarité entre un berger urbain et un berger rural, explique Bastien Massias, sauf que le berger urbain fait d’autres activités telles que le lien social, la création d’événements, les animations pédagogiques, les tâches administratives, la gestion du collectif… C’est très diversifié. »

C’est à la Bergerie que Bastien découvre les moutons et se forme sur le terrain. « Une relation particulière se crée avec l’animal. Pendant la période des naissances, on aide les mères. Nous avons un rapport de proximité très fort. Comme chez les humains, les individus sont très différents. Certains sont timides, d’autres moins. C’est une question de personnalité, autant chez les moutons que chez les bergers. Observer les animaux, entrer en relation avec eux, j’adore faire cela. »

Photo Emmanuel Foudrot

Bastien met en avant la multitude d’activités que comporte son métier. « Nous ne connaissons pas de journée ni de semaine type. C’est ce qui est intéressant, cette absence de routine, et nous devons travailler autant avec nos mains que nos cerveaux. Nous entretenons des liens avec les habitants, les agriculteurs, les porteurs de projets, des associations comme Graines de Bio-Divers-Cité. »

Pas de monotonie, donc, mais une saisonnalité : « L’hiver est marqué par la naissance des agneaux mais aussi par la recherche de financements. Au printemps, c’est la production alimentaire et la préparation de l’année. L’été, ce sont les animations pédagogiques. À l’automne, nous nous tournons à nouveau vers la production alimentaire, la viande et la laine. Notre plus grande inquiétude, cette année, a été la sécheresse de juin. L’arrivée de grosses pluies a été une chance. »

La petite transhumance du Grand Lyon

Il évoque immédiatement la transhumance, cette « recherche de ressources fourragères pour les animaux en se déplaçant dans les espaces naturels publics ou privés ».

« Cette année, reprend Bastien, la petite transhumance sur le Grand Lyon durera trois jours, du 29 septembre au 1er octobre. Aidés par la Ville de Vénissieux, nous allons parcourir 8 à 10 km par jour avec les moutons. Le soir, nous nous arrêterons dans des parcs publics et d’autres associations partenaires se chargeront d’animer les soirées. Nous partirons du jardin de l’Envol, stopperons la première nuit au parc de Parilly et la seconde au parc de Gerland. Nous serons associés au Passe-jardins, Des Espèces parmi’Lyon, Récup et Gamelles, La Tartine sonore, Mu’ethik qui projettera un film sur les acteurs de la vie agricole lyonnaise, etc. »

Parallèlement à son activité de berger urbain, Bastien donne des cours en licence pro « Nature en ville », à Sup’Écolidaire et à l’université de Lorraine, où il travaille avec des groupes de chercheurs sur les terrains pollués aux métaux lourds.

La Bergerie urbaine dispose de 14 hectares de terrains sur six sites et cinq communes de la métropole. « Nous recherchons un lieu central où l’on pourrait garder les animaux, accueillir le public, stocker, développer aussi le maraîchage et avoir quelques poules pondeuses. Un collègue rêve même d’y intégrer un jour une vache. L’objectif est la vente de produits, directe ou en épicerie, et nous sommes déjà en relation avec des structures telles que l’AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Nous avons 45 moutons et nous ambitionnons de parvenir à 80 dans les prochaines années. Pour l’instant, notre seul bâtiment est à Collonges-au-Mont-d’Or, où se déroulent les naissances. »

Pour lui, il s’agit de relever « un grand défi » et de mettre un jour en pratique en campagne ce qui a été appris sur un territoire urbain. Pour la première, il signale « la fermeture des commerces, le vieillissement de la population, l’abandon des services publics » et parle de la création dans son village d’une association de redynamisation rurale.

Ce jour-là, les moutons arrivent au stade Laurent-Gérin. Des dizaines d’élèves de l’école Max-Barel les attendent et, déjà, des mains cherchent les têtes des brebis pour les grattouiller. Données par les bergers, les explications suivent et l’on comprend que c’est ainsi que peuvent être atteints des objectifs jugés hors de portée.

Photo Emmanuel Foudrot

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