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Portraits

Christel Armenteros : appelez-la Dimitri

Après une scolarité vénissiane et un passage par le CMO-V GRS, Christel est devenue prof d’espagnol. Mais sa passion est la musique et elle vient de sortir un deuxième album, « En surface », sous le nom de Dimitri.

Photo Valéria Pacella

Bien qu’ayant toujours habité Corbas, Christel Armenteros a grandi à Vénissieux. « Né en Andalousie, mon père est arrivé avec ses parents à Vénissieux quand il avait 15 ans. Plus tard, mes grands-parents m’ont gardée, amenée à l’école… Depuis la maternelle, j’ai en effet fait toute ma scolarité à Vénissieux. »

Après l’école primaire au Charréard, Christel s’inscrit en sport-études au collège Louis-Aragon et fait partie, grâce au CMO-V, de l’équipe nationale de GRS (devenue aujourd’hui GR) qui devient championne de France. « Quand je suis arrivée en 1987, le CMO-V GRS était le premier club de France. J’y suis ensuite restée comme entraîneur jusqu’en 1998. »

En 1990, Christel arrive au lycée Jacques-Brel. « En sports-études, l’allemand était la LV2 obligatoire. Or, j’étais déjà à l’époque bilingue espagnol et je voulais changer. Si je n’avais pas pu switcher, je ne serais pas prof d’espagnol aujourd’hui ! »

Avec la gymnastique rythmique, l’autre passion de Christel est la chanson. « Mon grand-père était un super chanteur de flamenco en Andalousie et il a côtoyé les plus grands noms de cette musique. Mais son père avait refusé qu’il s’engage dans cette voie car il avait besoin de lui sur ses terres. Mon grand-père n’a pas pu vivre cette expérience mais la musique a toujours fait partie de son quotidien. »

Pas étonnant alors que Christel cherche à concrétiser les rêves de son aïeul. Du CP à la 6e, elle suit des cours à l’école de musique de Corbas. Lycéenne à Jacques-Brel, elle fait partie du club musique où se retrouvent les amateurs, entre midi et deux. « Il y avait un piano et deux-trois guitares et les terminales venaient s’amuser. Un élève plus âgé que moi, mais qui était au solfège avec moi quand j’étais toute petite, m’a transmis son savoir et j’ai commencé à jouer de la guitare avec les copains. Puis à écrire mes premières chansons en terminale. Dès la 2nde, j’avais découvert Jim Morrison et ses poèmes. C’est à cette époque que j’avais vu le film Les Doors, qui m’avait inspirée. »

Christel crée son premier groupe alors qu’elle est étudiante en espagnol à la fac de Bron. « Sur les six membres, trois étaient de Vénissieux et les deux guitaristes avaient été à Jacques-Brel. D’ailleurs, plusieurs personnes du lycée ont fait carrière dans la musique. Je pense à Sorel, avec qui nous étions dans le même délire. »

Revenons au groupe, qui s’appelait Flying Spoons et fit une jolie carrière. « On a joué à la Nuit métisse, aux 24 heures de l’Insa. On bénéficiait de scènes splendides, on s’éclatait. L’association Microcosmos, qui s’était occupée de L’Affaire Louis’ Trio, nous faisait tourner. La GRS m’avait donné de la rigueur et de l’ambition. Je voulais tout casser, écrire et chanter mes propres compositions ou faire un autre job, mais surtout pas cachetonner et gagner ma vie en jouant des reprises. »

En 1997-98, dans le cadre de son mémoire de maîtrise sur le flamenco, Christel enregistre avec son grand-père (83 ans) une chanson à la MJC du Cadran à Vénissieux, avec Yvon Donzel aux manettes. L’air paraîtra ensuite dans une compilation du CMTRA (Centre des musiques traditionnelles Rhône-Alpes).

La rencontre avec son futur mari Cédric Sanjuan, un batteur qui est intermittent du spectacle, et l’envie rapide d’avoir des enfants, modifient les objectifs de Christel. « Être deux intermittents me semblait difficile, je ne voulais pas galérer. J’ai fait le choix, puisque j’avais un projet de secours, et me suis tournée vers l’enseignement. Mais la musique a toujours été une obsession, une priorité. Je l’ai dans le sang. »

À tel point qu’après une grosse coupure de douze ans, Christel se met au piano et remonte un projet. Nous sommes en 2018. « Au départ, je voulais un piano-voix. Cédric a fait la production, les arrangements en MAO, l’habillage musical… Maintenant, nous sommes un trio : je suis au chant, Cédric à la batterie et Damien Habouzit, ancien d’Astonvilla, à la basse. »

Quant au nom de la formation, Dimitri, Christel explique son choix : « Je ne voulais pas un nom de fille, qu’on oublie facilement, ni un nom de groupe, facile à mémoriser et dur à identifier. J’ai pris le contrepied de ce que je suis : un nom de garçon parce que je suis une fille, un prénom qui sonne russe parce que je suis latine. Et puis, la musique est un milieu jeuniste, moi je n’ai plus 20 ans et je fais de la pop. »

Avancer contre le vent… et le Covid

Tout le contraire du courant, en quelque sorte. Avec un mot d’ordre : tout est possible ! Mais tout se complique avec la crise sanitaire. « Après un premier EP en 2018, Puzzle, nous devions en sortir un deuxième, En surface, en mars 2020, avec un concert au Radiant. Ça commençait à bien marcher pour nous, nous étions sur une pente ascendante. Mais le Covid nous a mis une énorme claque. La sortie de l’album a été compromise et Le Radiant a annulé une semaine avant. Puis le confinement est arrivé. Il faut une telle énergie pour mettre en lumière un projet ! »

Christel regrette d’autant plus qu’elle avait préparé tout un programme. « J’avais invité mes copines de la GRS. Une avait fait les J.O. d’Atlanta, une autre les championnats de France et avait été mon élève en espagnol. J’avais réuni toutes mes planètes, mes mondes séparés. Je voulais que tout converge. Avec une classe de 6e de La Xavière de Chaponnay et la chanteuse Billie, nous avions mis en place un atelier de création de chansons et tous devaient monter sur scène. Comme je l’ai dit, la musique m’a toujours accompagnée, jusque dans l’enseignement. À La Xavière de Vénissieux, toujours avec Billie, nous avions fait travailler les élèves sur des chansons parlant de liberté et de tolérance. C’était l’époque des attentats de Charlie Hebdo. »

Photo Valéria Pacella

Est-ce son passé de gymnaste qui la fait réagir ? Christel est résolue à « avancer face au vent ». Finalement, En surface sort en mars 2022… et la promo ne se fait pas au Radiant mais au Polaris de Corbas, avec des proches. « Ce fut une belle sortie, même si on avait visé un public moins large. »

Arrive également le temps des questions. « Pourquoi fais-je cela ? » s’interroge Christel. Elle sait qu’il lui manque un carnet d’adresses. Elle veut à présent aborder la musique différemment. « Le top serait de faire une résidence. J’adorerais que ce soit à Bizarre ! » Ajoutons pour conclure que le titre En surface vient d’être remixé par Érik Bécart, qui devrait le finaliser en ligne très prochainement.

https://www.instagram.com/dimitri.musique/?hl=fr

https://www.facebook.com/dimitri.managment

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