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Festival Essenti’[elles] : Où sont les femmes ?

Avec son Festival Essenti’[elles], Vénissieux va proposer du 8 au 10 mars de nombreuses manifestations autour de la Journée internationale des droits des femmes. Cette année, les animations se concentreront autour de la place des femmes dans l’espace public, une thématique essentielle pour la Ville, qui souhaite lutter contre leur invisibilisation dans la société.

Depuis sa création, le Festival Essenti’[elles] ouvre un espace de réflexion et de sensibilisation sur les droits des femmes. Il permet aussi de mettre en lumière des actions, des parcours, des talents et des engagements, là où les femmes manquent encore aujourd’hui de visibilité.

Cependant, Véronique Callut, adjointe aux Droits des femmes, le rappelle, « se battre pour les droits des femmes ne doit pas être restreint à cette seule journée, il faut une continuité dans ce travail, c’est un combat permanent et il y a encore beaucoup de choses à changer ».

Le festival Essenti’[elles] est donc l’occasion de promouvoir l’égalité pour tous, dès le plus jeune âge. Il reste un moment privilégié pour les Vénissians invités par l’équipe municipale à réfléchir et à se divertir.

Après une édition 2021 en format numérique, plus de dix rendez-vous sont au programme cette année : cinéma, théâtre, musique, expos, balade urbaine, quiz, concours photos, autant de choix pour échanger et approfondir la question de la place des femmes dans l’espace public. « Aujourd’hui, il faut que les femmes reprennent leur place dans l’espace public, affirme Véronique Callut. Les jeunes filles n’osent pas s’habiller comme elles le voudraient à cause des remarques qu’elles pourraient avoir. On n’a pas le droit de juger une femme en fonction de sa tenue, ou de faire n’importe quelle autre réflexion qu’on ne ferait pas à un homme. »

S’adressant à toutes et tous, cette 10e édition investira de nombreux lieux de la ville à la découverte du matrimoine commun. L’ouverture aura lieu le 8 mars à 18 heures, au cinéma Gérard-Philipe, en présence du maire Michèle Picard et de nombreux élus. Elle sera suivie par la projection de Delphine et Carole, insoumuses de Callisto Mac Nulty. Un hommage puissant à deux militantes, l’une vidéaste et l’autre actrice, qui se sont battues pour le féminisme dans les années 1970 en tournant des films. La soirée s’achèvera sur un temps d’échange, en présence de la sociologue Pauline Delage, chargée de recherche au CNRS. Les enfants ne seront pas oubliés puisque, le même jour, ils profiteront, à 14 heures, du film Vaillante de Laurent Zeitoun.

Comment évoquer l’égalité homme femmes sans mobiliser les adolescents ? Depuis des années, les EPJ travaillent sur ce sujet. Pour cette édition 2022, les jeunes de l’EPJ Léo-Lagrange ont dessiné l’affiche, sur le thème de la place des femmes dans l’espace public. « Ils se sont questionnés sur l’invisibilisation des femmes, ils étaient très impliqués. Grâce à cet atelier, on peut aborder des questions qu’on n’aurait pas forcément abordées lors d’activités plus classiques. Il faut qu’il y ait une prise de conscience, il faut informer, interpeller sans stigmatiser les jeunes, ces questionnements s’adressent à tous, il faut faire évoluer les mentalités », estime Bayrem Braiki, adjoint en charge de la Culture.

Le 9 mars sera également très riche en animations : citons notamment de 9h30 à midi Criées publiques par la compagnie théâtrale Vilain.es, qui investira la place du marché du Centre pour rencontrer les habitants et habitantes (voir ci-dessous). Les comédiennes collecteront des témoignages en lien avec les questions de genre avant un petit temps de restitution. À 16 heures à la médiathèque, une visite guidée de l’exposition Féminin/masculin : Les affranchies sera proposée. On y retrouvera quatre portraits de femmes battantes, véritables figures de l’émancipation féminine et de l’affranchissement des codes féminins/masculins : George Sand, Sarah Bernhardt, Colette et Marlène Dietrich. Enfin, le 10 mars, le festival proposera des projections de films, ainsi que le vernissage de l’exposition Mêlée au centre d’art Madeleine-Lambert.

Questions à Michèle Picard : « Lutter contre l’invisibilisation des femmes »

Michèle Picard, maire de Vénissieux, est la 4e vice-présidente de la Métropole en charge de la lutte contre les discriminations et l’égalité femmes hommes. Interview.

  • Comment avez-vous abordé ce rôle de vice-présidente en charge d’une délégation qui vous est chère ?

Mon rôle de vice-présidente me permet de concrétiser des actions qui vont avec mes engagements. La culture de l’égalité est importante, ce doit être une lutte du quotidien. Cette délégation n’existait pas avant, il a fallu construire les choses. Nous n’avions pas de vue globale sur ce qui se faisait. Des choses étaient faites par différents services, il a fallu faire un état des lieux de la situation au sein de la Métropole. Nous avons nommé un référent technique à l’égalité dans chaque service. C’est un travail collaboratif.

  • Pouvez-vous détailler vos ambitions ?

Nous avons construit un plan d’action sur trois ans qui a débuté en 2020, avec trois grandes parties et 84 actions au total. Dans la première partie, qui comporte 25 actions, nous souhaitons communiquer et sensibiliser en interne et en externe sur l’égalité femmes hommes, soutenir les initiatives et lutter contre l’invisibilisation des femmes. Ensuite, nous souhaitons affirmer l’égalité femmes hommes au sein de la Métropole en luttant contre le sexisme dans les salaires, prévenir la violence au travail ou le harcèlement moral avec 18 actions. Et enfin, promouvoir l’égalité de toutes et tous au sein des politiques publiques, avec 41 actions, en luttant contre l’emploi précaire des femmes ou en les aidant dans l’entreprenariat, dans leur insertion ainsi qu’en favorisant une égalité d’accès à la culture ou au sport.

  • Comment se traduisent ces différentes mesures concrètement ?

Des choses sont en cours, d’autres se mettent en place. Nous allons réunir des groupes de femmes, avec un rôle consultatif afin de combattre les préjugés et les stéréotypes. Nous souhaitons aussi lancer un prix en faveur de l’égalité pour lutter contre les discriminations. Nous avons beaucoup travaillé avec des associations concernant l’invisibilité des femmes, nous avons fait une évaluation. On souhaiterait aussi une démarche de budgétisation sensible au genre. Cela ne veut pas dire faire du 50/50, mais une adaptation du budget. Cette question, il faut l’avoir dans le viseur tout le temps. Prenons l’exemple du sport féminin. Quand on construit un gymnase, il faut avoir en tête qu’il s’agit d’un lieu pour filles et garçons. On ne va pas y créer uniquement des surfaces dédiées au foot par exemple.

  • Quel bilan tirez-vous de la campagne #ChangerlesRègles lancée l’an dernier à l’occasion du 8 mars ?

La collecte, qui a été organisée avec l’association Règles Élémentaires, a été très efficace. Nous avons collecté près de 40 000 protections hygiéniques, qui ont ensuite été redistribuées. Nous la programmons cette année aussi. On ne sait pas combien de femmes et de jeunes femmes s’absentent dans les collèges ou dans les universités parce qu’elles n’ont pas les moyens de s’acheter des protections menstruelles. C’est une question de santé publique. Nous souhaitons sensibiliser sur cette précarité qui est uniquement féminine et en briser les tabous, cela va avec la sexualité.

  • Que pensez-vous de la situation des femmes en France aujourd’hui ?

Il y a encore de nombreux combats à mener. Il faut accompagner les femmes en difficulté comme celles sans-abri, les femmes victimes de violences, âgées, monoparentales, toutes sont concernées. Si nous sommes tous conscients, on peut faire en sorte que ce soit une lutte du quotidien. Par exemple, il faut informer les jeunes femmes sur leur sexualité, l’accès à la contraception, tout en restant attentif au droit à l’avortement. Il faut aussi s’inquiéter des femmes monoparentales qui ont tendance à délaisser leur santé au profit de celles de leurs enfants. Dans certains pays, du Nord notamment, il y a une sensibilisation sur ces sujets depuis des années. En France, nous encore sommes très en retard sur ces questions-là. Il faut lutter contre les stéréotypes dès le collège, sensibiliser aux violences sexistes ou sexuelles dans l’espace public, aux féminicides.

L'affranchissement des codes

Avec Féminin/masculin : Les affranchies et Mêlée, le festival va également se décliner le temps de deux expositions.
Visibles à la médiathèque Lucie-Aubrac du 8 mars au 2 avril, Les affranchies sont quatre femmes (George Sand, Sarah Bernhardt, Colette et Marlene Dietrich) qui sont devenues des figures de l'émancipation féminine et de l'affranchissement des codes féminins/masculins. 
George Sand choisit un prénom littéraire masculin. Sarah Bernhardt interpréta indifféremment sur scène Hamlet, l'Aiglon, Cléopâtre ou Phèdre. Colette fut l'une des premières actrices à apparaître nue au théâtre, en 1907. Elle revendiqua très tôt sa bisexualité, sujet qu'elle traita dans plusieurs de ses romans, ce qui ne l'empêcha pas d'être encensée pour la qualité de son œuvre et d'être la première femme à avoir, en 1954, des funérailles nationales. Quant à l'actrice Marlene Dietrich, qui s'engagea dans la lutte contre le nazisme, elle cultiva elle aussi l'ambiguïté sexuelle, n'hésitant pas à se vêtir en homme ou se coiffer d'un chapeau haut de forme. Comme dans L'Ange bleu en 1930, film qui lui accorde le statut de star et qui sera interdit par les nazis.
La seconde exposition, Mêlée, est proposée du 11 mars au 9 avril à l'espace Madeleine-Lambert. Il s'agit d'un aperçu d'œuvres récentes de la collection de la Ville, créée en 1929 et qui comprend au total plus de 700 œuvres. Une vingtaine d'artistes, dont de nombreuses femmes, seront ainsi honorés à travers la présentation de dessins, photographies et sculptures nouvellement entrées dans la collection. 
Féminin/masculin : Les affranchies à la médiathèque Lucie-Aubrac du 8 mars au 2 avril.  Visite guidée le 9 mars à 16 heures
Mêlée : du 11 mars au 9 avril à l'espace Madeleine-Lambert (Maison du peuple). Ouvert au public du mercredi au samedi de 14 heures à 18 heures. Vernissage le 10 mars à 18h30. 

Vilain.es, improvisations sur le genre

Au Moyen-Âge, les vilains se distinguaient des serfs. Ces « paysans libres » ont inspiré le nom d’une compagnie lyonnaise créée en 2021, Vilain.es. « Mais notre processus existe depuis plus longtemps« , commente Julie Doyelle, directrice artistique avec Léa Marchand.

Sur le site de la compagnie, on trouve une autre explication sur le nom puisque le mot s’associe aussi à « une conduite qui déplaît » : « Vilaines mains, vilain temps, vilaines pensées. Un hommage aux méprisé.es, aux désobéissant.es, aux turbulent.es, aux timides, aux laid.es, aux oublié.es, aux inquiétant.es, aux non-binaires, aux marges… Nous sommes vilain.es. Notre projet, nos valeurs : Faire de l’art par le bas et militer par le vivant. Faire un théâtre qui questionne, qui revendique, qui fête et qui dénonce. Parler de genre, de diversité, de complexité, d’intimité, de politique. Se battre et débattre pour être en paix. Être dans l’émotion, à l’écoute des corps, des respirations, du silence (…) Prendre la matière là où elle est, dans la rue, au travail, dans le calme apparent des maisons, au cœur de l’institution, dans l’intimité de nos pensées. »

Contactées par le GPV, les Vilain.es ont mené des ateliers à Vénissieux, auprès de personnes rencontrées au CIDFF (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles), à la Mission locale et au centre social Eugénie-Cotton, avec le groupe Part’âge. Un autre se tiendra encore le 9 mars au matin sur le marché du Centre.
« Nous mettons en place ces ateliers de théâtre, reprend Julie, pour appréhender le corps, la confiance en soi, le regard sur soi et sur les autres. Nous enregistrons des témoignages que l’on monte ensuite et que l’on utilise dans notre spectacle.« 

La part d’improvisation s’appuiera, pour le spectacle joué le 9 mars à 19h30 à la salle Érik-Satie, sur une question simple posée au cours des ateliers : « À quand remonte la dernière fois où l’on vous a fait sentir qu’on vous traitait à cause de votre genre ?« 
« Cette question concerne tout le monde. Dans la famille, dans le couple, chacun de nous y a été confronté. Et chacun se l’approprie comme il en a envie. Notre spectacle ne cherche pas à moraliser mais à ouvrir des portes. Et donner de l’émotion, des respirations. Il nous importe de ne pas trahir ce qui nous est dit. Chaque parole est légitime.« 

Le 9 mars à 19h30 : Spectacle Vilain.es, suivi d’un temps d’échange avec l’association Fil’actions.Salle Érik-Satie : 4, rue Prosper-Alfaric. À partir de 7 ans. GratuitDans la limite des places disponibles. Informations : 04 72 90 10 96.

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