Prox’ Raid, pour un rapprochement entre forces de l’ordre et jeunes

Venus pour échanger et proposer des ateliers sportifs aux jeunes, mardi 26 octobre sur les abords de la piscine Delaune, une dizaine de policiers ont pu également dialoguer et présenter leur métier.

Une dizaine d’ados observent le remue-ménage sur le terrain accolé au cours de tennis et à la piscine Auguste-Delaune. Des adultes en tenue de sport installent des revêtements et des structures gonflables bientôt prêts pour accueillir des ateliers sportifs. Des agents de la police nationale sont également présents. Un jeune homme d’à peine 14 ans apostrophe un adulte en survêtement et t-shirt : « Hé, Monsieur, vous ne savez pas si les policiers en tenue aimeraient boxer contre nous, il y a un ring à côté ». Large sourire de Smaïl, sportif né à Sainte-Foys-lès-Lyon et… sous-brigadier dans le « 94 ». « Pas de problème, venez sur le ring, c’est moi qui assure les séances de découverte de la boxe anglaise. Je vous prête les gants ». Le jeune homme n’est visiblement pas un néophyte, il fait mieux que de se défendre face à Smaïl, un spécialiste de taekwondo qui avait déjà participé à la première édition de Prox’Raid en juillet dernier sur le plateau des Minguettes. Les adolescents peuvent également s’affronter en suivant les consignes des policiers. Quand deux jeunes filles montent sur le ring, la seule consigne de Smaïl claque comme un direct : « Ne touchez pas la tête ». Sécurité oblige.

L’association Raid Aventure Organisation a été créée en 1992 par un ancien policier du Raid. Les policiers de l’association œuvrent bénévolement, à travers leur dispositif Prox’, en organisant au cœur des quartiers des moments privilégiés de rencontre entre les policiers et les jeunes. Ces dispositifs de rapprochement se concrétisent avec l’appui de préfectures, des villes et les forces de police locales, sous la forme d’activités sportives et d’ateliers de découverte des forces de l’ordre.

Tout au long de l’après-midi, les bénévoles de Prox’Raid vont ainsi montrer comment menotter un individu, les gestes de palpation à exécuter, les techniques préconisées en intervention, les gestes de premier secours… Les élus qui se sont déplacés pour assister à ces ateliers apprécient. « Ces échanges démontrent que la création d’un minimum de lien social entre policiers et jeune est bénéfique, lance Jean-Maurice Gautin, adjoint à la sécurité. On s’y est pris un peu rapidement pour monter l’événement. Le 26 octobre était en effet la seule date encore disponible dans le calendrier de Prox’Raid. Avec le maire, on n’a pas hésité une seconde. Grâce aux contacts que nous avons avec la Préfecture, la police nationale et d’autres acteurs comme les sapeurs-pompiers, on a pu organiser cette manifestation. »

Favoriser les échanges

Les conseillères municipales Amel Khammassi et Christelle Charel ont également fait le déplacement. Elles suivent attentivement les propos de Smaïl, qui revient sur son parcours personnel : « Je n’ai pas fait d’études, mais le dialogue et l’envie d’aller vers l’autre ont toujours été ancrés en moi. J’ai fait mes premiers pas dans la police comme adjoint de sécurité, je suis désormais sous-brigadier mais je continue à être un homme de terrain. Comme mes collègues ici présents, encadrés par Florent, le coordonnateur, je prends sur mes congés pour animer Prox’Raid. Avant Vénissieux, on était à Rillieux, Nîmes… On fait une sorte de tournée. On est bénévole. Et on veut casser les clichés et stéréotypes, notamment ceux qui circulent sur les réseaux sociaux. »

Illustration avec l’atelier menottage dirigé par Alex. « On utilise les menottes uniquement si l’individu est considéré comme dangereux ou susceptible de prendre la fuite. C’est l’article 803 du code de procédure pénale. » Brillant élève de 3e, Amir ne perd pas une miette des explications. Il accepte de se mettre dans la peau du délinquant.

« J’aime bien les matières scientifiques, et devenir pompier me plairait beaucoup », indique-t-il.
– « Tu sais que tu peux exercer un métier tout en étant pompier volontaire, intervient Smaïl. Tu peux passer jeune sapeur-pompier et faire une formation. Je peux me renseigner, je connais des professionnels à la caserne de Feyzin. Mais si je te donne les contacts, il faut vraiment que tu te lances. »
– « Pas de problème, assure l’ado. Je suis décidé. »

« Il est fort probable que l’on reconduise cette manifestation l’an prochain, a assuré l’adjoint à la Sécurité. Mais on fera un travail de communication bien en amont pour que les structures d’ados (EPJ) y participent. Faciliter le dialogue et l’échange avec les jeunes des quartiers est une thématique qui nous tient à cœur. Et on a la chance de pouvoir compter sur des forces de l’ordre qui ont décidé de s’impliquer. »

 

 

 

 

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