Médiathèque et bibliothèques de quartier : le pass sanitaire en ligne de mire

Les bibliothécaires vénissians demandent que l’accès à la médiathèque et aux bibliothèques de quartier ne soient plus soumis au pass sanitaire, surtout pour les 12-17 ans.

Ce mercredi 27 octobre, à partir de 15 heures, la médiathèque Lucie-Aubrac et les bibliothèques Anatole-France et Robert-Desnos étaient fermées, une partie du personnel étant en grève à l’appel de la section Culture de la CGT. Le mouvement est national, également soutenu par Sud, et plusieurs établissements dans la France entière ont déjà fermé leurs portes au cours du mois d’octobre.

Au cœur des revendications, on trouve le pass sanitaire. Surtout lorsqu’il s’applique aux 12-17 ans. « Les bibliothèques et médiathèques, entend-on, sont le seul lieu culturel accessible à tous gratuitement. Pour beaucoup de personnes, la bibliothèque est un lien social et on nous demande, à nous dont ce n’est pas le métier, d’exclure des gens. » Et d’ajouter qu’il n’est pas normal de voir des enfants obligés de travailler sur le parking de la bibliothèque Anatole-France faute de pouvoir entrer. « Ils ne comprennent pas pourquoi ils sont les uns sur les autres dans les collèges, pourquoi ils peuvent se rendre dans les centres commerciaux sans pass alors qu’ils ne peuvent accéder à la bibliothèque. »

Membre du syndicat, Valérie Sauvage remarque que Lyon et Villeurbanne ont contourné l’obligation. « Il existe une clause disant que le décret ne peut s’appliquer quand il empêche la formation et l’apprentissage des jeunes. »

Entre temps, trois lycéennes s’approchent du groupe formé devant la médiathèque. Les bibliothécaires leur apprennent que le lieu est fermé et leur demandent si elles ont leur pass. Deux l’on,t mais pas la troisième. Qu’auraient-elles fait, puisque l’une d’entre elles aurait été bloquée ? Elles seraient parties toutes les trois, par solidarité avec leur copine.

Valérie Sauvage donne un autre exemple : « Le matin, un groupe constitué de lycéens peut accéder à la médiathèque sans avoir besoin de pass. Si quelques-uns décident de revenir l’après-midi, ils auront besoin du pass car ils ne forment plus un groupe constitué. Nous observons une baisse de la fréquentation. »

La baisse est encore plus flagrante avec la mise en valeur des livres sur les tables. « À chaque rentrée littéraire, les nouveautés partent en deux heures. Pour cette rentrée, cela fait plusieurs jours qu’elles y sont. Le principe d’une bibliothèque est d’accueillir tout le monde. Ce que nous sommes obligés de faire va à l’encontre de nos missions. La situation est ubuesque. Pour qui travaille-t-on ? Pour qui créons-nous des animations ? »

Et si, c’est une évidence, la crise sanitaire a vidé les lieux culturels — voir les baisses de fréquentation également dans les cinémas —, une bibliothécaire essaie de retracer tout ce qui s’est passé depuis le début de la pandémie : « Nous avons été fermé, puis ouvert, puis il y a eu un couvre-feu, puis les gens pouvaient entrer mais ne pas s’assoir… Et nous n’avons jamais eu de cluster. Le contrôle des pass nous a achevés ! »

Évidemment, la réponse à apporter n’est pas simple. Dans La Gazette des communes, un article parlant de la grève des bibliothèques évoquait « la ligne de crête » sur laquelle se retrouvaient les élus : « D’un côté, assurer au mieux l’accompagnement des professionnels en faisant preuve de bienveillance ; de l’autre, respecter l’obligation de présentation d’un pass sanitaire. »

Le sujet a, du reste, été abordé mercredi soir par une habitante lors de l’assemblée générale du conseil de quartier du Moulin-à-Vent. Celle-ci regrettait que son fils, faute de vaccination, ne puisse accéder à la bibliothèque Robert-Desnos. « Le pass sanitaire s’applique sur tous les équipements culturels et de loisir, cela concerne l’ensemble de notre réseau de lecture ainsi que nos équipements sportifs, lui a répondu une technicienne de la Ville. Le cadre a été posé depuis fin juillet, et depuis le 30 septembre, il s’applique également aux mineurs de 12 à 17 ans. Globalement, ça se passe plutôt bien avec les usagers, il y a une assez bonne compréhension par le public. Malheureusement nous n’avons pas de marge de manœuvre sur cette question, mais nous sommes en lien régulier avec les autorités préfectorales et avec la direction régionale des affaires culturelles pour voir comment les choses évoluent et pour essayer d’anticiper d’éventuels assouplissements. »

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