Davy Tissot en visite au lycée Hélène-Boucher

Quelques jours après sa victoire au Bocuse d’or, le chef Davy Tissot, qui a passé toute son enfance aux Minguettes, est revenu au lycée professionnel Hélène-Boucher, accompagné de son commis, Arthur Debray pour rencontrer les élèves.

 

« Ce Bocuse d’or, je le dois aussi à ce lycée », a insisté Davy Tissot. Cet établissement a une place essentielle dans le parcours du chef à la renommée internationale. C’est là qu’il y a étudié pour son CAP de cuisinier, son BEP d’hôtellerie, qu’il s’est entraîné en 1999 pour passer une première fois le concours du Bocuse d’Or et aussi pour obtenir le concours du Meilleur Ouvrier de France en 2004.

Ce retour en terre vénissiane était donc très attendu, par le chef lui-même, mais aussi par le lycée Hélène-Boucher. « C’est un immense plaisir pour nous et une fierté de vous accueillir dans notre établissement. Vous êtes l’exemple même qu’il est possible de vivre à Vénissieux et d’aller très loin », a félicité Kamal Youssefi, proviseur du lycée Hélène-Boucher.

C’est donc avec émotion que Davy Tissot est revenu dans l’établissement, vendredi 8 octobre, accueilli par les élèves du lycée. Ce Vénissian a passé sa jeunesse dans la tour n° 39 à la Darnaise. Son inspiration culinaire, il la puise dans ses origines et dans ses souvenirs d’enfance. « J’ai été élevé à la cuisine méditerranéenne, ma grand-mère est d’origine sicilienne. Je me souviens encore, dans l’immeuble, quand elle cuisinait, on le sentait de partout, elle en faisait toujours plus pour les voisins. »

« Qui ose gagne ! »

Davy Tissot et Arthur Debray, son commis de cuisine, sont revenus sur le concours du Bocuse d’Or. « Nous avons peu dormi ces derniers mois. 15 jours avant le concours, nous n’étions pas prêts. Des chefs sont venus tester les plats que nous allions présenter et on a pris une grosse claque dans la figure, mais on n’a rien lâché ». Résultat : ils terminent 1er, faisant rayonner la gastronomie française et leur talent dans le monde entier.

Les deux hommes se sont longuement entretenus avec les élèves, peu avares de questions sur leur parcours. « Vous avez de l’or dans les mains, pour la cuisine ou autre chose. Attendre en bas d’une allée, sur le coup ça semble facile, je le sais, je l’ai vécu, souligne Davy Tissot. Mais ça ne va rien apporter. Il faut croire en vous-même, qui ose gagne, donc osez ! »

Rien ne prédisait un avenir aussi brillant pour le chef. Davy Tissot a eu un parcours scolaire semé d’embûches. Celui qui a réussi à faire gagner une étoile au Guide Michelin à la Villa-Florentine et une autre au restaurant Saisons (une première pour un restaurant d’application !), a redoublé deux fois, sa sixième et sa cinquième. « C’est ma plus grande fierté, j’ai rattrapé tout mon retard. J’ai souffert d’un parcours scolaire où si tu ne rentres pas dans une case, tu es considéré comme nul. »

Aujourd’hui, il a réalisé trois de ses plus grands rêves, devenir Meilleur Ouvrier de France, gagner le Bocuse d’Or, et un autre, beaucoup plus personnel : emmener sa maman à la Sorbonne. Ainée de 10 enfants, elle qui rêvait de faire ses études dans cette université parisienne, a dû mettre fin à ses ambitions pour subvenir aux besoins de sa famille en devenant caissière au Carrefour de Vénissieux. « En 2005, elle m’a accompagnée à la Sorbonne lorsque Jacques Chirac m’a remis la médaille de Meilleur Ouvrier de France. C’était une manière pour moi de participer à son rêve. »

De son côté, Arthur Debray, à seulement 23 ans, a accompagné Davy Tissot jusqu’à la victoire. Originaire de Picardie, il s’est battu pour en arriver là. « Il faut sortir de sa zone de confort, c’est essentiel, explique le jeune homme. Être commis est une tâche difficile : il faut tout faire pour atteindre le but fixé par le chef. Davy Tissot est très exigeant en cuisine. Il est impossible d’arriver à ce niveau sans l’être.». Son objectif pour l’avenir ? Gagner à son tour le Bocuse d’Or.

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