Retour de Tokyo : pointes de déception pour les athlètes « vénissians »

Mélina Robert-Michon, Susan Jeptooo et Kevin Campion, trois athlètes Rhodaniens qui ont des points d’attache à Vénissieux, n’ont pu se mettre en évidence aux J.O. de Tokyo, même si les deux derniers se disent plutôt satisfaits de leur course.

Une fois n’est pas coutume, la première désillusion de ces J.O. de Tokyo nous est venue de la discobole Mélina Robert-Michon, qui n’a pu franchir le seuil des qualifications – une première. Son jet à 60, 88 m était bien loin de la marque demandée (64 m) et de son record personnel (66,76 m) réalisé au Brésil, il y a cinq ans. Son lancer n’a pas pu lui permettre d’assurer une place parmi les douze premières. Une grosse déception pour la vice-championne olympique de Rio (2016). Du haut de ses 42 ans, l’athlète qui s’entraîne au stade du Rhône de Parilly n’en a pas pour autant tiré un trait sur sa carrière, comme elle l’assure sur son compte FB.

« L’aventure s’est arrêtée ici pour moi : 64 cm et 3 places, voilà ce qu’il m’a manqué. C’est peu ou beaucoup, je ne sais pas. C’est la différence entre une finale olympique et une 15e place. C’est très dur de se dire que cette quête s’arrête ici, cette fois-ci. La déception est à la hauteur de tout le travail fourni… Je n’ai pas d’explications particulières à donner si ce n’est que cette compétition a été à l’image de cette saison… difficile. Il a fallu gérer le report, les compétitions et les stages annulés ou reportés. Et malgré tous nos efforts, ça n’a pas suffi. C’est la première fois depuis 2006 que je ne franchis pas les qualifs d’un championnat auquel je participe. Certains diront qu’il est temps d’arrêter, ce serait mal me connaître. Alors, nous allons analyser, tout remettre à plat et repartir de plus belle parce que je sais que cette belle aventure est loin d’être terminée. Mille mercis à toute mon équipe, ma famille, ma « dream team », mes partenaires, je mesure chaque jour la chance que j’ai de vous avoir à mes côtés et grâce à vous tout est possible ! Merci aussi pour tous les messages et autres marques d’attention que je reçois. »

Mélina a d’ores et déjà annoncé qu’elle entendait bien poursuivre sa carrière jusqu’aux J.O. de Paris, en 2024. Ce que confirme Serge Bedié, son coach, gardien du stade du Rhône de Parilly, qui lui, en revanche, a décidé de prendre sa retraite. «Partir sur un échec ne lui ressemblerait pas. Mélina va rebondir, elle n’est pas du genre à rester les deux pieds dans le même sabot. Elle n’a pas perdu son potentiel, elle a juste perdu une bataille.»

Susan Jeptoo (3e en partant de la droite) lors d’une épreuve internationale avant les J.O.

Seule Française en lice pour le marathon féminin de Sapporo qui s’est disputé le vendredi 6 août, Susan Jeptooo (34 ans), qui réside sur le plateau des Minguettes, a fini 38e avec un chrono de 2h36. Pour sa première participation à des J.O., la Kényane naturalisée française il y a quelques mois a paru soulagé d’avoir été au bout de ses 42 km. « C’était ma première expérience olympique, mon premier marathon international. C’était costaud. Tout du long, je suis restée sur mon rythme. Je vais continuer à m’entraîner. Ça m’a donné de l’expérience pour ne pas stresser. Je serai prête pour le prochain. »

Kévin Campion satisfait d’être classé dans le Top 20

Enfin, Kevin Campion (33 ans) qui se montre satisfait de sa performance sur le 20 km, 16e en 1 h  23 min 53 s, à 2’ 48 ” du vainqueur italien, Massimo Stano. Il confirme son bon résultat obtenu lors des Mondiaux de Doha en 2019 (16e). Pour sa deuxième participation aux Jeux Olympiques, il a fait beaucoup mieux qu’à Rio en 2016 (49e). «Finir demi-finaliste aux Jeux, c’est un exploit, ça me donne envie de pleurer. J’ai vécu une année difficile, je ne croyais plus en moi. J’ai fait un gros travail psychologique. Je n’ai repris confiance qu’il y a deux mois. J’ai eu peur pendant la course quand je me suis vu lâcher. Je me suis simplement dit : on verra à la fin ce qui se passera. On va dire que j’ai de la chance, les mecs pètent et moi, j’arrive à relancer. À un moment, j’étais dans la peine. J’ai senti le mur et je me suis dit : ce n’est pas grave, tamponne. J’ai accepté de souffrir et à huit bornes de la fin, j’ai vu que je rattrapais des mecs. On tente. Chaque tour, j’en reprenais un : 21e, 20e, longtemps 18e… Il fallait que j’aille chercher la 16e place comme aux Mondial de 2019 (à Doha). Mais aux Jeux, c’est encore plus beau. L’Australien m’a donné du fil à retordre, mais je l’ai eu. J’ai donné tout ce que j’avais, je n’ai rien à regretter, je suis à ma place. »

 

 

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