La sécheresse menace déjà

Malgré les apparences d’une météo chagrin, la sécheresse est déjà bien installée dans l’agglomération après cinq années consécutives de mauvaise recharge des nappes. Au-delà des nécessaires restrictions prises par la préfecture, la Métropole annonce plusieurs actions pour tenter d’inverser la tendance.
Champs de maïs dans les Grandes Terres, en septembre 2020. Photo archives – Raphaël Bert

Les récents arrêtés pris en mars et avril par la préfecture du Rhône en raison de la baisse des ressources en eau du territoire montrent bien combien ces phénomènes de sécheresse se produisent de plus en plus tôt dans l’année.

La réunion du Comité départemental de gestion des eaux de suivi conjoncturel de la sécheresse du 7 avril dernier a permis de constater que la situation des eaux superficielles était normale dans la Métropole de Lyon, mais que la recharge des eaux souterraines, en revanche, n’a pas été suffisante cet hiver sur certains secteurs. Cette situation est aggravée par cinq années consécutives de mauvaises recharges des nappes. Des mesures avaient déjà été prises par la préfecture le 19 mars pour protéger la nappe de l’Est lyonnais et celle du Garon, elles ont été étendues à la nappe du Val de Saône le 13 avril dernier.

La nappe de l’Est lyonnais dans le couloir d’Heyrieux a même été placée en alerte. Dans cette zone, les prélèvements pour les usages professionnels doivent être réduits de 25%, les lavages de voiries et de voitures sont interdits, tout comme le remplissage des piscines, et l’arrosage des jardins n’est autorisé qu’entre 20 heures et 8 heures (à l’exception des potagers). Plusieurs communes de la Métropole sont affectées par ces mesures : Vénissieux, Saint-Fons, Solaize, Feyzin, Corbas, et Mions.

Au-delà de ces mesures de restriction prises par la préfecture, la Métropole de Lyon va conduire plusieurs actions pour améliorer la recharge des nappes. « Une attention particulière sera portée aux zones humides qui permettent de stocker l’eau dans les sols et d’alimenter les cours d’eau en période de sécheresse, annonce le Grand Lyon. Au cours des dix dernières années, on estime que 10% des zones humides ont été détruites dans l’agglomération. Un programme de préservation et de gestion des zones humides sera mis en place. »

La Métropole entend également favoriser le stockage et l’infiltration des eaux pluviales, pour permettre d’une part de réduire l’utilisation d’eau potable pour des usages ne nécessitant pas une eau de qualité potable (arrosage, chasse d’eau, machine à laver…), et d’autre part réalimenter les nappes souterraines et les zones humides. Un programme intitulé « ville perméable » est ainsi annoncé, visant à « désimperméabiliser les surfaces urbaines, notamment avec la création de noues et de bassins de stockage, et l’utilisation de revêtements urbains perméables ».

Une pensée sur “La sécheresse menace déjà

  • 30 avril 2021 à 12 h 50 min
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    il est vrai que l’eau va devenir un enjeu primordiale dans les années à venir la quantité d’eau de pluie est la même sauf qu’elle tombe différemment d’une région à une autre et surtout la quantité d’eau est plus importante à chaque pluie et donc moins réparti dans le temps .Cela suppose qu’on économise l’eau par un grand plan de réfection de nos conduites d’eau car il y a énormément de fuites d’eau sur nos réseaux ce qui occasionne beaucoup de gaspillage .Ensuite li faut changer de modèle agricole une agriculture paysanne qui intègre de nouvelles variétés de plantes mieux résistantes au changement climatique car les retenues d’eau ou les bassines sont une mauvaise solution sur le long terme et occasionne la disparition de cours d’eau ce qui est très grave ,pas de fatalité au manque d’eau mais il faut des mesures fortes

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