Covid 19 : les confinements successifs ont eu des effets délétères sur les enfants

Selon les professionnels de santé, la pandémie de Covid-19 est source d’anxiété, de stress et de troubles de l’apprentissage chez les plus petits. Rencontre avec Camille Christou, psychologue au Point accueil écoute familles (PAEF) de Vénissieux.
« Dès le premier confinement, les parents ont voulu être de super profs. Ce qui créait de vraies tensions », observe Camille Christou, psychologue au Point accueil écoute familles (PAEF) de Vénissieux.

Les spécialistes notent de manière générale une augmentation des pathologies psychiatriques dans la population, des symptômes de dépression aux troubles anxieux sévères. Les principaux concernés sont les soignants épuisés, les personnes isolées ou encore celles ayant affronté un deuil brutal. Mais aussi les plus jeunes. Au début de l’épidémie, quand les scientifiques ne connaissaient pas encore le rôle des enfants dans la propagation du virus, on les a beaucoup culpabilisés. Ils se sont inquiétés de transmettre le Covid-19 à leurs parents et leurs grands-parents. On s’est aussi rendu compte que le téléenseignement, qui n’est pas du tout adapté aux enfants en difficulté, a engendré des situations explosives dans les familles : les enfants voyant leurs parents comme des enseignants de plus.

Anxiété, troubles du sommeil et de l’alimentation

Depuis mars 2020, toutes les équipes médicales ont constaté une augmentation du stress et des pathologies enfantines. Camille Christou, psychologue au PAEF (Point accueil écoute familles) à Vénissieux, l’observe lors de ses consultations : «Nous faisons face à une augmentation des troubles du comportement (anxiété, troubles du sommeil, de l’alimentation) et d’apprentissage ». Par rapport au mal-être des enfants, le Covid a joué un rôle déclencheur : « La précarité des familles, les logements exigus, les soucis financiers, une présence devant les écrans trop importante, ont été néfastes à l’enfant». Dans certaines familles se sont développées des difficultés relationnelles avec les fratries.

À celles-ci, s’ajoutent les violences intrafamiliales : « Un enfant confiné qui vit dans une famille où sont présentes des violences , peut développer des troubles anxieux encore plus importants ». En revanche, les enfants mal à l’aise à l’école ont pu apprécier le confinement. « Ils étaient rassurés à la maison. Certains ont eu énormément de difficultés à retourner en classe, par peur du virus. » Concernant les apprentissages, les parents  ont parfois baissé les bras. « Dès le premier confinement, les parents ont voulu être de super profs. Ce qui créait de vraies tensions. Je leur demandais de baisser les exigences, le risque étant de s’énerver contre l’enfant. »

Un contexte anxiogène

Difficile de séparer les mesures de confinement du contexte anxiogène pour les enfants. « Si les parents et les adultes qui les entourent ne sont pas rassurés, les enfants sont stressés. En cette période, il est difficile de se projeter. C’est pourquoi au PAEF, on met des mots sur les choses. Il faut accepter d’exprimer ses émotions : la peur, la colère, la tristesse de ne pas voir ses proches. Les parents ont perdu des habitudes, il faut qu’il soit imaginatif et créatif.  parfois en panne on peut les y aider. Certains d’ailleurs l’ont bien compris. »

Cependant, Camille Christou reste relativement optimiste : « Les enfants vont remonter la pente et grace au dialogue proposé par les adultes, ils surmonteront cette épreuve. Ils ont une capacité d’adaptation. Pour prendre soin d’un enfant, il est nécessaire de prendre soin de soi. En cas de besoin, il ne faut pas hésiter à consulter. Être humain c’est accepter d’être faillible ».


PAEF et PAEJ, deux points d’écoute à Vénissieux

Depuis 2014, le Point accueil écoute familles (PAEF), propose un accompagnement psychosocial des enfants vénissians et leur famille rencontrant des difficultés (scolaires ou familiales, guidance parentale, problèmes de santé, isolement). Il accueille les enfants âgés de 0-11 ans et leurs entourages (parents, fratrie, autres personnes de la famille, éducateurs). Permanences : 19, rue Victor-Hugo, le mardi de 16h15 à 19h30 et le mercredi de 9h30 à 18h30. Pour prendre rendez-vous, contacter le secrétariat du service d’hygiène et de santé de la mairie au 04 72 21 44 10.
Pour les 12 à 25 ans en souffrance psychosociale et leur entourage, le Point Accueil Écoute Jeune (PAEJ) propose un accompagnement sur rendez-vous, au 06 23 97 83 04, dans les mêmes locaux que le PAEF.

Une pensée sur “Covid 19 : les confinements successifs ont eu des effets délétères sur les enfants

  • 14 avril 2021 à 14 h 49 min
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    Bravo Camille Christou
    Longtemps médecin à la PMI,j’ai bien connu Venissieux
    Actuellement je fais partie de l’association PROSOM qui organise des formations
    sur le thème
    Sommeil ,Alimentation ,Rythmes de vie chez le jeune enfant
    Votre expérience nous interesse,n’hesitez pas à visitez notre site

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