En piscinothérapie

Le centre nautique intercommunal privilégie d’autres activités à destination d’usagers moins habitués des bassins : porteurs de handicaps, personnes en rééducation. Une manière de s’adapter à la crise sanitaire.

Directeur adjoint du CNI, Emmanuel Jacquemin paraît serein. Il y a de l’animation dans l’air ou plutôt dans les bassins. Éducateur sportif, maître-nageur, Ramzi El Guerfi est quant à lui tout sourire, alors qu’il attend des adultes venus profiter des bienfaits de l’eau sur prescription médicale pour des affections de longue durée. Avec les jeunes en situation de handicap, les adultes en rééducation, les athlètes de haut niveau et les espoirs de la natation licenciés en clubs, ces baigneurs en quête de bien-être ont été la bouée de sauvetage du CNI. “Grâce à eux, on a pu vivoter durant cette crise sanitaire, et ne pas fermer ses portes.”

Secondé par Lucile, MNS spécialisée dans la petite enfance, Laurent gère un groupe d’enfants de 7 à 14 ans porteurs de handicap qui se sont inscrits au stage aquatique durant ces vacances scolaires. “On a proposé une formule d’une heure de développement de l’aisance aquatique sur cinq jours durant ces deux semaines, pour un tarif abordable de 40 euros. Et visiblement, parents et enfants apprécient.”

Wassim, petit trisomique de 10 ans, est comme un poisson dans l’eau, infatigable, s’amusant à sauter pour éclabousser les enseignants, et à lancer des objets en plastique qu’il se fait fort de récupérer en un temps record. “J’ai du mal à le suivre tant il déborde d’énergie, se plaint faussement sa maman, venue de Villefranche pour l’accompagner à ce stage. En dehors des vacances scolaires, il fait un peu de natation avec l’école et surtout du hand, il est fana. On le voit, l’eau c’est son élément. Il sera difficile en fin de séance de lui dire de rentrer.”

« Notre fils se transforme dans l’eau »

À ses côtés, Ryan est tout aussi excité. En dépit de troubles de la motricité et de l’obligation de recourir à la langue de signes pour s’exprimer, ici, il est à l’aise. Derrière la baie vitrée de l’établissement, sa maman et son papa sont radieux. “Notre fils est transformé dès qu’il s’agit de le mettre en maillot de bain : il se lâche, ne s’arrête pas une seconde, il apprécie cette bonne fatigue. » Aucune appréhension en effet pour mettre la tête sous l’eau ou pour effectuer le mini-parcours aquatique. Ryan en redemande avec des gestes, que Laurent n’a pas trop de mal à interpréter, lui-même ayant un proche concerné par ce type de handicap. « On va tout faire pour que ce simple stage ne soit pas une fin en soi, ajoutent les parents. On habite du côté de Genas, mais on va se débrouiller pour que la découverte de la natation se poursuive après les vacances.”

Les sourires qu’affichent les enfants après ces séances, à l’image d’Amar, un Vénissian d’une douzaine d’années, donnent envie au maître-nageur d’aller plus loin. “J’aimerais suivre des formations pour approfondir les techniques adaptées à ce type de public, confie Laurent. Il est clair qu’il faudrait quasiment un enseignant par enfant. C’est compliqué, mais ici, avec la direction de l’établissement, on fait tout pour proposer des séances collectives à des tarifs raisonnables. C’est une activité qu’on a mise en place en septembre, axée avant tout sur la notion de sécurité, d’apprentissage, dans un environnement ludique. »

En quittant le CNI, avant de regagner voitures et bus, les enfants jettent sur les bassins un dernier regard plein d’envie de retour.


La nouveauté : l’aquasanté

Si la crise sanitaire a privé le CNI de la fréquentation du grand public, elle a conduit son staff à innover. De nouveaux services sont proposés à d’autres publics : porteurs de handicaps, adultes justifiant d’une affection de longue durée, sportifs de haut niveau, formateurs aux brevets fédéraux, professionnels (BPJEPS)… Et ces nouveautés pourraient se multiplier. “On a testé pour la première fois durant ces vacances scolaires un stage aquasanté, indique Ramzi El-Guerfi. Il était destiné aux personnes touchées par une affection de longue durée (ALD) : les diabétiques, les personnes en insuffisance respiratoire ou atteintes d’artériopathies chroniques. Cet encadrement nécessite une vigilance particulière car tous ces stagiaires n’ont pas le même type de pathologies. On espère pouvoir prochainement pérenniser cette activité, en s’adressant à un public un peu plus large, pas seulement les personnes souffrant d’ALD, mais aussi celles qui souffrent du dos par exemple. »

Centre nautique intercommunal
04 37 90 54 54 ou secretariat@centre-nautique.fr
http://www.centre-nautique.fr/

Une pensée sur “En piscinothérapie

  • 19 février 2021 à 20 h 09 min
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    Magnifique article, merci à la piscine et tous les encadrants.
    Merci au journaliste pour ce beau résumé.
    Quelle bonheur de les avoir vue heureux loin de toutes cette tristesse médiatique.

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