« Continuer à créer »

Malgré toutes les difficultés liées à la crise sanitaire, la compagnie vénissiane Traction Avant multiplie les projets. Pour ne pas succomber à la période anxiogène.

L’assemblée générale de la compagnie vénissiane Traction Avant devait se tenir le 17 septembre dernier à la salle Érik-Satie, « avec masques et sans auberge espagnole ». La veille, un mail apprend aux administrés que l’assemblée est annulée.

« Les raisons sont multiples, explique alors Marc Bernard, le directeur de la compagnie : le peu de participants annoncés, certaines personnes annoncées comme présentes ayant été personnes contact, des personnes à risques également, une forte circulation du virus dans le Rhône, un lieu confiné. »

En accord avec la présidente de Traction Avant, Danielle Lambert, l’AG est reportée avec l’objectif de la tenir avant fin septembre, « en essayant que le maximum de personnes puissent y participer ». Puis la décision est prise de recourir à la visioconférence. Finalement, le moyen trouvé est encore plus original : du jeudi 24 septembre à 8 heures au vendredi 25 septembre à 21 heures, tous ceux qui désiraient participer à l’AG ont reçu par mail les différents rapports de l’année 2019 et ont pu voter par retour de courrier. Avec possibilité, durant ce même laps de temps, de faire des remarques et poser des questions, par mail ou téléphone.

À situation nouvelle, nouvelle façon de procéder. Il va de soi que l’ensemble du secteur culturel est touché par les nouvelles dispositions sanitaires et que la rentrée s’annonce difficile pour Traction Avant.

« Tous nos projets sont dans le flou »

« Tous nos projets sont dans le flou », convient Marc Bernard, qui cite quelques exemples : « On devait jouer au Théâtre de Vénissieux C kwa ki t’1digne ?, mais comment fait-on ? De même, nous avions 20 représentations prévues pour Ma maison sur le dos et nous venons d’apprendre que le festival de l’automne de La Plagne en annulait deux en novembre. »

Il énumère toutes les autres dates prévues pour d’autres spectacles, pour une résidence mais comment savoir si cela pourra se faire. Et dans quelles conditions ?

« Nous allons continuer à créer… Le théâtre masqué ? C’est finalement ce qu’ont fait les jeunes inscrits à nos stages de cet été : ils étaient tous masqués. Cela demande des trésors d’ingéniosité. On ne vit pas de beaux jours mais on essaie de faire ce qui est possible. »

Alors, pour montrer que la compagnie rebondit autant qu’elle peut, Marc évoque plusieurs projets alléchants : la création d’un pôle du spectacle vivant à Vénissieux s’appuyant sur la pratique théâtrale — à la suite du succès des stages menés cet été —, la mise en chantier d’une web série qui sera tournée dans la commune avec des habitants, la reprise du spectacle Le Courage des oiseaux avec des danseurs et comédiens en cours de professionnalisation, une création jeune public sur la colère…

La période est anxiogène, Marc ne cesse de le dire. La meilleure façon de la combattre, n’est-ce pas de mener plusieurs beaux projets de front ?

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