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Un mécanisme fiscal méconnu pour financer l’école

Lucas Martin, compagnon d’une institutrice de l’école du Charréard, est devenu mécène pour l’établissement scolaire. En médiatisant son premier don, cet entrepreneur espère populariser ce mécanisme.

Pour Lucas Martin, le mécénat est un bon moyen de regagner en souveraineté

« Tous les enseignants parlent de leur boulot à la maison. Et ma compagne ne fait pas exception. Quand je vois les difficultés qu’elle rencontre et dans quelles conditions étudient les élèves, avec un tel manque de moyens, ça me révolte. Les instituteurs mettent la main à la poche pour dénicher du matériel, comme de la peinture ou du papier crépon, ou faire des photocopies. Beaucoup de gens n’imaginent pas cela. »

Face à ce constat, Lucas Martin a décidé d’agir. Via son entreprise individuelle spécialisée dans l’automatisme industriel, ce Lyonnais de 28 ans a eu recours au mécénat. Renseignement pris au printemps, il s’est adressé à l’OCCE locale (Office centrale de la coopération à l’école), la coopérative scolaire de l’établissement, pour lui faire un don de 3 000 euros. Ce dispositif légal permet au donateur de bénéficier d’une réduction d’impôt de 60 % du montant du don.

« Pour ma société, le coût net est de seulement 1 200 euros, illustre-t-il. C’est facilement absorbable, d’autant que je paye l’impôt sur les sociétés. Ainsi, ces 3 000 euros arrivent en crédit libre : le corps enseignant est en mesure d’utiliser cette somme pour acheter du matériel ou financer un projet pédagogique. Visiblement, ils vont pouvoir racheter des vélos pour les petits. Ils en ont tellement besoin ! »

« Aider l’école publique »

Pour Lucas Martin, il s’agit d’un acte de souveraineté locale, plus que de la charité : « Si chaque citoyen ‘adoptait’ son école de quartier, nous réglerions le problème de l’Éducation nationale par le bas, sans attendre une énième réforme de Paris. Les Français sont généreux, mais peu savent qu’on peut aider l’école publique. En faisant cela, quelque part, c’est comme si on obligeait l’État à flécher une partie de nos impôts. »

L’entrepreneur lyonnais ne compte pas s’arrêter là. Il se projette déjà sur la fin d’année civile. « J’ai prévu un don matériel. C’est encore plus avantageux, puisque je pourrai récupérer la TVA. Les cadeaux communs pour l’école coïncideront avec la venue du Père Noël. »

L’OCCE du Rhône, qui chapeaute 90 % des coopératives scolaires du territoire, ne possède pas de données chiffrées sur les dons qui transitent par lui. Mais Christophe Franceschi, président de l’association, estime que les donateurs privilégient les dons financiers aux dons en nature : « Généralement, les parents donnent de petites sommes. On reçoit également des dons de particuliers et de partenaires privés. Parfois de gros montants, à quatre chiffres. Étonnamment, peu de donateurs demandent leur reçu fiscal. Plus rarement, on reçoit des dons en nature. »

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