Une rentrée scolaire sous le signe du Covid

Au groupe scolaire Flora-Tristan, les parents étaient tous masqués pour accompagner leurs enfants à l’école. Photo : Raphaël Bert-Expressions

Plus de 15 000 jeunes vénissians ont repris ce matin mardi 1er septembre le chemin de l’école. Une rentrée particulière, marquée par des règles sanitaires très strictes, dans le prolongement d’une année scolaire fortement perturbée par l’épidémie. Cette rentrée s’inscrit également dans la continuité des réformes décidées en 2019 avec notamment la mise en œuvre du nouveau baccalauréat.

Sarah rentre en terminale au lycée Jacques-Brel. À 17 ans, la jeune fille s’inquiète. « Depuis le confinement en mars dernier, je suis revenue au lycée uniquement quelques jours en juin. J’ai peur de ne pas être au niveau. J’ai fait le maximum mais je redoute les premiers cours. J’espère que les enseignants vont reprendre un peu certaines bases. » Safia est en CE1 et très heureuse de retrouver ses copines aux portes du groupe scolaire du Centre. Sa maman n’est pas inquiète : « Elle est retournée en classe dès le mois de mai. Il était important pour elle de reprendre une vie normale. Nous espérons surtout que tout ira bien, même s’il est vrai que la situation est aujourd’hui préoccupante et que nous redoutons la fermeture d’une classe voire d’une école en cas de Covid ».

Comme Sarah et Safia, plus de 15 000 élèves de la maternelle au lycée ont repris le chemin de l’école le 1er septembre. Une rentrée marquée par la crise sanitaire liée au Covid-19. Alors que le Coronavirus circule de plus en plus sur le territoire – le département du Rhône est repassé en zone rouge le 27 août– le ministère de l’Éducation nationale a détaillé les conditions dans lesquelles enfants, enseignants et personnels vont devoir travailler.

Gestes barrières avant tout

Dans des groupes scolaires, certains parents ont souhaité que leurs enfants scolarisés en élémentaire soient masqués. Photo : Raphaël Bert-Expressions

Les collégiens et les lycéens ont l’obligation de porter le masque en classe, mais aussi dans les couloirs et l’ensemble des autres espaces clos. Les adultes, professeurs inclus, y compris les instituteurs de maternelle devront également le porter. À Vénissieux, des élèves d’élémentaire sont masqués également, alors que ce n’est pas obligatoire. La maman de Kenzo, 8 ans, veut prendre le moins de risque possible : « Mon fils entre en CE2 et je préfère qu’il soit masqué en classe et dans la cour. Pour me rassurer. Je veux tout faire pour éviter qu’un confinement se reproduise. L’école à la maison a été trop difficile. Toute cette période a été traumatisante ».

Autres gestes barrières indispensables pour tous : le lavage des mains avec du gel hydroalcoolique, le nettoyage et l’aération fréquente des locaux. Si un enfant ou un adulte présente des symptômes dans un établissement, un test sera immédiatement réalisé. Si celui-ci s’avère positif, toute la procédure – qui relève de l’agence régionale de santé (ARS) – se déclenche, pour casser la chaîne de contamination. Toutes ces mesures sont prises dans les 48 heures qui suivent ce test. Pourrait-on aller jusqu’à une fermeture d’école ? L’hypothèse est envisagée par le gouvernement, qui prévoit un « plan de continuité pédagogique ».

Évaluations et nouveau baccalauréat
De manière générale, l’objectif prioritaire de la rentrée scolaire est de résorber les écarts d’apprentissage qui ont pu naître entre les élèves du fait de la crise sanitaire. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 4 % des élèves ont décroché au cours du confinement. Plus de 1,5 million d’heures supplémentaires seront mobilisées pour renforcer l’accompagnement personnalisé et l’aide aux devoirs d’ici le mois de décembre. Tous les niveaux sont concernés, avec une priorité pour les classes charnières (CP, 6e, seconde). Le dispositif « Devoirs faits » sera par ailleurs proposé dès la première semaine de septembre, à raison de 3 heures d’accompagnement aux devoirs par semaine pour chaque élève volontaire (4 heures pour les collégiens en 6e sur la période septembre-décembre).

Pour identifier les besoins des élèves, des évaluations nationales seront organisées au CP et au CE1 du 14 septembre au 2 octobre, et en 6e et en seconde à partir du 14 septembre. Des évaluations auront également lieu en milieu de CP, du 18 au 29 janvier 2021. En 6e, un test évaluant la rapidité de lecture s’ajoutera aux tests existants. Il sera réalisé dans les premiers jours de septembre.

L’année scolaire verra la mise en application du nouveau baccalauréat puisqu’il entre en vigueur pour les élèves de terminale. Les enseignements de spécialité seront renforcés en début d’année afin de réduire les éventuels écarts entre élèves liés au confinement.

Pour la session de juin 2021, le baccalauréat sera évalué selon deux modalités : un contrôle continu pour 40 % de la note finale et des épreuves terminales pour 60 %. Celles-ci comprennent les épreuves de spécialité (histoire-géographie, humanités, langues, mathématiques, sciences économiques et sociales…), l’épreuve de philosophie et l’épreuve orale terminale. Ce « grand oral » sera préparé dans les deux établissements vénissians le plus rapidement possible, « dès le mois d’octobre », selon Damien Coursodon, proviseur du lycée Jacques-Brel.

Au collège Elsa-Triolet. Photo: Raphaël Bert-Expressions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *