Piscines sauvages : pourquoi c’est une mauvaise idée

Les restrictions dans les piscines municipales liées au Covid-19 font craindre une recrudescence du phénomène des piscines sauvages ou « street-pooling ». Source de dégradations matérielles multiples, cette pratique — formellement interdite — peut également se révéler dangereuse.

Le phénomène prend chaque année de l’ampleur, et ses effets se ressentent chaque fois un peu plus sur les finances publiques… et le moral des habitants. Les « piscines sauvages » que l’on voit parfois en bas de certains immeubles lors des pics de chaleur sont clairement dans le viseur des autorités municipales. « À chaque début d’été, la police municipale effectue une veille particulière, en lien avec les dispositifs de vidéosurveillance gérés par le Centre de supervision urbain (CSU)« , avertit Loïc Capdevilla, directeur de la Direction unique prévention et sécurité (DUPS).

Si une piscine est installée sur l’espace public (squares, espaces verts, trottoirs), l’action des forces de l’ordre consiste à verbaliser les contrevenants, passibles d’une amende de 135 euros. Et la piscine est confisquée. Si elle est installée sur un espace privé, c’est au propriétaire des lieux (bailleur, syndic) qu’il incombe de faire appel à la police municipale, ce qui rallonge les délais d’intervention. « Nous avons mis en place des actions avec les propriétaires, comme l’installation de bouchons spécifiques sécurisés. Nous les encourageons aussi à démonter les robinets de nettoyage après utilisation et à protéger leurs prises électriques extérieures », précise le directeur de la DUPS. Qui rappelle que dans les deux cas, les contrevenants auront à répondre des vols d’eau et d’électricité, commis la plupart du temps dans les parties communes des immeubles, ainsi que des dégradations et des nuisances sonores.

Risques pour les personnes
Les conséquences du phénomène ne se limitent pas aux dégradations et aux pertes matérielles et financières. « La pratique des piscines sauvages est dangereuse pour la population à plusieurs titres, insiste Loïc Capdevilla. L’eau n’est jamais traitée, or des personnes fragiles peuvent l’ingérer. Les enfants qui se trouvent en maillot à proximité, pas toujours très loin des voitures, sont aussi en danger. Et je ne parle pas des glissades, chutes, noyades ou hydrocutions. »

Cette année, le phénomène n’a pas encore réellement débuté, mais la Ville s’attend à une douzaine d’interventions d’ici la rentrée. « À la mi-mai, la police municipale est intervenue une fois pour procéder à l’enlèvement d’une piscine sauvage, indique Loïc Capdevilla. Mais avec les températures estivales et les restrictions dans les piscines municipales liées au Covid-19, les tentations sont bien là. » Notamment, peut-être, celle de transformer un quartier en Aqualand à l’aide des bouches d’incendie. Cette pratique extrêmement dangereuse et coûteuse pour la collectivité, venue des États-Unis, est dénommée le « Street-pooling ». Rappelons simplement que le Code pénal prévoit pour les contrevenants des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, pour « destruction, dégradation et détérioration d’un bien destiné à l’utilité publique ».

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