La meilleure façon de marcher

 

Au mois de septembre, Billal Jaouadi entamera un périple à pied de 270 kilomètres à travers les Cévennes. Son objectif : récolter des fonds pour des écoles.

C’est un sentier de randonnée mythique, qui porte le nom de l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson. En 1878, celui qui écrira cinq ans plus tard l’Île au trésor avait effectué ce parcours de 270 kilomètres à travers les Cévennes seul, à pied, accompagné d’une ânesse. Il comptait ainsi échapper à la déprime et à une situation personnelle compliquée, alors que ses écrits restaient pour le moins confidentiels. C’est précisément ce chemin que Billal Jaouadi, un Vénissian de 48 ans, a décidé de parcourir en 13 jours au mois de septembre. Son objectif : faire connaître son association « Je marche pour toi ».

« L’objectif de l’association est de récolter des fonds pour aider des écoles de la région, mais aussi de Namibie et de Tunisie, d’où sont originaires mes enfants. J’ai notamment pu offrir un chèque de 250 euros à l’école de Larnas, en Ardèche, pour organiser une sortie scolaire, explique-t-il. Cette année, l’école que nous allons soutenir, The integrity school, se trouve à Ongwediva, une petite ville dans le nord de la Namibie et qui manque de matériel. » L’an dernier, Billal avait déjà parcouru 480 kilomètres au cours de l’été, toujours en Ardèche. À cette occasion, il avait mis en vente un maillot du LOU rugby dédicacé par les joueurs. Cette année, c’est l’Olympique lyonnais qui lui a offert celui de son capitaine Moussa Dembélé, dédicacé également. Il sera vendu aux enchères sur Internet au profit de l’association.

Mais pourquoi l’Ardèche ? « Je suis tombé amoureux de cette région il y a quatre ans maintenant, et j’y retourne chaque année. Le cadre, les gens, le relief, je me suis tout de suite senti bien. C’est un endroit où j’aime me ressourcer. » Puis d’évoquer la marche, bien plus qu’un sport pour lui. « Je ne suis pas un spécialiste de la discipline, mais j’ai toujours voulu marcher. C’est un moyen d’aller au-delà de ses capacités. Et puis quand je pars sur les chemins, je me retrouve dans mon élément : les odeurs, les sons, l’air, le ciel… Et surtout les gens, les rencontres ! »

Insuffisant rénal

Cet élément, Billal Jaouadi en a aussi besoin pour puiser la force de surmonter la maladie qui, petit à petit, obscurcit son avenir. « Je suis atteint d’insuffisance rénale, explique-il. Alors je profite du temps qui me reste avant les dialyses et la greffe pour assouvir ma passion. Mais je ne prends pas de risques, je connais mes limites. »

Né à Lyon, Billal Jaouadi a vécu de quatre à dix-huit ans dans la ville tunisienne de Medenine. De retour en France en 1990, il obtient un CAP restauration avant de travailler quinze ans dans des restaurants haut de gamme. Il sera par la suite ambulancier au centre Léon-Bérard, spécialisé dans le traitement du cancer. « Le centre Léon-Bérard n’est pas un hôpital comme les autres. On accompagne souvent des gens qui vont mourir et qui le savent. De telles expériences vous marquent à vie, relate-t-il. L’idée de ces marches est aussi née de cette expérience. Chaque matin je me dis que je suis finalement en bonne santé, et que j’ai beaucoup de chance. » De la chance, mais aussi une vraie générosité, et beaucoup de bonne volonté.

> A suivre sur Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *