Les bénévoles, plus que jamais sur le terrain

Au siège vénissian du SPF, avant l’épidémie

Claudette est bénévole depuis 25 ans au Secours populaire français de Vénissieux. Elle a accepté de nous parler de son travail sur le terrain.

Votre travail sur le terrain est-il plus difficile à vivre depuis le confinement ?
Claudette : Oui, avec le confinement, c’est beaucoup plus difficile. Les gens que l’on aide ne sont pas du tout les mêmes qu’auparavant. Nous voyons de plus en plus de personnes qui n’ont vraiment aucune ressource. Avant, par exemple, nous avions des fois des retraités qui avaient subi une baisse de revenus. Mardi dernier, nous avons reçu 37 familles, soit plus de 100 personnes. C’est de pire en pire, les gens viennent toujours plus, nous voyons de plus en plus de monde. Nous avons eu 14 familles, puis 21, puis 27, là plus de 30. Certains sont en chômage technique. Ils n’ont pas les mêmes paies et ne s’en sortent pas. Certains prennent la situation très mal, d’autres font très attention. Il y a aussi ceux qui parlent à peine français et rencontrent encore plus de difficultés à comprendre la situation et les règles à suivre. Nous sommes à présent cinq à nous occuper d’eux quand, avant, nous étions une vingtaine. Mais il faut le faire. Et ce matin, j’ai aussi été faire des courses.

Avez-vous plus de difficultés à vous procurer de la nourriture ?
Lundi, je suis allée au Casino de l‘avenue Marcel-Paul pour récupérer des denrées alimentaires. Je m’occupe des stocks, de la distribution. Le problème est que nous n’avons plus rien en matière de dons, plus de ventes, plus rien. Et on dépense de l’argent pour nous fournir. La subvention de la Ville va arriver, nous avions quelques ressources, mais bon, si cela continue, ça ne va pas suffire.

Comment gérez-vous la prise de risque ?
Il faut faire attention, porter un masque, des gants, faire les gestes barrières. On ne peut plus recevoir les gens comme on le fait d’habitude, dans un bureau. Là, il n’y a plus de confidentialité possible et s’ils veulent nous parler, il ne faut pas que les autres en profitent. Donc, c’est compliqué. Eux restent dans la cour tandis que nous, nous sommes à une table, à l’intérieur. On leur demande de ne toucher à rien et surtout pas des choses qu’ils ne prendraient pas ensuite. Pour nous, il faut surtout se laver les mains. Avant de partir et chez soi, quand on arrive. On est obligés de prendre des mesures. Pour le moment, on tient.

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