Une chaîne solidaire en faveur des plus démunis

Suite à la mise en place d’une chaîne de solidarité envers les plus démunis, organisée par le centre associatif Boris-Vian et relayée sur le terrain par plusieurs associations vénissianes (Aide et Partage, YMMNE et les Colibris solidaires), nous nous sommes entretenus avec Corine Romeu, directrice du CABV.

Le CABV coordonne une opération solidaire menée sur le terrain par Aide et Partage, YMMNE et les Colibris solidaires. Comme a-t-elle démarré ?
Corine Romeu : Avec notre collectif associatif, la question s’est rapidement posée de comment agir ensemble après le confinement. Deux sujets étaient très présents : la distribution de colis aux plus démunis et l’école à la maison. On s’est dit qu’on allait déjà attaquer le premier. Mais comment aider à distance ? D’autant que la Banque alimentaire ne fonctionnait plus … ou peu. S’est également posée la question de l’approvisionnement, vu le nombre croissant de demandes d’urgence. Nos associations connaissaient déjà le terrain : les Colibris solidaires travaillent sur la grande pauvreté et les sans domicile fixe, YMMNE et Aide et Partage sur la précarité dans les quartiers. Il a fallu ensuite chercher des moyens. Nous avons posé une demande auprès du Fonds pour le développement de la vie associative, qui est en cours d’étude mais pour laquelle on a plutôt des remontées favorables. L’urgence étant là, nous avons démarré la campagne. On la met en place.

Comment avez-vous trouvé des bénévoles ?
Par nos réseaux habituels mais aussi grâce à la réserve civique et ces gens qui s’engagent pour faire face à l’épidémie. En une heure, nous avions douze personnes. J’étais impressionnée !

Sont-ils tous de Vénissieux ?
Non, pas seulement. Ils viennent d’un peu partout. Notre réseau est forcément vénissian mais, là, c’est plus large.

Où en êtes-vous, pour l’instant ?
On en est à choisir comment on va se fournir et comment les bénévoles vont aller chercher les commandes dans différents magasins de Vénissieux. Nous avons décidé d’acheter les marchandises dans les commerces de la commune. Nous aurons certainement des dons, des petits prix, des gestes mais nous ne voulions pas partir sur du gratuit ni quémander quoi que ce soit. Il faut que tout le monde travaille. Ensuite, les bénévoles amèneront les paniers soit au CABV, soit au foyer Adoma. Ils s’organiseront, une fois les commandes récupérées, pour des distributions le mardi et le jeudi.

Que contiendront les paniers ?
Du basique. Nos associations connaissent leur public et ses besoins. C’est leur boulot, elles ont l’habitude. Nous allons composer les colis, essayer que ce soit varié. Il y aura même de la viande mais cuite, pour des raisons d’hygiène. Nous sommes en relation avec les services sociaux de la Ville, comme le CCAS, et les maisons de la Métropole. Non seulement pour chercher des personnes dans le besoin mais aussi pour les leur signaler s’ils ne les connaissent pas. C’est bien quand les relais fonctionnent.

Vous n’avez pas contacté le SPF, Emmaüs ou les Restos du cœur ? D’ailleurs, où en sont-ils ? Fonctionnent-ils toujours ?
On a tout entendu à leur propos. Qu’ils s’étaient arrêtés faute de masques. Je pense qu’ils vont reprendre leurs actions. J’ai vu passer des campagnes de dons en faveur de la Fondation Abbé-Pierre et des Petits frères des pauvres. Nous, nous restons dans le local et la proximité. Nous n’avons pas leur force de frappe.

Quand cette action solidaire va-t-elle démarrer ?
On pensait le faire cette fin de semaine. Nous espérions récupérer des masques par la Métropole mais elle ne peut plus nous fournir, ils sont réquisitionnés pour le personnel soignant. Nous sommes donc à la recherche de masques et de gants. Nous avons quelques pistes et nous voulons également nous associer à ce que met en place la Ville avec le réseau citoyen de fabrication de masques barrières. Nous pourrions en récupérer quelques-uns. Nous en cherchons une dizaine et, concrètement, pour mardi, nous n’en avons que cinq. Pour la semaine prochaine, plusieurs pourront avoir été fabriqués.

Pour les aliments, êtes-vous entrés en contact avec les producteurs locaux ?
C’était notre première idée : les producteurs qui viennent à Vénissieux. Mais ils sont débordés et ne peuvent plus prendre de commandes.

Et l’appel aux dons ? Comment cela se passe ?
Nous avons mis un formulaire en ligne avec un texte d’explication. D’ailleurs, sur les ordinateurs, il n’y a aucun problème pour accéder aux deux alors que, sur les téléphones portables, seul le formulaire apparaît, sans le texte. Quoi qu’il en soit, c’est très encourageant. Pour l’instant, ce sont les proches du CABV et des associations qui y ont répondu et il faudrait que ça touche plus largement un maximum de personnes. On peut donner ce qu’on veut. Il y a trois cases correspondant à 20, 30 et 50 euros et une dernière ligne pour un montant libre.

L’organisation ne doit pas être simple ?
Non, c’est très compliqué. Je ne veux pas reprendre les paroles de notre président, mais on a vraiment l’impression que c’est une guerre. Nous ne sommes pas équipés. Ce qui est bien, c’est que dans l’équipe et les associations, on est capable de démarrer au quart de tour. Tout le monde est réactif.

Pour en savoir plus sur cette opération solidaire et faire des dons :

https://www.helloasso.com/associations/centre-associatif-boris-vian/formulaires/2/widget

 

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