Dons aux infirmiers : « Ces gens qui nous aident sont de belles personnes »

Parfois, les nouvelles sont réjouissantes. Grâce aux nombreux dons de particuliers et d’entreprises, les infirmiers de la Communauté professionnelle territoriale de santé de Vénissieux vont pouvoir entamer lundi, dans des conditions de sécurité satisfaisantes, leurs tournées des malades du Covid-19.

Une première en France
La Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de Vénissieux  a vu le jour le 24 septembre 2019. Elle rassemble environ 150 professionnels de santé libéraux : des médecins généralistes, infirmiers, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes, podologues, médecins spécialistes, orthophonistes, ainsi que deux laboratoires d’analyses. Plus d’infos.

« Masques, gants, blouses, surblouses, tabliers, charlottes, surchausses… On manque de tout. Quand je dis qu’on en manque, c’est un euphémisme, à part quelques masques qui arrivent au compte-gouttes, nous n’avons rien. » Présidente de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS, voir ci-contre) de Vénissieux, Laetitia Bouillod avait lancé le 26 mars dans la presse un appel urgent aux dons. Pour cette infirmière libérale, l’objectif était de permettre à elle et ses collègues vénissians de réaliser leur tournée des malades atteints du Covid-19 dans des conditions de sécurité suffisantes.

Laetitia Bouillod, présidente de la Cpts
Laetitia Bouillod, pdte de la CPTS

« Actuellement, chaque médecin généraliste de Vénissieux voit entre 5 et 15 patients par jour qui présentent les symptômes du Covid, expliquait-elle. Quand le rush arrivera, quand les hôpitaux seront pleins, les infirmiers libéraux devront être prêts à intervenir en deuxième ligne pour suivre les patients qui pourront être traités à domicile. Mais pour cela, il nous faut des protections, pour ne pas être contaminés et pour ne pas contaminer nos autres patients. »

Le rush, nous y sommes. Dès lundi, ces infirmières entameront, en plus de leur tournée habituelle, une « Tournée Covid », avec un nombre de patients qui pourrait grandir chaque jour.  « Nous avons renoncé à nos jours de repos pour nous occuper d’eux, reprend Laetitia Bouillod.  Ce sont des gens qui pourraient être soignés à l’hôpital mais reviennent chez eux pour libérer des places, ou qui sont en rémission. Dans les tous les cas, les situations restent fragiles car ces patients ne peuvent gérer seuls leurs traitements. Et nous surveillons aussi les symptômes, car tout peut malheureusement aller très vite avec le Covid. »

Un immense élan de générosité

Finalement, la solidarité a joué à fond. Si l’appel aux dons en lui-même n’a pas été des plus fructueux, la CPTS a pu trouver suffisamment de matériel grâce à son propre réseau et à ceux de ses membres. « D’une part, les masques FFP2 sont finalement arrivés en pharmacie, et la CPTS a pu acheter des blouses, des surchausses et des charlottes, précise Laetitia Bouillod. Mais surtout, grâce aux dons, nous avons pu compléter notre stock ».

La Ville a en effet mis la CPTS en contact avec Ikea, qui lui a offert un millier de masques chirurgicaux (pour les patients et leurs familles, ndlr). D’autres masques ont été fournis par une entreprise de Saint-Fons, via les contacts d’un médecin de Saint-Priest. Grâce à la magie de l’impression 3D, un groupe Facebook, les « Shields – visieresolidaire – Covid-19 » a fabriqué pas moins de 150 visières de protection. Le directeur d’une salle de sports vénissiane a quant à lui offert des blouses et des tabliers en plastiques. Liste non exhaustive…

« Nous sommes en permanence dans la débrouille, avec des solutions de bric et de broc, conclut Laetitia Bouillod. Mais chacun donne du sien, c’est fantastique. Ces gens qui nous aident sont de belles personnes. »

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