À Vénissieux, une « Journée de l’usine numérique » productive

Paulin Bernard, 25 ans, était l’un des exposants de la Journée de l’usine numérique, à Vénissieux, le 15 octobre 2019. Le jeune ingénieur a fondé Nova Ride en octobre 2016. Il conçoit des pièces en titane fabriquées par imprimantes 3D, pour des deux-roues haut de gamme. Photo R. Bert – Expressions

En nombre d’emplois et en chiffre d’affaire, Auvergne Rhône-Alpes est la première région industrielle française, au coude à coude avec l’Île-de-France. Ce 15 octobre, Vénissieux a accueilli le rendez-vous régional de l’innovation et de la transformation numérique dans le secteur industriel. « La journée de l’usine numérique », c’est son nom, se tient tous les 3 ans. Après Lyon et Saint-Étienne, c’était au tour de Vénissieux de l’accueillir, dans les locaux de la Ruche Industrielle, boulevard Irène Joliot-Curie. L’événement est organisée par l’ENE – Entreprises & Numérique, une structure dédiée à l’accompagnement des TPE, PME, PMI régionales, pour les aider dans l’intégration et le développement du numérique dans leur activité.

L’idée de cette journée est de présenter des projets et des réalisations, à travers des exemples concrets et des retours d’expériences, abordant les réussites mais aussi les difficultés rencontrées. « Ce qui m’intéresse, c’est de rencontrer des professionnels de secteurs très différents, du concepteur de mobilier urbain à la laiterie en passant par le fabriquant du plus petit endoscope du monde, explique un chef d’entreprise de la Loire. C’est utile pour entretenir le réseau mais surtout pour apprendre des autres, comprendre là où ils se sont cassé les dents sur des problèmes que l’on rencontre aussi et comment ils les ont surmontés ».

Une douzaine d’entreprises ont présenté des « cas d’usage », en mode stand-up, se succédant rapidement (15 minutes maximum), illustrant concrètement « l’industrie du futur et le futur de l’industrie ». En arrière du vaste espace de présentation, des stands d’écoles d’ingénieurs et un Espace découverte des dernières avancées technologiques : fabrication additive (impression 3D), réalité augmentée, Internet des objets, « Big data », intelligence artificielle, robotique collaborative, cybersécurité…

La potence de guidon en titane conçue et réalisée par Nova Ride. « On ne conserve la matière que là où les forces s’exercent. On obtient un résultat design, avec un gain de poids et d’aérodynamisme sans perdre les qualités de robustesses », explique Paulin Bernard, le jeune créateur de Nova Ride.

Parmi les exposants, le vélo de Paulin Bernard a beaucoup intrigué. À 25 ans, il a créée son entreprise à peine sorti de son école d’ingénieurs de Clermont-Ferrand. « Nova Ride est née d’un besoin personnel, raconte-t-il. Je voulais acheter des roues pour mon vélo de triathlon, mais c’était trop cher pour moi. Alors je les ai fabriquées ! » Depuis janvier 2019, il conçoit des pièces en titane, à la fois légères, solides et design, créées par imprimante 3D à Mâcon : potence de guidon, manivelles de pédalier, plateau et bientôt étriers de frein… « Et nous ne sommes qu’au début des possibilités offertes par l’impression 3D, tant industrielle, artisanale que personnelle » confie Paulin Bernard.

« Nous attendions 150 visiteurs en plus des exposants, on est monté à plus de 200 personnes, dont plus de 70% d’industriels », se félicite Alban Karnavos, chef de projet de l’Usine Numérique. Pour lui, tenir cette 3ème édition à Vénissieux, sur le site pilote « USIN industrie du futur », était une évidence, « sur un territoire au savoir-faire industriel reconnu et tourné vers l’avenir ».

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