Droits des femmes : le Planning familial dénonce la baisse des moyens

Alors que le gouvernement organise un « Grenelle » pour lutter contre les violences conjugales, plusieurs antennes départementales du Planning familial ont vu leurs subventions diminuer en Auvergne Rhône-Alpes. Michèle Picard interpelle la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes.

C’est une mauvaise nouvelle qui est arrivée cet été au Planning familial du Rhône. L’association a appris que la subvention de l’État pour 2019, versée par la Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité (DRDFE) de la préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes, est amputée de 30 % : une baisse de 9 % par rapport à la subvention de 2018 (99 692 euros contre 109 040 euros) et de 20 % par rapport à celle de 2017 (123 136 euros).

Des moyens en baisse

Concrètement, depuis 2018, l’État a mis en place une politique de rééquilibrage des budgets sur les territoires considérant que certains étaient sous-dotés d’autres surdotés. Le budget global restant le même, des territoires ont vu leur enveloppe diminuer. C’est le cas de la région Auvergne Rhône-Alpes et du département du Rhône. « C’est totalement inacceptable et contradictoire avec les priorités affichées » estime Fanny Lelong, chargée de développement associatif au Planning familial 69.

Des demandes en hausse

Association féministe et d’éducation populaire, créée en 1961, le Planning accueille chaque année plus de 22 000 personnes à Lyon dont une majorité de femmes et de jeunes de moins de 25 ans. Il y est proposé des entretiens d’écoute et d’information, des consultations individuelles, des séances collectives d’éducation à la sexualité, des consultations médicales, etc. Pour mener à bien ces activités, le financement provient essentiellement de la Métropole pour ce qui concerne le centre de planification, et de l’État pour le budget Eiccf (Établissement d’information de conseil ou de consultation).

Activités remises en question

« La baisse de subventions concerne ce budget Eiccf, précise Fanny Lelong. Résultat : l’activité d’écoute et d’information, les séances d’éducation à la vie affective et sexuelle financées par cette subvention sont gravement remises en question. » Pourtant les besoins sont là. « Nous avons dû refuser 14 demandes d’établissement scolaire pour 47 séances faute de moyens lors de l’année scolaire 2017-2018. Dans le même temps, nous avons de plus en plus de demandes émergentes : accompagnement de personnes en situation de handicap, de personnes trans, etc. » Récemment, l’État annonçait le versement d’une subvention : « En fait, il s’agit du solde de 2018 qu’il nous devait ».

Michèle Picard interpelle la ministre

Pour le moment, le planning a fait le choix de ne pas baisser le volume de son activité. Les demandes sont quotidiennes. « Le travail d’information est indispensable, quitte à prendre le risque d’un déficit sur cet exercice si l’État venait à poursuivre cette politique », annonce Fanny Lelong.
Alertée par Nathalie Sabot, la présidente du Planning familial 69, Michèle Picard a récemment attiré l’attention de Marlène Schiappa (secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations) sur les conséquences néfastes qu’entraîne la baisse de subventions. « Priver les associations de moyens d’agir concrètement au plus près des populations est incompréhensible, s’inquiète le maire de Vénissieux, alors que le président de la République à lui-même décrété l’égalité femmes hommes grande cause nationale et que vous êtes à l’initiative d’un Grenelle pour lutter contre les violences conjugales. »


Planning familial du Rhône : 2, rue Lakanal, Villeurbanne. Du lundi au jeudi de 9 heures à midi et de 13 heures à 18 heures. Fermé le mardi matin. Vendredi après midi fermeture à 16 heures. Tel : 04 78 89 50 61


BON À SAVOIR : Le Centre de planification et d’éducation familiale géré par la Métropole vous accueille à Vénissieux : lieu de parole, d’information et de consultation, de consultations médicales, d’entretiens individuels. 3, bis place Grandclément, Vénissieux. Tel. : 04 72 89 42 96.

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