21 et 22 septembre : belles explorations du patrimoine vénissian

Ce 21 septembre, à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, les Vénissians ont pu découvrir l’église de Parilly et la mosquée Eyup Sultan. Laquelle, parmi de nombreux visiteurs, reçut le sous-préfet Jean-Daniel Montet-Jourdran, le président du Conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes Benaïssa Chana et le délégué du dialogue inter-religieux Abdel Malik Richard Duchaine.

Non loin de là, sur le site de Saint-Priest de Renault Trucks, ce fut le Berliet T100, gigantesque camion de 50 tonnes et haut de 5 m, qui recueillit les suffrages. À la médiathèque Lucie-Aubrac, adultes et enfants ont pu, pendant tout l’après-midi, se familiariser avec les collections contenues dans l’architecture de Dominique Perrault, participer à des ateliers d’arts plastiques avec Silène Audibert — il s’agissait d’apporter sa touche de couleur à une frise de 6 m de long représentant la skyline lyonnaise — ou avec Karim Kal. Présent à la Biennale d’art contemporain de Lyon, ce dernier proposait d’expérimenter une chambre photographique argentique.

Des maquettes de la ville, une numérique et l’autre en 3D, attirèrent également beaucoup de monde mais ce fut le jeu géant, malin mélange entre celui de l’oie et un Trivial Pursuit, qui recueillit le plus de succès auprès des enfants. Ils lançaient le dé et étaient soumis à des questions sur l’histoire de Vénissieux ou de ses quartiers. Auxquelles ils répondaient aidés par des adultes, parents, bibliothécaires ou même Madame le maire qui, passant par là avec quelques élus, prit plaisir à renseigner les petits joueurs.

Dans les rues de la ville

Le lendemain, l’association Viniciacum avait concocté une sympathique balade. Avec un départ fixé au parc Louis-Dupic devant un des arbres sculptés à la tronçonneuse par Patrice Lesage, Clément Barioz et les membres de l’association entraînèrent à travers les rues de la ville quelque 25 personnes désireuses d’en savoir plus sur les artistes vénissians, les œuvres installées dans le domaine public mais aussi les lieux de spectacle. On apprit ainsi que le monument aux morts du parc Dupic était dû à Louis Muller, prix de Rome, auteur de médailles, de la gravure du timbre de Marianne et des épées des académiciens. La visite fut émaillée d’anecdotes. Ainsi, remarquait-on que, sur le monument aux morts, figure un seul nom de femme. « Odette Ventre travaillait chez Maréchal, raconta Liliane, membre de Viniciacum. Un Allemand sortait du café et il lui a tiré dessus. »

Après un arrêt place de la Paix devant la statue de Geneviève Bohmer, La Vénissieuse, le groupe partit rue du Château voir une céramique de Jean-Louis Allardet représentant Vénissieux du Moyen-Âge à nos jours et passer devant la maison d’un peintre hollandais du XVIe siècle, Corneille de La Haye, connu aussi comme Corneille de Lyon.

Place Léon-Sublet, au pied du bâtiment qui fut une mairie de 1881 à 1975 et qui porte aujourd’hui le nom d’Henri Rol-Tanguy, on admira les bas-reliefs de Bachir Hadji sur les combattants FTP-MOI de Carmagnole-Liberté. On évoqua encore les cinémas : le premier, Le Casino, s’installe à l’angle de la place et de la rue Gaspard-Picard vers 1920. « Auparavant, indiquait Liliane, il y avait des cinémas ambulants. Le Casino disposait d’une salle de 500 personnes. Il est, par la suite, devenu Familial Cinéma. M. Césano ouvrit un deuxième cinéma boulevard Laurent-Gérin, L’Idéal. À l’arrivée des films parlants, en 1929, Mme Césano a dû amener des chaises de chez elle tellement les spectateurs étaient nombreux. »

Outre les films, L’Idéal accueille les fêtes des écoles, celles du journal Le Progrès, des spectacles et des matchs de boxe. L’un des promeneurs se souvenait du combat du Vénissian Victor Fortes contre Sébastien Conti. Et plus tard, de sa victoire contre Marcel Cerdan. En fait, si l’on en croit la fiche wikipedia du Bombardier marocain, Cerdan a vaincu Fortes le 2 février 1941 à Alger par k.o. au deuxième round, puis le 13 avril 1941 à Oran au 7e round. Les souvenirs ont le droit d’être parfois un peu chauvins.

Pour en finir avec les cinémas vénissians, L’Idéal ferme dans les années soixante-dix. Entretemps, en 1942, Le Lux a ouvert ses portes au 11, rue Gambetta. Il s’éteindra de sa belle mort tandis que, depuis 1978, le cinéma Gérard-Philipe, aux Minguettes, conserve aujourd’hui le monopole cinématographique avec ses trois belles salles.

Un petit stop devant les céramiques qui ornent deux façades de l’école du Centre, puis devant la Maison du peuple, inaugurée le 1er octobre 1934, « le même jour que l’école Pasteur », sous le mandat d’Eugène Pelloux. Avant de filer à l’ancien cimetière voir les tombes de quelques artistes, celles des peintres Georges Manillier et Pierre Pelloux et du sculpteur Thomas Lamotte, puis le « Soleil d’or » sculpté par David Penalva, meilleur ouvrier de France, à la demande de la mairie et de l’association.

En route vers le boulevard Ambroise-Croizat, l’équipée traversait l’ancienne cité SNCF des Cigognes, occasion de rappeler le sacrifice de deux cheminots vénissians, Maurice Banette et Louis Planchon : en 1948, brûlés accidentellement par une surchauffe, ils ont réussi a mener les voyageurs jusqu’à destination avant de succomber à leurs blessures. À l’angle du boulevard et de la rue Paul-Bert, la fresque des roses fut l’occasion de rappeler qui étaient les grands rosiéristes vénissians, Pernet-Ducher, Croibier, Schwartz, d’évoquer le corso fleuri organisé par Viniciacum en 1999, la création de trois timbres à cette occasion, la confection du chocolat La Vénissiane par les pâtissiers Pittié et Dallery, sur une idée de Gérard Petit (alors président de Viniciacum), et de parler de la rose créée à la même période par les établissements Guillot. Tandis qu’en 2009, grâce à Fabien Ducher, naissait la rose Viniciacum.

Après un dernier regard vers l’œuvre du sculpteur Ivan Avoscan, le petit groupe a regagné, ravi, ses pénates, après un dernier passage au parc Dupic devant un autre arbre sculpté par Patrice Lesage.

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