Entre craintes d’un accroissement du transit fret et espoirs de développement de la gare, les positions des acteurs locaux

Michèle Picard, maire de Vénissieux, conseillère métropolitaine
« DONNER UNE NOUVELLE DIMENSION À LA GARE DE VÉNISSIEUX »

Selon vous, le débat est-il à la hauteur des enjeux de la rénovation du nœud ferroviaire lyonnais ?
Je note que l’on parle du nœud ferroviaire lyonnais, mais il faut bien avoir conscience qu’il ne s’agit pas seulement d’enjeux locaux ou régionaux, mais aussi nationaux et même européens. De très nombreux horaires de trains dépendent du passage par la Part-Dieu. L’État et l’Union européenne doivent donc mettre dans ce projet des moyens à la hauteur de ces enjeux.

Dans les alternatives au projet débattu, il a été proposé de faire passer le CFAL par la ligne qui traverse Vénissieux, qui passerait à quatre voies. Qu’en pensez-vous ?
Nous verrons ce qui ressort du débat, mais je rappelle que Vénissieux se bat toujours pour que les parties Nord et Sud du Contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL) soient réalisées en même temps, dans leur globalité. En ce qui concerne la création d’une voie supplémentaire dans la traversée de la commune, elle figurait déjà dans le PLU-H. La Ville sera attentive à ce qu’elle n’entraîne pas davantage de nuisances pour les riverains. Cet aménagement doit même être l’occasion de réaliser des travaux d’isolation phonique le long de la ligne. Techniquement, on sait le faire, il faudra une décision politique et budgétaire.

Le débat en cours est-il porteur d’opportunités pour Vénissieux ?
Il faut profiter de la réflexion engagée pour demander le développement du rôle multimodal de la gare de Vénissieux, déjà desservie par le métro, le tram, le bus. Ajouter des arrêts TGV et de nouvelles liaisons TER (avec Saint-Étienne et Saint-Exupéry, par exemple) à cette porte d’entrée dans la Métropole, serait très utile aux entreprises du territoire et donnerait une dimension nouvelle au pôle gare. Le débat du 11 juin sera l’occasion d’une contribution de la commune.

Gilles Renevier président de Fracture.
« ON NOUS ROULE DANS LA FARINE ! »

Ce qui nous inquiète dans ce débat, c’est que les projets proposés prennent tous pour acquise la réalisation du Contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL). Y compris le tronçon Sud, qui n’a pas encore fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique, contrairement à la partie Nord. Fracture conteste le tracé du CFAL retenu par le gouvernement en 2009, mais les organisateurs du débat public nous disent « c’est hors sujet, on parle seulement du NFL », alors que c’est intimement lié. Pour éliminer les 15 % de trafic fret qui contribuent à engorger le nœud ferroviaire lyonnais intra-muros, il va falloir les envoyer ailleurs. Devinez où !
Comme d’habitude, la SNCF nous sort des chiffres mirobolants, estime que d’ici 2050, le fret ferroviaire augmentera de 60 à 110 %, mais dans le même temps elle ferme des lignes et remplace les trains de marchandises par des camions, notamment via sa filiale Geodis.
On nous fait miroiter des choses mais on nous roule dans la farine ! Ce n’est pas possible de faire un bon débat avec des gens de mauvaise foi et des chiffres bidon, issus uniquement des études de SNCF Réseau !
Le débat tourne à l’affrontement entre d’un côté la Région, qui voudrait développer la gare de Saint-Exupéry, et de l’autre la Métropole et la Ville de Lyon dont l’obsession est de développer la Part-Dieu. Pendant ce temps-là, en seconde couronne, on ne voit rien venir pour améliorer les mobilités. Fracture sera présente le 11 juin au débat de Vénissieux pour déjouer les pièges d’un débat ficelé.

Roger Rivat, vice-président de l’association vénissiane Halte au bruit et à la vitesse
« LA 4ème VOIE NE DOIT PAS SERVIR AU CFAL »

Pour faire arriver plus de trains de voyageurs dans Lyon, la SNCF propose notamment de passer à quatre voies sur les derniers kilomètres de la ligne de Bourgoin-Jallieu et des Alpes. À Vénissieux, une voie serait ajoutée aux trois existantes. S’il s’agit vraiment de permettre d’accroître le cadencement des TER, nous sommes pour à 100 %. Mais pas question que la SNCF en profite pour y faire passer plus de trains de marchandises. Ce qui serait contourné, en fait, ce n’est pas l’agglomération, c’est juste Lyon, quitte à traverser des communes très peuplées ! Entendons-nous bien : les trains de marchandises sont indispensables et c’est un mode de transport à développer, pour mettre moins de camions sur les routes. Mais ces convois, très lourds, sont plus bruyants et plus longs que les trains de voyageurs, et ils passent la nuit. Entre Mions et Saint-Fons, près de 14 000 personnes habitent dans une bande de 100 m de large de chaque côté de la ligne, dont près de 5 000 à Vénissieux. C’est déjà pénible aujourd’hui, mais là ça deviendrait carrément l’enfer.

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