Trinix : de Vénissieux à Los Angeles

Photo Clémentine Hosh

“De Vénissieux à Los Angeles : j’ai le titre de ton article !” s’esclaffe Josh Chergui.
“Et même, surenchérit Loïs Serre, des États-Unis aux États-Unis” puisque les deux membres de Trinix sont originaires du Moulin-à-Vent, frontalier du quartier des États.

Depuis la dernière fois que nous nous sommes vus (voir Expressions n° 623 du 19 avril 2017), les deux jeunes musiciens ont parcouru du chemin. Ils venaient alors de signer avec le label Sony.

“L’été 2017, nous avons fait la tournée des festivals. On continuait à préparer notre premier album et, début 2018, nous sommes partis plus d’un mois à Los Angeles pour le finaliser. Nous avions accompli un gros travail en amont et, là-bas, on a rencontré plusieurs chanteurs et chanteuses, tous différents. C’est vraiment une expérience, Los Angeles, une expérience de ouf, grave enrichissante ! Une autre atmosphère, des sons différents. Nous, ici en France, on tire la langue, on travaille par mail avec les chanteurs. À L.A., on était avec eux. On travaillait six jours sur sept, de 8 heures à 23 heures/minuit, voire plus tard dans la nuit. La maison d’édition BMG — NDA : une entité de Sony —, avec qui on a signé peu après Sony, prenait tout en charge.”

Photo Marion Brunel

Sur les 60 à 80 titres composés, quatorze sont retenus pour le disque promo, vingt pour l’album, Mayday, qui sort ce 12 octobre dans les Fnac et un peu partout. Tous deux se regardent en souriant et ce qu’ils disent sert autant à me convaincre qu’à se convaincre eux-mêmes. “On sort d’internet et on arrive dans l’industrie du disque, comme… (ils réfléchissent)… comme Patrick Bruel (et ils éclatent de rire). On aime les choses simples, on aime être émerveillés.”

Un an en arrière, les centaines de millions de vues qu’ils accumulaient sur la toile leur suffisaient. Ils savaient que leurs auditeurs, des jeunes comme eux, n’achetaient plus de disques. Mais la proposition de Sony n’est pas tombée dans l’oreille de deux sourds. “Il existe quand même des gens qui aiment encore l’objet en soi. Et, en précommande, le vinyle marche bien.”

Il faut dire que ce dernier est très beau, d’une couleur orange et comprenant deux 33 tours. Josh et Loïs poursuivent : “Nous allons maintenant entamer la promotion de l’album. Trois clips sont déjà finalisés, tournés à L.A. On a tout fait tout seuls. On a cherché le réalisateur, l’équipe de production, on a amené les idées. Avec internet, les contacts sont plus faciles. Le réalisateur, par exemple, nous avait contactés deux semaines avant notre arrivée aux États-Unis, sans savoir qu’on y allait. Le prochain clip sera sans doute sur “Supernova”. On a une grosse idée, on est en train de voir. Et nous préparons le Mayday Tour pour 2019.”

Le titre de l’album vient de la chanson Mayday from the Moon. “C’est vrai qu’on nous a dit que c’était un appel à l’aide. Mais en réalité, pour les secours, il faut répéter le mot trois fois. Pour nous, c’est plutôt un appel à nous rejoindre. Ce disque, on voulait le faire sur le thème de l’espace. On met souvent des atmosphères planantes sur nos musiques. L’un des premiers sons, pour l’intro, était vraiment spatial. Sans s’en rendre compte, on était dans ce thème ! Et puis, petits, on voulait tous deux devenir astronautes. C’est un clin d’œil à notre enfance. D’ailleurs, dans le clip Otherside, on a mis un astronaute qui se balade dans les rues de Londres. C’est notre premier projet plus réfléchi, abouti à 100 % !”

Fly Me to the Moon

Un casque d’astronaute dégouline, noyé dans un orange forcément mécanique. Premier album de Trinix, Mayday nous entraîne dans un voyage vers la Lune aussi sûrement qu’en son temps Frank Sinatra. Avec des titres tels que Nasa, Milky Way, Jet Plane ou Mayday from the Moon, l’espace est conquis et l’auditeur aussi, bercé par les voix de Rendell Stovall, Allyson Ezell, Opé Smith, Thallie et Hannah Young.

C’est planant, plaisant, entraînant, emballant, comme l’était déjà Close to me, découvert avant l’été et déjà fort de plus d’un million de vues, et comme l’est le reste de Mayday !

Trinix, “Mayday” (Sony Music) : 14 euros (CD) ; 25 euros (vinyle).

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