Bilan de mi-mandat : « Les deux tiers des engagements ont été réalisés »

La réunion publique de présentation du bilan de mi-mandat (2014-2018) de l’action municipale a fait salle comble, le 25 septembre, à l’hôtel de ville. Mais le débat qui a suivi n’a que très peu porté sur le sujet du jour.

À Vénissieux, c’est un lieu commun de le dire, la liberté de parole est bien ancrée. Les assemblées générales de conseils de quartier qui vont bientôt commencer — elles s’échelonneront du 10 octobre au 27 novembre — en donnent l’illustration chaque année. Et c’est tant mieux. À quoi bon inviter les habitants s’ils ne peuvent pas s’exprimer en toute liberté ?

Mais les élus ne s’attendaient probablement pas à une ambiance aussi tendue, mardi dernier, lors de la réunion publique de présentation du bilan de mi-mandat (2014-2018). Dans une salle du conseil municipal archi-comble, la tension est montée dès que le micro a été tendu au public. Incivilités, squats, délinquance, ainsi que la question des rythmes scolaires — qui sera soumise au vote des parents d’élèves le 2 octobre prochain — ont alimenté l’essentiel des interventions. Parfois constructives et mesurées, souvent polémiques et enflammées, à tel point que le sujet du jour, l’action municipale menée depuis 2014 et les perspectives d’avenir, n’aura finalement été qu’effleuré lors du débat.

Dommage, car la première partie de la réunion consacrée à la présentation du bilan ne manquait pas d’intérêt. « Nous avons voulu discuter avec les Vénissians des projets qui avancent, mais aussi de ceux qui avancent moins vite », avait rappelé le maire, Michèle Picard, en introduction. On apprenait ainsi que 67,5 % des actions inscrites au contrat communal ont été réalisées, 25,5 % sont en cours, et 7 % restent à engager.

Par contrainte budgétaire, des projets sont sortis du contrat : c’est le cas de la Maison des mémoires vénissiane qui a été reportée, ou encore de la Maison de l’emploi « qui ne verra pas le jour dans la mesure où l’État ne cesse de se désengager de tels projets », a précisé le maire.

À l’inverse, des projets ne figurant pas dans le plan de mandat ont été accélérés : extension du groupe scolaire Joliot-Curie pour répondre à l’augmentation de la population, ouverture de nouvelles classes dans la quasi-totalité des groupes scolaires pour s’adapter à la réforme de l’éducation prioritaire.

« Un rythme soutenu »

Concernant les projets prévus et réalisés ou sur le point de l’être, la liste est longue : école Flora-Tristan, nouvelle cuisine centrale, quartier Grand Parilly au Puisoz, mise en place de la vidéo verbalisation contre l’insécurité routière, poursuite du renouvellement urbain des Minguettes (en particulier l’aménagement de Vénissy), création d’un marché des producteurs au Moulin-à-Vent, organisation annuelle d’un forum de prévention des addictions…

« Le chemin parcouru est important, le rythme a été soutenu », a estimé Michèle Picard. En prenant soin de souligner que « le regard porté sur ce qui a été réalisé ne peut être dissocié du contexte national d’aggravation des difficultés de vie des habitants, d’attaques contre les services publics, et de restrictions budgétaires à l’égard des collectivités ». Tous les maires le disent : les temps sont durs pour les communes. Et l’avenir s’annonce encore plus incertain. L’État a imposé une contractualisation financière aux grandes collectivités — les dépenses de fonctionnement de Vénissieux ne pourront pas évoluer de plus de 1,46 % par an — et on ne sait toujours pas à quel niveau sera compensée la suppression de la taxe d’habitation.

« Avec de telles contraintes, quelles politiques de proximité allons-nous pouvoir mettre en place pour l’enfance, la jeunesse, les familles, nos aînés ? », questionnait Michèle Picard. « Au-delà du point d’étape à mi-mandat, nous devons nous interroger sur la ville de demain et sur la façon de mieux vous associer aux prises de décision. C’est un débat direct que nous voulons avoir avec les Vénissians pour ouvrir des perspectives d’avenir. »

Le débat fut effectivement très direct, mais centré sur les préoccupations du quotidien. Comme un avant-goût des assemblées générales de conseils de quartier.

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