La rentrée politique de Michèle Picard

Pour le maire, les nombreux projets engagés à Vénissieux témoignent de l’attractivité et du dynamisme retrouvés de la 3e ville de la Métropole lyonnaise. Lors de sa rentrée politique au Club de la presse, Michèle Picard n’a pas manqué par ailleurs de dénoncer « l’ultralibéralisme » d’Emmanuel Macron.

Pour sa rentrée politique, Michèle Picard a l’habitude de convier les journalistes au Club de la presse de Lyon. L’occasion de balayer les grands sujets qui vont rythmer l’actualité locale des prochains mois. Mais aussi de donner son sentiment sur la conduite des affaires au niveau national. Et sur ce point, le maire de Vénissieux est, sans surprise, très critique vis-à-vis de la politique menée par Emmanuel Macron : « La République en marche n’a jamais été à gauche, c’est la droite ultralibérale à l’œuvre. Toutes les réformes depuis son élection sont marquées du sceau du libéralisme. Aucune mesure, je dis bien aucune, n’a eu de portée sociale. » Michèle Picard s’est notamment offusquée du sort réservé aux retraités : « Jamais nos aînés, déjà en difficulté, n’ont subi autant d’injustices. Les pensions n’augmenteront que de 0,3 % en 2019 et 2020. Si l’on tient compte de l’inflation, de la hausse de la CSG et de la désindexation, la perte pourrait s’élever à 580 euros pour une pension mensuelle de 1300 euros ! »

Le maire s’est aussi attardé sur la fronde de ses pairs, fatigués de devoir faire toujours plus avec moins de moyens. « Depuis 2014, plus de 1 000 maires ont démissionné. Je ne vais pas faire de corporatisme ni me plaindre, mais je m’associe à cette colère, partagée par les maires de droite comme de gauche. »

« Le temps s’accélère à Vénissieux »

Malgré ce contexte historiquement difficile pour les communes, Michèle Picard estime que « beaucoup a été entrepris à Vénissieux » ces quatre dernières années. Et de citer, entre autres, l’ouverture du groupe scolaire Flora-Tristan, la mise en place de la vidéo verbalisation, l’accueil de nouvelles grandes entreprises, la création d’un marché des producteurs…

Une dynamique qui, assure-t-elle, va se poursuivre. Et même s’intensifier avec l’inauguration de la nouvelle cuisine centrale, le réaménagement de la Maison des services publics de Vénissy qui accueillera la Mission locale, le déploiement de la Police de sécurité du quotidien (PSQ), la signature avec la Métropole, l’État et l’ANRU d’un nouveau volet (2019-2028) du programme de rénovation urbaine, sans oublier l’opération Grand Parilly et le futur technicentre SNCF dont les chantiers avancent à grands pas. « Le temps s’accélère à Vénissieux, a conclu Michèle Picard, et c’est une chance pour notre ville et nos habitants.« 

AU COURS DE SES ÉCHANGES AVEC LA PRESSE, MICHÈLE PICARD A ABORDÉ PLUSIEURS AUTRES POINTS D’ACTUALITÉ

L’évolution de la délinquance
« Si l’on parle de délits comme les vols ou les voitures incendiées, les chiffres sont en nette baisse, c’est un point positif. Cela prouve qu’un vrai travail a été fait avec l’ensemble de nos partenaires, en particulier la police nationale. Sur le trafic de stupéfiants par exemple, il faut rappeler que 44 réseaux ont été démantelés en 2017. Malgré cela, les habitants n’ont pas toujours l’impression que les choses s’améliorent. En effet, aujourd’hui ce sont davantage les incivilités qui posent problème aux Vénissians : le tapage nocturne, les dégradations, les squats… Il faut admettre qu’il est parfois difficile d’intervenir sur ces questions. Mais on ne baisse pas les bras. Je suis heureuse qu’il y ait de nouvelles lois comme celle qui renforce les sanctions sur les rodéos motorisés. Je vais également suivre avec beaucoup d’attention le déploiement à venir de la nouvelle Police de sécurité du quotidien (PSQ) qui nous aidera, je l’espère, à apporter de nouvelles réponses. Au-delà des renforts attendus, de l’ordre de 15 à 20 policiers, il est annoncé des réponses opérationnelles plus en phase avec les attentes de la population. Nous verrons à l’usage. »

Le déploiement des Vélo’V à Vénissieux
« Les annonces qui ont été faites ne me conviennent pas. Cinq stations pour Vénissieux, situées pour l’essentiel dans les franges de Lyon, ce n’est pas assez. Au plus loin, le dispositif va jusqu’à la gare. J’aurais souhaité qu’il aille jusqu’à la médiathèque, au cinéma Gérard-Philipe, au centre nautique intercommunal. Nous continuons à discuter avec la Métropole pour que le dispositif évolue. »

Le devenir du Centre commercial Pyramide
« Vous savez qu’après l’incendie nous sommes intervenus très rapidement auprès des commerçants, gérants, assureurs et ingénieurs réunis à la mairie de 10 août. Des commerces ont pu reprendre leur activité, d’autres sont plus durement touchés. Une nouvelle réunion aura lieu à la fin septembre pour entendre les conclusions des ingénieurs-experts. À n’en pas douter, ce dossier va prendre du temps. Il s’agit d’une copropriété avec de multiples acteurs. Il est trop tôt pour dire vers quelle solution on s’achemine. Il est vrai que dans le programme de renouvellement urbain, il est prévu de reconfigurer ce centre commercial. Mais c’est un projet au long cours, et là nous sommes dans la gestion du quotidien. »

L’annulation du Conseil citoyen
« Le tribunal administratif a décidé d’annuler l’arrêté du préfet fixant la composition du collège habitants parce que six d’entre eux ne résidaient pas dans un quartier prioritaire. Nous prenons acte. Mais je trouve ça dommage car cela remet en cause des gens qui s’étaient impliqués. Par ailleurs, j’observe que l’implication de personnes extérieures aux quartiers sensibles n’est pas forcément une mauvaise chose. Combien de fois ai-je entendu par le passé que nous ne travaillions que pour les Minguettes ? Or depuis la mise en place du conseil citoyen, j’entendais moins ce genre de critiques. Un conseil élargi permet, je pense, de mieux saisir le sens de l’action menée dans les quartiers prioritaires. Enfin, je voudrais rappeler que dans toutes les villes ayant mis en place un conseil citoyen, c’est le pragmatisme qui a prévalu, car les modalités d’application de la loi manquaient de clarté. Maintenant, je le répète, nous prenons acte. Il y aura un nouvel appel à candidatures. Sous quelle forme précisément, je ne le sais pas. C’est le préfet qui pilote ce dossier. »

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