Trois jours de Fêtes escales : dans l’herbe tendre !

  • Fetes Escales 15 juillet 2018. SoireeRai. Groupe Raina Raï- Algerie-

 

Les Fêtes escales viennent de s’achever après trois jours de concerts. Trois jours, du 13 au 15 juillet, pendant lesquels on aura tout eu : du soleil, des rires, de la musique, des sketches, un pique-nique, une fête nationale, de la pluie, une victoire à la Coupe du monde et du bon temps.

Comment raconter en quelques mots ce vingtième anniversaire des Fêtes escales, dans le parc Louis-Dupic ? Peut-être en commençant par le 14 juillet, point d’orgue de ce festival. Tous les ans, c’est l’Opéra de Lyon qui donne le coup d’envoi de la journée. Cette année, les chœurs nous offrirent quelques grands airs classiques signés Bartok, Schubert, Dvorak, Brahms et Bizet, mais aussi le célèbre Funiculi-Funicula napolitain et le I Feel Pretty de Bernstein, immortalisé par Natalie Wood dans West Side Story et, plus près de nous, par Adam Sandler et Jack Nicholson dans Self-Control. Pour conclure sur Ignace, célébré en son temps par Fernandel, “un petit petit nom charmant”. Il était temps, après l’apéro offert par la municipalité, d’aller prendre place pour le pique-nique. Auquel prirent part moins de convives que d’habitude et, c’est bien connu, les absents ont toujours tort.

Parce que, qu’ont-ils raté, les absents ? De très grands moments ! D’ordinaire, les artistes qui animent le pique-nique passent de nappe en nappe pour une sympathique chansonnette ici, un conte ou un tour de magie par là. Ce que l’on appelle aujourd’hui le close-up. Pour ce pique-nique républicain 2018, les différentes prestations se firent sur une petite scène. Que ce soit la Guinguette en herbe de David Suissa, les contes d’Ernest Afriyié, la boxe revue par Gaspar, la dictée et les poésies de l’Espace Pandora ou La Grande saga de la Françafrique par Les Trois points de suspension, racontée par Jérôme Colloud avec la complicité de Cédric Cambon, tout fut du meilleur niveau.

Pour nous mettre d’emblée dans le bain, David Suissa nous chante L’Herbe tendre, ces couplets tirés du film Ce sacré grand-père où Michel Simon et Serge Gainsbourg nous les susurraient. Suivront La Javanaise, toujours de Gainsbourg, et Au Café du Canal de Pierre Perret, plus d’autres compositions de David Suissa et de Yann Pairel, qui le rejoint. Si la Guinguette en herbe arrive à faire chanter le public, Ernest Afriyié, lui, parvient à le faire complètement participer en finissant ses phrases. Quant à Gaspar, ce drôle de sportif qui fait penser à Albert Dupontel quand il se produisait en one-man show, sa folie a su conquérir le public.

Thierry Renard et sa dictée, cette fois tirée de Jean-Baptiste Cabaud et de sa Folie d’Alekseyev, est un habitué du 14 juillet et son moment littéraire est devenu une véritable madeleine de Proust sans laquelle un pique-nique républicain ne saurait exister. Mais il faut reconnaître qu’il eut cette année fort à faire pour capter à nouveau l’attention de ceux qui s’était livrés sans attache à la formidable Saga de la Françafrique. Après une heure et demie de rires et de toupet politique, on ne peut que sortir secoués d’un tel spectacle. Qui montre comment, noms à l’appui (“Pourtant, remarque Jérôme Colloud tout au long du spectacle, on avait dit qu’on ne citait pas ceux qui sont encore vivants”), tous les présidents de la Ve République, du général de Gaulle à Macron, ont utilisé les richesses du continent africain. Marrant, forcément, et effrayant à la fois !

Après cette fête nationale bien fêtée et bien réussie, reste à parler des musiques. Africaines, sud-américaines et maghrébines, il y en eut pour tous les goûts, avec chaque soir, au plus fort de l’affluence, quelque deux mille personnes présentes. Parfois un peu moins, parfois un peu plus.

Pour les coups de cœur d’Expressions, on retiendra Chico Trujillo et sa pêche monumentale, BKO et Raina Raï et leur deux guitar heroes. En remarquant bien que toutes les autres formations furent au diapason ! Ceux qui y étaient le savent bien. Pour les autres, on vous l’a dit, fallait y être !

Allez, rattrapez-vous tant qu’il en est temps ! On vous soumet aussi quelques vidéos…

 

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