Passez donc prendre un ver à la maison !

 

Composter en appartement, sans odeur, c’est possible. Grâce à un allié inattendu, le seul qui puisse faire dire à un Lyonnais « allez les vers »…

Fouiller dans un bac à compost en plein cagnard, il y a plus glamour, comme activité d’après-déjeuner. Pourtant, Mathieu et Fatima sont ravis. La récolte d’Eisenia Foetida sera bonne. Surnommés « vers du fumier », ils grouillent parmi les épluchures, les coquilles d’oeufs et les morceaux de carton dont ils se délectent à tour de bras, si on ose dire.

Le kilo de bestioles que Mathieu ramène à Vénissieux sera partagés entre les huit participants de l’atelier « Lombricompostage » organisé le 25 avril par le Centre associatif Boris-Vian (CABV). « Sur Internet et en jardinerie, ces vers sont vendus 20 euros les 250 grammes », explique Mathieu Moutet, animateur de la Fabrique d’initiatives citoyennes de Vénissieux.

Une tasse de thé ?

Cette technique, à l’origine agricole, est de plus en plus en vogue en ville. Adaptée à plusieurs types de déchets (ménagers, agricoles, des collectivités…) elle consiste à utiliser ces super-digesteurs pour transformer les matières organiques en lombricompost : ils réduisent de 30% en quelques jours le poids des poubelles d’un ménage ! Un terreau bien plus riche que celui issu du compostage classique, et qui fait le bonheur des jardinières. D’autant que le sympathique invertébré fourni également un excellent « thé de compost ». Déconseillé au five o’clock, même avec un nuage de lait, mais prodigieux engrais, ce liquide est récupéré au premier niveau de votre lombricomposteur.

N’oubliez pas de composter

L’atelier du 25 avril consistait justement à fabriquer soi-même ce dispositif sur trois étages, dont deux sont percés pour permettre les va et vient de ces messieurs-dames hermaphrodites. « Dans le commerce, un lombricomposteur est vendu près de 100 euros, confie Mathieu. Les nôtres sont d’anciens seaux d’olives récupérés sur le marché. Ils sont moins beaux, mais tout aussi efficaces ! »

Mais quels sont les risques d’odeurs nauséabondes ou de grande évasion dans la cuisine ? « Zéro risque, assure Pierre Ulrich, coordinateur de l’association Eisenia. Comme les vers s’attaquent aux déchets rapidement, avant la décomposition, le lombricompost est inodore. Et aucun ne tentera de s’échapper, car ils craignent particulièrement la lumière et ont besoin d’un milieu humide pour survivre ». Ce n’est donc pour que des raisons esthétiques et pratiques qu’il est recommandé d’installer son lombricomposteur au garage ou à la cave ? « Oui, un empilage de seaux en plastique, c’est moyennement tendance, même pour la bonne cause, et mieux vaut éviter de le renverser : le carrelage n’a pas besoin d’engrais ! »

Merci à Mathieu Moutet (CABV), à Lombriplanète, ferme lombricole de Lyon et à l’association Eisenia

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