Une seconde journée “école morte” et un rassemblement qui dégénère

Devant Flora-Tristan.

Une semaine après la journée « école morte » du 28 février, des parents d’élèves des écoles primaires de Vénissieux se sont à nouveau installés aux entrées de certains groupes scolaires pour protester contre le maintien de la semaine à 4,5 jours d’école en 2018-2019. Leur objectif : persuader les autres parents de repartir à la maison avec leurs enfants. En fait, très peu de parents ont été refoulés dans les écoles les plus mobilisées : prévenus de l’action par un mot glissé dans le cahier de liaison, la majorité d’entre eux avaient gardé les enfants, qui y ont gagné une grasse matinée supplémentaire.

La mobilisation a été inégale mais dans l’ensemble bien suivie. Certaines des écoles qui n’avaient pas été touchées par le mouvement la semaine dernière, s’y sont joint cette fois-ci. Dans d’autres, la mobilisation a été moindre qu’il y a huit jours voire très faible, tandis que les plus « remontées » battaient leurs propres records d’absentéisme : 80 % à Paul-Langevin, 90 % à Saint-Exupéry et Léo-Lagrange, 98 % à Anatole-France…

« Nous demandons une concertation avant la prochaine rentrée, explique une représentante de la FCPE devant l’école Flora Tristan. Ça doit bien être possible, puisque d’autres communes l’ont fait ! Surtout que cette consultation avait été annoncée dans les conseils d’école avant l’été puis à la dernière rentrée. » Selon les participantes au « blocus », seuls 50 enfants seraient entrés en classe, sur un effectif habituel de 400 élèves.

À l’école élémentaire du Centre, des parents s’étaient postés à l’intérieur de l’établissement, bloquant les accès aux classes, y compris après le début des cours.

À l’école élémentaire du Centre, 57 élèves ont été reçus ce mercredi. C’est un peu plus que la semaine précédente (37) mais on est loin de l’effectif total de 319 enfants. Particularité de cette école, les mères de famille ne se sont pas contentées de rester devant le portail d’entrée, mais ont investit l’établissement et se sont postées devant les accès aux classes (photo ci-dessus), restant dans l’école une fois les grilles fermées. Une action illégale, qui aurait pu leur valoir des poursuites pénales en plein dispositif Vigipirate.

Environ 150 personnes, enseignants et parents d’élèves, se sont rassemblées devant l’hôtel de ville vers 11h30.

À partir de 11h30, 150 parents et enseignants se sont retrouvés devant l’hôtel de ville pour réclamer une rencontre avec le maire. Dans un courrier daté du 2 mars, les syndicats de professeurs des écoles SNUipp-FSU et Snudi-FO avaient demandé une audience « pour obtenir des réponses […] au sujet des rythmes scolaires pour la rentrée 2018 ».
Dans sa réponse, datée du 6 mars, Michèle Picard les informe de la mise en place d’un « comité de pilotage impliquant l’Éducation nationale » doté d’un calendrier précis, chargé d’une « évaluation-concertation qui sera menée auprès des enfants, des parents d’élèves et de l’ensemble des partenaires éducatifs (enseignants, associations, etc.). Un prestataire chargé de ce travail apportera son expertise en matière d’évaluation des politiques publiques d’éducation qui viendra alimenter le bilan qualitatif ».

Différence notable avec la semaine précédente, les pancartes ne réclament plus tant une consultation qu’un retour à la semaine de 4 jours, en « libérant » le mercredi. Parmi les rares messieurs du rassemblement, on notait la présence des conseillers municipaux d’opposition Lotfi Benkhelifa (PS, pourtant partisan de la semaine de 4,5 jours lors de sa mise en place en 2014), Christophe Girard (DVD) et Maurice Iacovella (UDI). Pour ce dernier, « il faut certes prendre le temps de tirer le bilan de la semaine à 4,5 jours, mais il est possible de le faire avant la prochaine rentrée, à condition de commencer maintenant. Travaillons avec des professionnels de l’éducation, et avant de décider, mettons les gens compétents et de bonne volonté autour d’une table, y compris les élus de l’opposition ! »

Fortement déçus de n’être pas reçus par le maire, certains parents (y compris des parents d’enfants scolarisés dans le privé, donc non concernés…) ont alors tenté d’entrer en force dans la mairie en essayant de bousculer le cordon de policiers municipaux et nationaux présents dans le sas de l’hôtel de ville, sans parvenir à le faire reculer d’un iota.

Le rassemblement tournant à l’affrontement verbal et physique, ponctué de hurlements au mégaphone (photo ci-dessus) et de coups de pression, de nombreux parents et professeurs ont préféré rentrer chez eux. « J’étais venue demander une consultation des parents, pas pour casser la mairie », confiait ainsi une maman repartant vers le tram avec ses quatre enfants. Le calme est revenu vers 14 heures, avec le départ des derniers manifestants.

La tenue d’une éventuelle nouvelle journée d’action sera décidée dans les prochains jours.

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