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À cinquante ans, il dirige Cardom, qu’il a créée en 1995. Autodidacte, touche-à-tout, doué pour les affaires, Didier Borel est également très sensible à la question de l’insertion professionnelle. Au point de l’avoir totalement intégrée dans le fonctionnement de son entreprise.

À l’âge de dix ans, il pensait travailler un jour à l’Office national des forêts. Mais quarante ans plus tard, Didier Borel dirige Cardom, l’entreprise de nettoyage de véhicules qu’il a créé en 1995. “Notre activité principale, c’est la préparation esthétique de véhicules. Le travail s’effectue en atelier, chez les concessionnaires, ou directement chez le client au moyen de véhicules-ateliers autonomes.” Cardom prend aussi en charge la remise en état des véhicules, ainsi que le stockage pour des concessions. “Nous sommes leader sur notre marché depuis plus de dix ans, se félicite-t-il. Et de préciser qu’aujourd’hui, la société fait vivre 43 collaborateurs sur trois sites de production, à savoir Vénissieux, Lyon-Vaise et Givors. L’installation à Vénissieux date de juillet 2016. “Le jour où mon fils Jérémy est devenu champion de France junior de BMX”, sourit-il.

Mais pourquoi le nettoyage de voitures ? “L’idée s’est imposée d’elle-même. À cette époque, en 1995, ma voiture était sale, je n’avais jamais le temps de la nettoyer. Je ne trouvais personne pour le faire.” D’où ce concept de proposer un service pour les particuliers, sur leur lieu de travail. “Cette année-là, j’ai abandonné mon poste de commercial dans l’imprimerie. J’ai pris mon vieux C15 de 1988, dans lequel un copain soudeur m’a installé une cuve à eau. Puis j’ai acheté un groupe électrogène, du matériel de nettoyage et je suis parti laver des voitures.” Les débuts sont toutefois difficiles. “Je me levais à quatre heures du matin pour faire du portage de journaux. Puis, dans la matinée, j’allais frotter des voitures. Je changeais ensuite le vieux t-shirt pour une chemise, et je partais chercher des clients. Quand je rentrais le soir, je m’occupais de la facturation et la comptabilité, avant de dormir quatre heures et de recommencer.”

Viennent ensuite les services aux concessions automobiles. “Les choses se faisaient de manière artisanale, un peu à l’ancienne. J’ai donc développé des prestations où l’on pouvait être qualitatif, réactif. Mais en gardant ce qui fait la force de l’artisan, le contact humain.” Cette réactivité, Didier Borel l’a notamment acquise chez les soldats du feu. “J’ai fait mon service militaire chez les pompiers en Corse en 1990, comme conducteur de camion-citerne incendie. En une saison, j’ai vécu 65 feux de forêt ! J’ai donc appris notamment à travailler quatre ou cinq jours d’affilée.”. L’homme est aussi un touche-à-tout. “Comme j’ai commencé seul, je sais tout faire dans l’entreprise, affirme-t-il. Ce que fait Kathia en compta, je sais le faire. Ce que fait Samia en facturation, je sais le faire. Ce que font mes gars en nettoyage, je sais le faire.” Difficile d’ailleurs de ne pas le croire, en le regardant inspecter une voiture ou feuilleter une liasse de factures.

Sur 43 salariés, 19 sont en insertion
Cardom est aussi une entreprise d’insertion. Elle intègre des personnes dites “éloignées de l’emploi” pendant une période de quatre mois à deux ans. Sur les 43 salariés, 19 sont dans ce cas : des jeunes déscolarisés, des personnes ayant effectué des peines de prison ou simplement des victimes d’accidents de la vie. Elles sont formées et préparent au sein de la société un projet professionnel de sortie. “Nous leur réapprenons au besoin les savoirs de base, comme le respect des horaires et du matériel, ou le travail en équipe. Et nous les aidons à devenir rapides, qualitatifs et adaptables”, souligne Didier Borel. Lorsqu’elles nous quittent, elles doivent avoir une formation ou une embauche ailleurs.

Le franc-parler du personnage cache donc – à peine – de véritables qualités humaines. “Je suis chrétien et fier de l’être, né dans une famille où l’on se donne de l’amour et de la tendresse. Tous ceux qui me connaissent vous diront que lorsqu’il faut donner un coup de main, je suis présent.” Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Cardom œuvre aujourd’hui pour l’insertion. “Mes premiers employés, je les aiguillais sur de petites choses : prendre des rendez-vous avec leurs banquiers, les aider à trouver des appartements… Mais tout cela était très artisanal, insatisfaisant, alors de fil en aiguille on est devenu entreprise d’insertion”. Une entreprise qui travaille avec la Ville, la Dirrecte, Pôle emploi, les Missions locales… “C’est ce qui nous permet de tendre la main à des gens qui le méritent.”

Des projets, Didier Borel en a “plus d’une cinquantaine en tête”, sur lesquels il se garde bien de communiquer. D’autant que pour l’heure, il faut accompagner le développement de l’entreprise. “Prendre de l’ampleur, cela ne m’inquiète pas. Une entreprise qui arrête de se développer, c’est une entreprise qui meurt.”

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