« On est beaucoup plus dépendant qu’on ne le croit »

Mohamed Belamri est technicien territorial à la ville de Vénissieux, en charge des formations au numérique dispensées par la médiathèque. Il a accepté, durant 36 heures, de nous confier son smartphone.

Comment se sont passées ces 36 heures sans portable ?
Ça fait quand même un peu bizarre ! Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est que les gens à qui j’en ai parlé étaient déstabilisés, ils ne comprenaient pas. Certains me disaient « Ah moi je ne pourrais pas ! », d’autres me faisaient comprendre que j’étais à moitié fou !

Et vous, comment avez-vous vécu cette privation ?
De temps en temps, je cherchais instinctivement mon téléphone… C’était un réflexe. C’est que je me sers aussi de lui comme d’un réveil. Je l’utilise pour régler certains achats, pour gérer mes comptes, pour me tenir au courant de l’actualité, des résultats du football par exemple.

Avez-vous ressenti un manque ?
D’une certaine manière, oui. Je dois aussi dire que j’étais inquiet, en cas d’appel d’urgence, si quelqu’un avait vraiment besoin de moi. Cela dit, au besoin, les gens auraient pu me joindre au travail, cela m’a rassuré. Par contre, j’ai été très gêné de ne pas pouvoir consulter mes emails comme d’habitude. Je pouvais le faire sur un ordinateur, mais ce n’était pas pareil !

D’une manière générale, vous sentez-vous prisonnier du téléphone ?
J’ai pris une certaine distance par rapport à lui il y a quelques années. Je recevais alors des coups de téléphone toutes les trois minutes, même la nuit, c’était insupportable. En trois ans, j’ai changé cinq ou six fois de numéro, et les appels ont diminué. Mais lorsque le smartphone est arrivé, j’ai perdu cette distance. En fait, on est beaucoup plus dépendant qu’on ne le croit. Je crois que je suis un peu accro, quand même.

Quel usage avez-vous des réseaux sociaux ?
De par mon métier, je suis obligé de m’y intéresser de près. J’ai des comptes Facebook, Snapchat, Twitter, Instagram… Mais aussi les professionnels, Linkedin et Viadeo. Dans une journée, j’y vais au moins une fois par jour. Je m’oblige à ne pas en abuser, pour ne pas en devenir prisonnier. Mais je reste plus dépendant aux applications qu’aux réseaux sociaux.

Un conseil pour les amateurs de détox numérique ?
Je leurs dis bon courage ! Deux jours, c’est déjà beaucoup. Je n’aurais pas tenu un jour de plus…

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