Jean Sangally au parc de la Tête-d’Or : le prince croque-notes

Qu’est-ce qu’il fait chaud, en cette soirée du 7 juillet, au parc de la Tête-d’Or. La chaleur s’est installée dans les allées, entre les feuillages et, devant la petite scène montée vers la porte des Enfants du Rhône, les gens se mettent sur l’herbe à la recherche d’une fraîcheur qui n’arrive pas. À l’occasion de « Dialogues en humanité », « festival citoyen sous les arbres », le bluesman vénissian Jean Sangally est à l’honneur.

Ce guitariste et chanteur, on le sait capable de tout. De vous embarquer dans une reprise de Brassens, de vous transporter avec un blues chicagoan ou de vous faire trémousser sur un rythme africain. Et ça démarre bien puisque Jean nous laisse d’emblée avec le « My Baby Crying » de Lightnin’ Hopkins dans les oreilles. Avant d’enchaîner avec une de ses compositions, « Black Woman », vibrant hommage à la chanteuse Nina Simone.

À ses côtés, son bassiste et vieux complice Éric Diochon et son jeune batteur Valérian Raffaut sont accompagnés par un invité surprise que Jean est fier de présenter : « Programmé dimanche soir, le percussionniste Rashmi Bhatt a travaillé avec Sting et Shakira. Je l’ai rencontré hier à la mairie du 1er arrondissement et il a accepté de venir nous accompagner ce soir. »

Sur « My Girl » d’Otis Redding, le quatuor prend un plaisir communicatif avant de coiffer la casquette de G.O. pour un voyage dans la forêt équatoriale du Cameroun. Le public participe et reprend même un refrain en mvumbo… Enfin, je vous dis mvumbo mais c’est peut-être tout aussi bien du ngoumba. Les mots sont rechantés tant bien que mal et quelques-uns, dans l’assistance, commencent à se lever pour danser.

Jean, qui aime les ruptures stylistiques, attaque aussitôt avec « L’orage » de Brassens. L’ami Georges est une sorte d’ange gardien qui veille sur la carrière de Jean Sangally, lequel a déjà enregistré deux albums de ses titres immortels, dont un aux rythmes cubains. Non seulement Jean s’est complètement approprié Brassens mais, à l’écouter, il semblerait que le Sétois a écrit « Blues pour l’Auvergnat » ou, pourquoi pas, « Hoochie Coochie pour être enterré sur la plage de Sète ». « On a l’impression qu’il n’est pas mort, Brassens », soupire le chanteur-guitariste avant de poursuivre avec « La princesse et le croque-notes » et « Celui qui a mal tourné ». « Celle-là, explique-t-il, la première fois que je l’ai entendue, elle m’est restée. Si ça faisait pareil avec toutes les chansons, je serais un grand chanteur ! »

L’ambiance est conviviale et, en partageant avec nous Ray Charles, BB King, Muddy Waters, Brassens à nouveau ou « Le blues du dentiste » d’Henri Salvador, nous avons l’impression d’être à une soirée entre amis ou en famille, convaincus que Ray, BB, Muddy, Georges et Henri font partie de ce groupe convivial.

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *