Pour que vive l’esprit de résistance

La cérémonie de la Journée nationale à la mémoire des victimes de la déportation s’est tenue dimanche matin au nouveau cimetière de Vénissieux, en présence de nombreux représentants de l’équipe municipale et des associations d’anciens combattants. Le maire de Vénissieux, Michèle Picard, et Jacqueline Sanlaville, membre de l’ARAC et de l’ANACR, ont déposé une gerbe devant le mur de la Déportation. La première adjointe, Yolande Peytavin, et le président de l’ARAC Michel Blanluet, ont fait de même.

Éliane Chaponik, coprésidente du comité de la ville de Lyon de l’ANACR, a rendu hommage à sa mère, Rachel Engelcher, déportée au camp de Drancy en février 1943 après avoir été emprisonnée à Fresnes en décembre 1942. Auparavant, elle avait distribué des tracts pour le compte des Francs-tireurs et partisans français (FTPF), et reçu chez elles des membres d’un réseau de résistance.
De Drancy, Rachel Engelcher sera transférée à Auschwitz en février 1944 par le tristement célèbre convoi 67. Avant de se retrouver internée dans le camp de Bergen-Belsen, qui sera libéré par les Britanniques en avril 1945. « Du convoi 67 composé de 1 214 personnes dont 552 femmes, 12 femmes seulement étaient vivantes en 1945. Rachel était l’une d’elles », a souligné Éliane Chaponik. Rachel Engelcher a été nommée Chevalier de la Légion d’honneur en décembre 1976. Elle est décédée le 27 février 1996.

Michèle Picard a quant à elle mis en avant le parcours de l’écrivain et chimiste italien Primo Levi, survivant lui aussi des camps de la mort. « Ses deux livres phares, « Si c’est un homme » et « La trêve », l’un à l’intérieur du camp, l’autre consacré à la libération et au retour en Italie, forment deux empreintes indélébiles, deux mémoires pour le siècle à venir pour être sûr que personne n’oubliera, crainte que Primo Levi a nourrie tout au long de sa vie », a assuré l’élue. Le maire a ensuite rappelé l’horreur de la barbarie nazie. « L’Holocauste, c’est 6 millions de victimes, dont près de 3 millions dans les chambres à gaz […] Pour la première fois, la mort est industrielle, car l’extermination et le génocide sont planifiés, pensés, pesés et soupesés, à l’aune de leur viabilité économique, géopolitique, socioethnique. » Avant d’adresser une pensée aux victimes du camp de Ravensbrück, où 132 000 femmes et enfants ont été déportés, et 90 000 exterminées.

Puis de conclure : « Je finirai cette commémoration par les témoignages de rescapées, anonymes, dont l’esprit de résistance leur a peut-être permis de sortir vivantes de cette nuit noire. Ces messages sont forts, car ils puisent une espérance au cœur d’un enfer ».

 

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