Le 9 avril, Idir Boumertit présentait un premier volet de mesures pour son début de mandat de maire : gratuité de la cantine pour les familles les plus modestes, baisse de 30 % des autres tarifs, gratuité du périscolaire, distribution quotidienne d’un goûter aux élèves, remise d’un kit de fournitures scolaires à la rentrée, revalorisation et assouplissement des aides d’urgence du CCAS, soutien à la pratique sportive et à l’accès à une mutuelle santé, recrutement de deux travailleurs sociaux et de cinq policiers municipaux. Quelques jours plus tard, il communiquait un chiffrage, à hauteur d’un million d’euros en année pleine, pour l’augmentation de la prise en charge communale pour la cantine et le périscolaire. Le tout, sans « aucune évolution d’impôt ».
Ce lundi 20 avril, c’est le principe de ces nouveaux tarifs que le maire et son équipe ont défendu en conseil municipal. Les élus votaient, en effet, les coûts qui seront appliqués dès septembre prochain à la restauration scolaire, à la garderie du matin et au périscolaire du soir.
« L’ensemble des Vénissians vont bénéficier de ces modifications tarifaires, qui vont se traduire par une quasi-gratuité pour nombre d’entre eux, hormis une participation minime requise par la convention Ville-CAF », précisait Jean-Paul Crouzet, adjoint au maire en charge de l’éducation. Concrètement, jusqu’à un quotient familial (QF) de 279, le repas à la cantine coûtera 0,10 euro, contre 1 euro actuellement ; jusqu’à un QF de 333, 0,15 euro (contre 2,13 euros) ; jusqu’à un QF de 399, 0,20 euro (contre 2,80) ; jusqu’à un QF de 466, 0,30 euro (contre 3,22 euros). Au-delà, un tarif de 2,80 euros sera appliqué, contre 4,11 euros actuellement — et pour les non-Vénissians, le coût appliqué restera à 5,09 euros.
« Les nouveaux tarifs permettront également des économies substantielles avec la quasi-gratuité dont bénéficieront les Vénissians pour la garderie du matin (de 0,01 à 0,16 euros par jour, NDLR) et l’accueil périscolaire du soir (de 0,10 à 12 euros par année, NDLR), a poursuivi Jean-Paul Crouzet. Autant de mesures appréciables dans le contexte de hausse de prix que l’on connaît actuellement. »
Les réserves de l’opposition
L’opposition, en revanche, n’a pas fait la même lecture de ces nouveaux tarifs municipaux — même si tous les groupes ont, en substance, partagé l’objectif, à savoir la réduction des coûts pour les plus modestes. « Un tel niveau de tarification appelle une exigence de transparence accrue, a ainsi estimé Anne-Françoise Rias (groupe d’extrême droite « Retrouver Vénissieux ! », lequel a voté contre cette délibération), qui siègera désormais à la place d’Antoinette Hugon, démissionnaire. Comment garantir, dans ces conditions, la qualité des prestations ? La qualité nutritionnelle des repas, la qualité de l’encadrement, la qualité pédagogique des activités, reposent sur des moyens humains et financiers réels. »
Aurélien Arnould (groupe de centre-droit « Vénissieux Plurielle », abstention) s’est pour sa part inquiété de potentiels effets de seuil « brutaux ». « Imaginons une mère seule, avec un enfant, qui travaille, a-t-il imagé. Son quotient familial est de 460 : elle paiera 0,30 euro le repas. Mais si ses revenus augmentent légèrement — quelques dizaines d’euros de plus — et qu’elle passe à un QF de 470… Alors, le tarif passe immédiatement à 2,80 euros. Presque dix fois plus. (…) Ce type de mécanisme est non seulement injuste, mais aussi contre-productif. Il pénalise précisément ces classes moyennes fragiles, qui ne sont ni les plus aidées, ni les plus favorisées. »
« Nous pensons que ces mesures sont précipitées et qu’elles auront un coût », a estimé Véronique Forestier pour le groupe de gauche « Unir, résister, agir, ensemble pour Vénissieux », qui a approuvé la délibération tout en disant rester « vigilant sur la gestion financière, la qualité de l’accueil des enfants et la qualité au travail des agents ». L’élue communiste ajoutait : « Ce coût, si vous pouvez l’absorber cette année, c’est grâce à la saine gestion financière de l’ancienne majorité dont vous faisiez partie. Et demain, les baisses répétées des dotations aux collectivités et les cures d’austérité auxquelles nous avons dû faire face vous obligeront à faire des choix. Un budget ne se prévoit pas d’une année à l’autre, mais sur un, voire plusieurs mandats. »
Le maire défend « un investissement pour la santé »
« Évidemment, la gestion financière, technique, et organisationnelle doit être regardée avec sérieux, a répondu le maire, Idir Boumertit. Elle le sera. Nous le faisons en tenant compte du cadre légal, des conventions avec la CAF du Rhône et des capacités de notre collectivité. Mais se réfugier derrière la gestion pour ne pas transformer la réalité, pour ne plus répondre aux besoins, c’est déjà accepter une forme de renoncement. (…) Une alimentation équilibrée et saine, comme celle produite par notre cuisine centrale, doit constituer un socle proposé aux familles vénissiane et chacun ici sait que pour un certain nombre d’enfants, le repas pris à la cantine est parfois le seul repas complet et équilibré de la journée. »
Et d’observer : « Nous ne pouvons pas regarder cette réalité comme une simple ligne budgétaire. Quant à l’objection qui consisterait à dire que la gratuité oublierait les classes moyennes, c’est une mauvaise lecture, car nous faisons aussi le choix de baisser de 30 % les tarifs pour toutes les familles qui ne sont pas concernées par la quasi-gratuité. (…) Oui, ces mesures ont un coût, mais elles sont d’abord un investissement pour la santé de nos enfants, pour leur réussite, pour le pouvoir d’achat des familles et pour la réduction des inégalités sociales. »






































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