Le jardin Jules-Guesde se convertit à la permaculture

C’est une mini-révolution que vient d’entreprendre le jardin partagé Jules-Guesde, créé il y a une dizaine d’années. Sur un terrain de 600 m2, mis à disposition par la Ville, une douzaine d’habitants-jardiniers ont décidé de mettre en application les principes de la permaculture, popularisée par la célèbre ferme du Bec Helloin dans le film “Demain”.

Bien plus qu’un ensemble de techniques de jardinage, la permaculture est un système conceptuel qui s’inspire du fonctionnement de la nature. Plutôt que de la contraindre, on l’accompagne en imitant ses modes de fonctionnement. La paille et les déchets organiques sont laissés à pourrir à même le sol afin de créer de l’humus, la terre est travaillée mais pas retournée afin de préserver la micro-faune qui fait la richesse d’un sol, les cultures sont associées pour se protéger mutuellement (comme la carotte et le poireau qui font chacun fuir la mouche de l’autre)…

Andrée Pomarès, la doyenne du jardin, est emballée. En cet après-midi de fin mars ensoleillé, elle présente les changements à venir : “Vous voyez le composteur au fond, il est en pleine lumière, c’est une erreur ; on va le repositionner à l’entrée, à l’ombre. Nous allons revoir l’organisation des parcelles en tenant compte de tous les éléments : insectes, animaux, ressource en eau, chaleur… C’est un chantier de longue haleine, qui va prendre plusieurs années.”

Les jardiniers de Jules-Guesde, convertis au biomimétisme, s’interrogent aussi sur le futur agencement du jardin : en forme de soleil, de feuille avec ses nervures, de spirale inspirée de l’escargot ?

“Les formes de la nature sont souvent les plus efficaces, souligne Sandrine Perrier, jardinière et adjointe au maire. Une organisation en soleil nous permettrait de circuler aisément pour accéder aux différentes parcelles. Mais ce n’est pas encore tranché. En permaculture, chaque jardin est particulier. Il faut observer et s’adapter.”

Sans jamais oublier la notion de plaisir. “Le but premier n’est pas la récolte, même si on se régale des légumes que nous partageons, précise Andrée Pomarès. On vient d’abord là pour s’aérer, passer un moment.” Quitte à poser les outils pour partager un café, prendre son temps, et regarder la terre en faire autant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *