Professeur Delaunay : “Il n’existe pas de prévention idéale”

Parasitologue et entomologiste médical au CHU de Nice, le professeur Pascal Delaunay rappelle que la punaise de lit cohabite avec l’homme depuis des milliers d’années.

Par quoi sont attirées les punaises de lit ?
Ce sont des insectes qui se nourrissent uniquement de sang, essentiellement humain. Elles sont attirées par le gaz carbonique, la chaleur et les odeurs que nous dégageons dans notre vie de tous les jours. Elles peuvent parcourir plusieurs dizaines de mètres pour se nourrir, à travers des conduits d’aération par exemple.

Où se logent-elles ?
Leurs lieux de reproduction, de ponte et de copulation sont les cordons de matelas, les structures de lit, les fentes du bois, les cadres de tableaux, les tringles à rideaux. Des endroits généralement difficiles d’accès. Les adultes comme les jeunes sont surtout actifs la nuit. Ils fuient toute lumière, artificielle ou naturelle. Après leurs repas, les punaises investissent de nouvelles cachettes : ourlets de pyjama, bagages, linge au pied des lits, commodes… Et c’est ainsi qu’elles se propagent avec l’aide de l’homme.

Quels sont les lieux les plus propices à la prolifération des punaises de lit ?
Plus le nombre de personnes hébergées est important, plus le risque d’introduction de punaises est grand. Hôtels, trains de nuits, maisons de retraite, auberges de jeunesse, foyers d’hébergements, prisons… sont des lieux à fort risque de contamination. Un niveau social élevé n’est pas un gage de non-contamination. Les spécialistes et les sociétés de désinsectisation ont tous en mémoire des sites contaminés allant du plus luxueux au plus dégradé.

Comment être certain que l’on est infesté par des punaises de lit ?
Tant qu’on n’a pas de piqûre, c’est qu’on n’a pas de punaise de lit. Si l’on a été piqué la nuit, il faut consulter un médecin. Il n’existe pas de test biologique commercialisé pouvant orienter vers un diagnostic de piqûres dues à des punaises de lit. C’est donc l’interrogatoire rigoureux du patient qui permettra d’évoquer cet insecte. Si c’est le cas, il faut très vite évaluer la situation et agir vite. Plus la punaise pique, plus elle se multiplie.

Existe-t-il un risque d’infection ?
Sur le terrain, la punaise de lit n’a jamais démontré de capacité à transmettre des agents infectieux, même si elle a souvent été soupçonnée de transporter des maladies. Il n’a jamais été démontré non plus qu’elle pouvait être un vecteur de bactéries, de parasites, de champignons ou de virus. Mais par sa surface extérieure, elle peut théoriquement transporter des agents microbiens, comme des staphylocoques dorés.

Quid de la prévention ?
Il n’existe pas de prévention idéale. Ne jamais être infesté par des punaises de lits est dorénavant mission impossible pour toute structure hébergeant fréquemment des personnes. Hôteliers et clients doivent le savoir. En revanche, une hygiène quotidienne et une bonne connaissance de l’insecte minimisent les risques d’infestations, ce qui accélère la découverte, et donc la désinsectisation.

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