Rentrée politique : Michèle Picard appelle à « faire bloc »

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« C’est dans un climat très tendu que cette rentrée s’annonce. Par la mise en péril des fondations mêmes de notre République et du vivre ensemble, mais aussi par un contexte social que le gouvernement de Manuel Valls n’a cessé d’aggraver, aussi bien sur la forme que sur le fond. »

Pour sa rentrée politique, ce 8 septembre, au Club de la presse de Lyon, le maire de Vénissieux a développé deux grandes thématiques nationales, avant de commenter l’actualité locale.

Revenant d’abord sur les « massacres aveugles, abjects, contre des innocents », qui ont encore frappé la France cet été à Nice puis à Saint-Étienne-du-Rouvray, Michèle Picard a dénoncé  « la stratégie de la peur et de la terreur de l’islam radical [qui] vise avant tout la France et les valeurs qu’elle incarne ». Et d’ajouter, s’agissant de la polémique sur le burkini qui a fait rage au cœur du mois d’août : « C’est aussi l’asservissement de la femme, la négation de son identité, de son corps, de sa liberté, de son autonomie qui est en jeu. » Même si elle précise qu’elle n’aurait sans doute pas pris le même type d’arrêté que les maires du Sud de la France : « Je pense que le burkini touche d’abord à l’égalité hommes-femmes. Je suis attachée aux libertés individuelles, mais on ne peut pas oublier l’histoire de notre pays, le pays de Condorcet, du Siècle des lumières. Un Français doit se positionner comme citoyen, et non comme fidèle d’une religion. Et puis je n’oublie pas que des femmes musulmanes se battent dans le monde pour leur émancipation, on doit se battre aussi pour elles. »

Pour le maire de Vénissieux, le mot d’ordre est clair : « Il faut faire bloc, c’est la seule réponse possible. […] Faire bloc aussi contre les amalgames et les raccourcis car ce serait entrer dans le jeu de tous les ennemis de la démocratie, de tous les extrêmes. » Et d’observer à ce propos : « Les Français ont su faire preuve jusqu’à présent d’une grande intelligence, une dignité et une solidarité dans le deuil et l’émotion qui donnent une image forte, puissante, de notre peuple. »

« Contresens historique »

Michèle Picard voit dans la situation sociale dégradée, et dans les décisions du gouvernement, l’autre grand danger qui menace le pays. Elle qualifie la loi Travail de « contresens historique », de « faute grave, car François Hollande n’a pas été élu pour mettre en œuvre un programme en tout point libéral ». Condamnation sans appel également du pacte de responsabilité, qui a « sabordé les politiques de proximité des collectivités locales » en leur infligeant une cure d’austérité. « Le résultat, au nom de la rentabilité, est désastreux : deux communes sur trois risquent d’être dans le mur dès 2017 ! Pour les habitants, c’est une piscine qui reste fermée l’été, un festival annulé, des rénovations d’équipement reportées, des prestations a minima. […] À Vénissieux, nous n’échappons pas à la règle, mais la solidité de notre budget, malgré la perte de 6 à 7 millions d’euros, nous permet de continuer à avancer, de garder le cap. »

« Le Puisoz est déjà une formidable locomotive »

L’ouverture récente du groupe scolaire Flora-Tristan, le 21e de la commune, pour un investissement de 14 millions d’euros, symbolise parfaitement à ses yeux ce « choix de défendre les services publics de proximité ».

Michèle Picard se félicite par ailleurs du lancement, cet été, du chantier d’aménagement du Puisoz, qui se traduira notamment par l’ouverture, en 2019, des magasins Ikea et Leroy Merlin. « Les premiers travaux de voirie, d’accessibilité, ainsi que les fondations des deux grandes enseignes seront lancés dans l’année. Le Puisoz est déjà une formidable locomotive pour notre territoire, en termes d’activités économiques, d’opportunités d’emplois et de valorisation de Vénissieux au cœur de l’agglomération lyonnaise. »

S’il souligne à ce sujet la qualité du travail partenarial mené avec les techniciens de la Métropole, le maire est beaucoup plus critique en revanche vis-à-vis de son président. La question qui fâche est celle de la construction de logements sociaux, en particulier dans les quartiers prioritaires comme les Minguettes. Gérard Collomb a en effet déclaré qu’il ne fallait « pas en produire plus de 50 % car à terme cela risquerait de renforcer les tendances à la ghettoïsation ».

« Ce que ne dit pas le président, réplique Michèle Picard, c’est que l’on nous annonce un maximum de 100 logements sociaux par an sur une prévision de 400, soit 25 %, voire moins dans la mesure où la barre des 400 logements sera dépassée. Moins de 25 % ? Gérard Collomb mesure-t-il réellement l’urgence sociale du moment ou entend-il laisser faire les promoteurs privés ? »

Interrogée enfin sur ses intentions pour les législatives de 2017, Michèle Picard n’a toujours pas dévoilé si elle sera ou non candidate dans la 14e circonscription du Rhône, renvoyant à la conférence de presse que tiendra la fédération départementale du PCF le 14 septembre prochain.

 

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