A la résidence Louis-Aulagne, le trophée qui en fait trop

RŽsidence Aulagne 10 mai 2016

L’amicale des locataires de la résidence Louis Aulagne est agacée. En cause, le « trophée du développement durable » décerné le 25 avril par le Progrès à Lyon Métropole Habitat (LMH, ex-Opac du Rhône) pour les travaux de réhabilitations effectués sur les bâtiments depuis 2013. La distinction récompense notamment « la pédagogie » dont aurait fait preuve le bailleur pour expliquer aux locataires comment faire des économies d’énergie… « Les économies, c’est surtout sur la qualité des travaux qu’elles ont été faites, et sur notre dos, s’insurge Robert Gibert, président de la CNL d’Aulagne. Et qu’est-ce que c’est que cette récompense pour une réhabilitation qui n’est toujours pas terminée ?  Aux numéros 8, 10 et 12, les travaux ne sont pas finis dans une douzaine d’appartements. »

Finitions… pas finies
Très remonté, il dresse une liste impressionnante de malfaçons : rambardes de balcon qui rouillent déjà, volets impossibles à fermer au rez-de-chaussée, papier peint qui se décolle, carreaux de faïence cassés, couche de peinture si mince qu’elle laisse apparaître la couleur en dessous, absence de joints au sol autour des WC, trous non rebouchés… Adjoint au maire, Jean-Maurice Gautin, habite dans cette résidence. Resté cinq mois sans interphone, il s’efforce de prendre la chose avec philosophie (« il fallait que je sorte de mon appartement pour aller ouvrir à mes visiteurs. Heureusement que j’habite à l’entresol et qu’un peu d’exercice ne me fait pas de mal… ») mais cache mal un certain agacement lorsqu’il montre, à côté de son balcon, les chenaux non raccordés qui laissent s’écouler l’eau de pluie sur la façade fraîchement repeinte…

Ascenseur virtuel
Le nouveau réseau de chauffage collectif (non raccordé au réseau de la ville) est aussi dans le collimateur. D’après la CNL, selon que l’on se trouve en début ou en fin de circuit, il faut laisser couler plus ou moins longtemps pour avoir de l’eau chaude alors que la direction de l’agence aurait garanti celle-ci en instantané à chaque robinet. « J’ai calculé, dans ma salle de bain, je peux remplir le lavabo avant que l’eau ne devienne chaude, peste Robert Gibert. A 8,50 euro le m3, ça va se sentir sur la quittance ! » Enfin, la catégorie des absurdités administratives semble, elle aussi, bien fournie, entre des charges sur les espaces verts qui varieraient sans raison de 7 à 22 euros selon les logements, et des factures d’ascenseur alors que la résidence en est dépourvue…

La fête des voisins aura lieu le 27 mai, à Louis-Aulagne. L’amicale des locataires invite son bailleur LMH a venir y exposer son trophée. Sans doute pour lui signifier que la coupe est pleine.

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