Hélène Leone : juste un grand cœur

Capture

Quand elle s’embarque dans un projet, Hélène Leone s’engage à fond. Et des projets, ce n’est pas ce qui manque ! Aussi, lorsqu’on la rencontre, Hélène veut tout vous dire à la fois, les projets en cours, ceux qui redémarrent, ceux qu’elle a en tête… Comme si elle n’avait pas assez de temps devant elle pour vous parler de tout. Et de temps, il semble qu’on en manque toujours avec Hélène, tant les sujets de discussions abondent.

Ses collègues du collège Honoré-de-Balzac, à Vénissieux, en savent forcément quelque chose. C’est elle, enseignante de musique, qui a entraîné ses jeunes élèves à former le groupe BoliBalzac, à rencontrer des musiciens boliviens, dont les très connus Awatiñas ou Ernesto Cavour, à se familiariser avec la culture aymara, à se lancer dans la solidarité avec les enfants boliviens en œuvrant pour la déparasitation… Autant d’actions qui ont permis au collège Balzac d’obtenir, depuis 2007, le label Unesco. C’est d’ailleurs pour célébrer les 70 ans de l’Unesco que les Awatiñas, sous la houlette d’Hélène Leone, se produiront au Théâtre de Vénissieux le 9 juin 2016.

Presque pour se faire pardonner ses enthousiasmes et son hyperactivité culturelle, Hélène lâche : « Ma vie est pluridisciplinaire, pluri-artistique. Mon père vient d’une famille d’émigrés italiens où tout le monde est artiste. Lui-même est clarinettiste non professionnel et, à 84 ans, il joue toujours. J’ai un oncle peintre, un autre chanteur ténor, une tante couturière qui chantait « La Traviata ». Et un autre oncle, le frère de mon père, qui était Bugs Bunny ! »

Devant le silence qui suit, elle enchaîne en souriant : « Mon oncle, Guy Piérauld, qui est mort en juin dernier, était le comédien qui donnait sa voix au personnage de dessins animés. Je l’ai fait intervenir dans les classes, à La Duchère et à Balzac, où un élève lui a dit : « Serrez-moi la main, monsieur, je ne la laverai plus jamais ! » 

« Ma famille italienne a souffert des clichés, des stéréotypes qui les faisaient traiter de macaronis ou de « mangeurs de ricotta ». C’est d’ailleurs le titre d’un tableau de Vincenzo Campi que l’on peut voir au musée des Beaux-Arts de Lyon. Ma mère venait d’une famille bourgeoise. Autodidacte, mon grand-père a démarré son travail au premier échelon de la Banque de France… et l’a terminé au dernier. Dans ce cadre, il a connu Jacques Delors, qui était son poulain. Il disait de lui qu’il était brillant et qu’il irait loin ! Ma mère était jardinière d’enfants à l’école Montessori. En 68, en tant que bénévole, elle commence a donner des cours d’alphabétisation à une époque qui connaissait un racisme à couper au couteau ! Elle le fera toute sa vie. »

Hélène le reconnaît, elle doit beaucoup à ses parents qui lui donnent le goût de la Culture avec une majuscule. « Notre maison était un lieu de rencontre de gens venant du monde entier. » Jeune fille rêveuse, elle part en pension à Miribel et rencontre une prof de piano médaille d’or au Conservatoire. « Elle avait été l’élève de Dinu Lipatti, le plus grand pianiste. Elle m’a appris la poésie du son et que la musique pouvait être pour tout le monde. Elle m’a dit : « Vous serez prof de musique » alors que je voulais être coiffeuse ! »

Hélène suit ensuite des cours de musicothérapie à l’université Paris 8 à Saint-Denis, « une fac d’exception », qui l’ouvre à la musique contemporaine. Cette musique qui l’a accompagnée toute sa vie : Hélène a été soliste à la chorale de son collège, puis a chanté dans des chœurs, des madrigaux de Monteverdi au « Canto General » de Thedorakis. En 1983, elle est même inscrite, à Paris, au fameux Petit conservatoire de la chanson de Mireille. Elle ne veut pas faire de choix entre la variété et l’opéra et peut tout aussi bien chanter du Alice Dona que « La Bohème » avec son professeur de chant, lui-même de l’Opéra de Paris. De la même façon qu’elle ne désire pas choisir entre la musique et les arts plastiques puisque, pendant dix ans, elle a été enseignante attachée au musée d’art contemporain.

« J’ai toujours besoin de mettre en relation mes élèves avec des artistes, des œuvres et des événements culturels. »

Hélène Leone démarre sa carrière en 1985 et passe par de nombreux établissements. En 1997, au collège Les Noirettes de Vaulx-en-Velin, elle fait écrire sa classe de 3e sur la musique du « Déserteur », « un truc formidable » qui est enregistré par le GMVL, le Groupe Musiques Vivantes de Lyon. Marc Favre, un de ses cofondateurs, confie à l’un des élèves d’Hélène un texte pour l’album « Le bestiaire ». « Il avait confiance en lui. L’humain, c’est un trésor ! Je me sens utile, très militante. J’ai toujours besoin de mettre en relation mes élèves avec des artistes, des œuvres et des événements culturels. »

Pour travailler avec ses élèves sur la diversité culturelle et l’ouverture, Hélène désirait que le dessinateur Michel Bridenne intervienne dans ses classes. Publié depuis les années soixante-dix dans L’Écho des Savanes, Télérama, VSD et Le Point, ce dernier est un ami de l’enseignante « depuis plus de 30 ans, époque où il faisait une intervention avec le GMVL, au festival humoristique à La Clusaz où étaient également présents Serre, Wolinski… »

Elle sait bien que le dessin humoristique est, plus que jamais, primordial. « Le 8 janvier, le lendemain de la tuerie de Charlie-Hebdo, j’ai fait écouter le « Chœur des esclaves » de Verdi à ma classe de 3e, recueillie. Puis, je leur ai fait écrire anonymement leur définition de la liberté et ce qui dysfonctionne pour qu’on en arrive à des situations pareilles. Cela a été magnifique. À présent, on recommence à parler de dessins humoristiques et j’ai même lancé un concours d’après « They Don’t Care About Us », la chanson de Michael Jackson. »

Une autre chanson de Jackson, « Heal the World » (« Soigne le monde ») aide l’enseignante à aborder les problématiques de l’Unesco (les citoyens de la Terre) et à parler aux élèves de l’exposition « Le cimetière des éléments », série de dessins humoristiques sur la pollution, signés par 15 dessinateurs : Tignous, Margerin, Dubouillon, Solé, Bridenne, Raskal, Keravis et quelques autres.

« Le concours est une façon de montrer comment dire les choses par un dessin drôle. Par ce biais, je souhaite désangoisser un peu mes élèves qui vivent dans un monde anxiogène, tout en faisant émerger leurs réflexions, jusqu’à l’implication en tant que citoyens acteurs. Leurs créations seront vues d’abord par un jury puis je les emmènerai à Bridenne, à Paris. Mais je voudrais aussi pouvoir montrer à Vénissieux « Le cimetière des éléments » et une autre expo, « Vite », sur le temps qui passe avec, entre autres, des dessins de Bridenne, Coco, Dubouillon, Keravis, Margerin, Raskal, Solé et Tignous. Les dessins des élèves seront exposés au collège Balzac. »

Le réSEAU Unesco, auquel appartient Balzac, s’est emparé du projet « Dites-le en dessinant » et veut à présent le proposer aux autres écoles. « Quant aux deux expos, conclut Hélène, je cherche une salle qui puisse les accueillir à Vénissieux. Tout ceci permet de construire la connaissance, pour développer le beau en chacun et le relier à du beau fait par des professionnels. Nous, nous transmettons, nous sommes des passeurs. Souvent, j’apprends en même temps que les élèves. Je pratique le partage à la façon aymara et j’ai fait mienne la morale d’Épictète : agir sur ce qui dépend de nous. » 

Hélène Leone pourrait également faire sien un dicton aymara qui affirme que dans la vie, il n’est besoin ni de politique ni de religion mais « juste d’un grand cœur ».

3 pensées sur “Hélène Leone : juste un grand cœur

  • 10 juin 2016 à 13 h 27 min
    Permalink

    La meilleure profs de musique jamais connue vous êtes parfaite

  • 29 mars 2016 à 2 h 44 min
    Permalink

    Jetai une éleve en difficultés et pas investi sauf en Music Art plastic et Français !

  • 29 mars 2016 à 2 h 31 min
    Permalink

    Mme Léone cette prof elle avait un truc elle lisait a travers ses éleves moi en tous cas ! des souvenir les Awatinas sortie de skis en journee avec mon prof dEps MR Gouthier et je m’etait blessé et le soir il avait un concert avc le club chanson ds la grande salle a droite a l’entrée du collège ,j’étais blesses javai mal au nez mais jamais j’aurai rater se spectacle je voulais passer mon Pancho jouer de la flûte a pan et taper sur ce gros tambours …ma soeur chantait avec Mme Haranger on revisait le soir ma soeur chantait loi de la flute lalbiance a la maison etait bien et avc les voisine les jumelle Roumaissa et Kahina ds les cage d’escaliers les flutes maped vert pomme on était contente de pas avoir les même que mes grande soeur beige ou noir pas très belle lol !sa résonnait ( si si la sol mi sol sol mi si ×2 en canon les notes de début dun musique et surtout jai connu Keith Harring ke jai découvert en 3 ème en parralele dun autre projet acoustique sa ma bien aider CT le sujet de mon BEP …enfin bref génial comme prof !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *