Les Bienveillantes d’ASP

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Donner pour donner, sans demander aucune contrepartie. C’est la règle d’or que se sont fixée cinq Vénissianes, Sonia, Assia, Ouarda, Hanane et Karima. Aussi motivées que complémentaires, elles aiment dire que la diversité de leurs parcours fait leur force.

Sonia a habité Longjumeau, dans l’Essonne, pendant presque vingt ans. Après des études supérieures, elle poursuit son cursus à l’université d’Humberside, en Angleterre. Responsable des ressources humaines, elle travaille alors pour une entreprise américaine s’implantant en Europe, d’abord en Allemagne, puis en Belgique, en Hollande et au Portugal. La rencontre avec son mari la conduit à Lyon : elle change de job, reprend des études et devient professeur dans le supérieur. “Nous avons décidé de nous installer à Vénissieux il y a sept ans. Je ne vous cache pas que j’avais des préjugés sur cette ville. Ils ont été rapidement balayés par des rencontres formidables.”

À cette époque, sa fille tombe malade : elle est hospitalisée au Centre Léon-Bérard. C’est alors qu’Hanane, “ex-Lyonnaise”, titulaire d’une maîtrise de littérature anglaise et assistante maternelle, entre dans la vie de Sonia : “Je cherchais une nourrice qui accepterait de garder une enfant malade. Hanane a été là.”

Assia, elle, arrive à Vénissieux il y a une dizaine d’années. Après avoir travaillé dans l’optique, elle se forme pour être assistante maternelle. Enfin, il y a six ans, c’est au tour de Ouarda de s’installer ici. Elle est titulaire d’un diplôme universitaire en Sciences du langage mais… elle a toujours voulu travailler dans le social. “Mes enfants ont grandi. J’ai passé un concours et je suis en dernière année d’étude”. Tout comme Hanane, qui s’apprête à reprendre des études pour devenir enseignante.

Et puis, il y a Karima, “Vénissiane pure souche” comme elle aime à le préciser. Des études primaires au groupe scolaire Louis-Pergaud, puis le collège Paul-Éluard et le lycée Récamier, à Lyon. Bac en poche, elle entre à la fac, décroche un Deug de sociologie et d’anthropologie mais bifurque vers le concours d’infirmières. Aujourd’hui, elle exerce en libéral. Devinez où ? À Vénissieux évidemment. “Je suis fidèle à ma ville. Je l’aime. Elle est vivante, très solidaire.”

Aider les autres, c’est leur leitmotiv. Leur action a débuté il y a quelques années : une fois par trimestre, elles organisent des distributions de repas chauds et de vêtements aux SDF, dans une rue derrière la Part-Dieu. Elles montent un vrai showroom en plein air avec portiques et cintres pour que les plus démunis aient le choix. “On préparait des sacs pour les enfants : composé d’un bas, d’un haut, de chaussettes et de chaussures, raconte Ouarda. On collectait les vêtements dans nos garages, comme des bohémiennes ! On travaillait beaucoup à trier. Mais petit à petit, nous avons laissé faire les associations habituées aux maraudes.”

Autour d’elles, le flux de bénévoles augmente, jusqu’à représenter aujourd’hui une soixantaine de personnes. Créer une association devient alors nécessaire. Et c’est ainsi que le 28 décembre 2014 naît ASP : Aider son prochain. “ASP a deux volets, expliquent Ouarda et Sonia : le premier, c’est le pôle social avec accompagnement à l’hôpital et à domicile. On organise des sorties avec les enfant malades : comme à la vogue aux marrons de la Croix-Rousse où ils ont été invités par les forains, au cirque Médrano, au McDo de Vénissieux qui a récemment privatisé pour nous sa salle pendant deux heures, etc. Une fois par mois, on organise un goûter à l’IHOP, l’institut d’hématologie et d’oncologie pédiatrique.” ASP s’adresse aussi aux personnes isolées ou malades et a signé pour cela une convention avec trois foyers Adoma : Billon, Les Cèdres et Les Peupliers. “Tout a commencé quand nous avons appris le suicide d’une personne âgée dans un des foyers vénissians. On a saisi la période très forte du ramadan pour organiser des repas. Grâce à la salle de réception Jaïpur, à Corbas, qui possède une cuisine professionnelle, on a pu réaliser 500 repas par semaine que l’on portait aux résidants. On a trouvé des donateurs que nous remercions vivement.”

L’autre pôle d’ASP, c’est l’événementiel : “Cela nous aide à trouver des fonds en organisant des kermesses, des brocantes, des galas… Notre problème est de trouver où stocker le produit des collectes, et où organiser des réunions. Il nous manque un local.”

“L’association arrive en support dès qu’on a besoin de nous, poursuit Karima. On nous appelle et on répond. ASP vit de dons. On utilise beaucoup les réseaux sociaux. Quand il y a eu les inondations au Maroc, l’association Cœur de Maroc nous avait contactés : on a envoyé 1,5 tonne de couvertures. On est en lien avec d’autres associations comme Orchidée (qui s’occupe d’enfants en phase terminale de leur maladie) ou encore Ouhlala ! une association sportive de Rillieux, qui a organisé un tournoi de foot au profit d’ASP.”

Jusqu’où vont-elles aller ? Ces cinq femmes ont des idées plein la tête : “On aimerait bien lancer une action que l’on intitulerait “Femme d’ici et d’ailleurs ». Une fois par trimestre, on organiserait des réunions sur tous les thèmes de la vie courante.”

ASP : boîte aux lettres au centre associatif Boris-Vian (13, avenue Marcel-Paul).
Contact : 07 62 93 45 66

Facebook : ASP Aider son prochain

mèl : aidersonprochain69@gmail.com

Sonia, Assia, Ouarda, Hanane et Karima remercient tous ceux qui leur font confiance et qui répondent présents. Des commerçants : la boulangerie Pittié-Dallery, la Pause gourmande, Ginn’s, Oasis, Snack La Darnaise, Mac Food, Boulangerie Ben Mabrouk, le Hamman Le Dahlia (etc.) mais aussi la Ville de Vénissieux, des associations comme Ouhlala ou Le Nid du Charréard. Sans oublier l’association des parents d’élèves du Charréard, qui a mené une opération “Pièces cuivrées” pour Haroune…

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