Le très haut débit, à petits pas

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À Vénissieux, le très haut débit pour tous serait-il de nouveau repoussé aux calendes grecques ? Alors qu’en 2011 la Ville avait cédé sa compétence en la matière au Grand Lyon, la Métropole a décidé le 21 septembre qu’elle abandonnait cette mission. Elle prendra désormais uniquement en charge les acteurs économiques et les équipements publics. Via une délégation de service public, c’est un opérateur privé, Covage, qui leur apportera la fibre optique. Les opérateurs historiques grand public se partageront quant à eux le marché des particuliers… Et imposeront leur calendrier.

Orange a publié le 24 octobre une liste de 27 communes situées sur le territoire de la Métropole, dans lesquelles l’opérateur annonce l’installation de la fibre optique au plus tard pour fin 2016. Mais Vénissieux n’y figure pas. Contacté par nos soins, Orange précise que Vénissieux fait partie d’un groupe de treize villes, dans lesquelles le déploiement aurait déjà débuté. Ce qui explique son absence de la liste des 27. Toutefois, aucune indication sur l’avancement du déploiement ne nous a été donnée. Orange pourrait s’exprimer à partir du 8 décembre, date à laquelle une réunion avec les élus vénissians est programmée.

En attendant, on pourra se rabattre sur la déclaration, en janvier 2012, du directeur régional d’Orange, Denis Roussilat. « Concernant Vénissieux, notre ambition est de couvrir 100 % du territoire d’ici à cinq ans, expliquait-il à l’époque. Le chantier a démarré en 2011, tout devrait donc être terminé en 2016. Et cet objectif est valable pour les particuliers comme pour les entreprises. Notre plan de développement débute par le nord de la ville, c’est-à-dire le quartier du Moulin-à-Vent. »

Aujourd’hui, selon l’Observatoire France très haut débit*, site gouvernemental, 59,4 % des logements et locaux professionnels vénissians auraient accès au très haut débit (supérieur à 30 Mbits/s). Et en effet, le quartier du Moulin-à-Vent semble bien équipé. Mais ces chiffres, communiqués par les opérateurs eux-mêmes, correspondent aux valeurs maximales que peuvent accepter les réseaux. Elles restent donc théoriques. Voire plutôt optimistes…

Pourquoi ce retard ? Dans la troisième ville du Rhône, la demande est pourtant forte parmi les 62 000 habitants. Depuis plusieurs années, la question est systématiquement posée par les riverains dans les conseils de quartier. Car si les zones blanches se font rares, les débits proposés par les réseaux téléphoniques classiques s’avèrent souvent insuffisants. Or, le très haut débit devient nécessaire dans un nombre croissant d’applications.

La télévision numérique tend ainsi à devenir un standard, tout en multipliant les supports de diffusion : poste classique, tablette, téléphone ou ordinateur. Si elle est utilisée simultanément sur plusieurs supports dans un même foyer, le débit nécessaire s’en trouve multiplié d’autant. On pourra aussi évoquer les applications de visiophonie, désormais intégrée à la plupart des smartphones, telles que Facetime® ou Skype®. Et si la visioconférence est devenue monnaie courante dans la formation en ligne ou les réunions de travail, elle fait aussi son apparition dans le domaine médical, autorisant par exemple des consultations en ligne.

De nombreux usagers l’auront aussi remarqué : les administrations utilisent de plus en plus internet. Elles donnent la possibilité aux particuliers et aux entreprises de réaliser des formalités en ligne, en permettant l’envoi et la réception de fichiers volumineux (photos, formulaires, etc.). Parallèlement, le stockage en ligne dans des « coffres-forts numériques » se démocratise. On s’habitue donc à sauvegarder et à partager, entre autres, des milliers de photos et de vidéos en un clic. Enfin, pour clore cet inventaire non exhaustif des applications gourmandes en débit, on pourra évoquer la vente par correspondance (vidéos explicatives ou publicitaires), la vidéosurveillance, l’envoi de fichiers par e-mail, les alertes « push » des sites d’information, la téléphonie par internet (téléphone branché sur la « box »)… Entre autres.

La balle est donc dans le camp des opérateurs. Rendez-vous en décembre.

* observatoire.francethd.fr

Une pensée sur “Le très haut débit, à petits pas

  • 29 janvier 2016 à 9 h 07 min
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    Nous sommes en janvier 2016, alors elle est ou la balle ?
    Ce qui est triste au Vénissieux centre, est de constater que des abonnées raccordés à un NRAHD (moins de 1000m) depuis 10 ans se font déconnectés par Orange (hop au central à 2800 m…), sans aucune explication. Alors la fibre cela reste de la science-fiction pour tout une partie des habitations individuelles (la densité …) . Alors que le cuivre est présent et peut fournir un bon niveau de débits pour la TV et autres applications.

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