Les régimes finissent mal… en général

Depuis quelques mois déjà, les magazines font leur couverture sur les derniers régimes à la mode pour perdre ces quelques kilos superflus que vous avez stockés. La presse féminine en particulier en use et en abuse. Une véritable injonction à être mince pour être belle, qui touche les jeunes gens et surtout les filles de plus en plus tôt.

Pour mesurer l’ampleur du phénomène, nous sommes simplement allés à la sortie du lycée polyvalent Jacques-Brel, avec deux magazines féminins sous le bras. Pas difficile de lier la conversation. Les régimes font parler autant qu’ils font vendre du papier. Même celles qui n’ont pas un kilo à perdre en discutent avec passion.

Sonia a 16 ans et son “rêve” (sic) est de perdre trois kilos. “Uniquement au niveau des cuisses, précise-t-elle. La mode c’est d’avoir des cuisses hyperfines. Et moi je les trouve beaucoup trop grosses. Sinon le reste ça va.” Pour atteindre son objectif, elle mange uniquement des fruits depuis une semaine. En un mois, pense-t-elle, le tour devrait être joué : “Mes cuisses seront juste comme il faut”. Sa copine, à ses côtés, n’y croit pas. Et se montre beaucoup plus critique : “Sonia n’a rien à perdre mais les filles qu’elle voit dans les magazines et sur internet la font rêver. C’est vrai qu’elles sont super belles et très minces. Mais la plupart du temps ce sont des retouches photo par ordinateur, ce n’est pas la réalité”. Un garçon intervient en souriant. “Les filles croient toutes que nous aimons les squelettes ! Ce n’est pas vrai !”

Sarah souhaite faire part à son tour de son expérience. À 19 ans, elle a déjà suivi plusieurs régimes pour perdre un ou deux kilos. “Une fois je suis arrivée à en perdre cinq. C’était grisant ! Mes parents m’ont envoyé voir le médecin, ils croyaient que je devenais anorexique. Le médecin a été clair. Il m’a parlé des dangers de ces régimes. Si je continuais ainsi, j’allais tout reprendre. Donc il m’a donné des conseils : manger sainement, ne pas grignoter entre les repas, limiter la consommation de sodas et faire du sport. Cette année, je ne suis pas tombée dans le piège. Mais j’avoue que c’est difficile : on ne nous montre que des filles parfaites, on a envie de s’identifier, de leur ressembler. Quand on se renseigne on s’aperçoit que c’est complètement idiot mais on est toujours tenté. Il y a une telle pression sur la question de la minceur.”

Faut-il rappeler que tous les diététiciens sérieux, sans exception, déconseillent fortement d’entreprendre ces régimes alimentaires. « Notre corps est un mécanisme complexe avec des régulateurs multiples, souligne un médecin vénissian. Le fait de maigrir transforme le corps et entraîne des modifications hormonales et cérébrales, ce qui explique pourquoi il est si difficile de ne pas reprendre du poids après une période de privation. Les régimes aboutissent à une évolution pondérale en yo-yo.” La reprise de poids est même souvent supérieure au poids initial et augmente avec le temps si l’on recommence.

Sans compter les dangers pour la santé. Cette mise en garde vaut particulièrement pour les adolescents qui grandissent encore et ont besoin de la bonne quantité de nutriments. L’élimination de groupes alimentaires entiers ou la consommation de trop peu de calories tandis qu’ils sont en pleine croissance peut avoir de graves conséquences. Répétons-le : les régimes miracle n’existent pas. Un programme sérieux de réduction pondérale ne peut être axé que sur un changement des habitudes de vie, doit s’inscrire sur le long terme et inclure une alimentation équilibrée, un comportement alimentaire adéquat et davantage d’activité physique.

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