Delatour : pour la CGT, les employés font les frais d’une stratégie opaque

rassemblement CGT Delatour-03

 

Une dizaine de salariés s’est rassemblée devant l’entreprise Delatour ce matin à l’appel de la CGT. “Beaucoup partagent nos revendications en privé mais ils n’osent pas s’afficher à nos côtés”, regrettent Valérie Talbi et Catherine Ségura, les deux déléguées du syndicat.

À Vénissieux, où Delatour possède son siège, ses ateliers de fabrication, son centre de stockage et un magasin de vente aux particuliers, 33 licenciements sont prévus. Dans l’ensemble du groupe, 142 emplois vont disparaître et 20 magasins sont promis à la fermeture. Des décisions que la direction justifie par la baisse de la consommation des ménages en matière de bijouterie-horlogerie, depuis le début de la crise économique et financière.

Un argument qui ne tient pas selon la CGT. “Depuis 2007, le secteur a baissé d’environ 6 %, souligne Guillaume Dumoulin, de l’Union locale CGT. Alors que le chiffre d’affaires de Delatour a chuté de 40 % sur les années 2011 et 2012. C’est bien la preuve que le problème est ailleurs.”

Ailleurs ? Pour le syndicat, Il faut regarder en direction de l’organisation très complexe du groupe. “Nous ne sommes pas en mesure de l’affirmer avec certitude, poursuit Guillaume Dumoulin, mais nous disposons de nombreux éléments qui nous laissent à penser que les magasins sont mis dans le rouge pour faire remonter l’argent vers de très nombreuses autres sociétés. Lesquelles sont placées légalement hors du groupe mais appartiennent aux mêmes propriétaires.”

Officiellement, le groupe Delatour est composé de 48 sociétés et deux SCI (Sociétés civiles immobilières). Sauf que le rapport rendu par le cabinet (choisi par la direction) pour faire un état des lieux, en a dénombré 74. Pire : selon l’expert mandaté par la CGT, Delatour, en tout cas ses propriétaires, contrôlent pas moins de 133 sociétés, dont une cinquantaine de SCI.

“Les emplois et les salaires ne sont pas responsables de la situation que nous vivons, dénoncent Valérie Talbi et Catherine Ségura. En fermant des magasins et en licenciant du personnel, on se tire une balle dans le pied. Ce n’est pas comme ça que l’on fera remonter le chiffre d’affaires. On voudrait organiser la mort de Delatour qu’on ne s’y prendrait pas autrement.”

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