Le centre associatif Boris-Vian en difficulté financière

Avec un déficit de 29 000 euros en 2013, le centre associatif Boris-Vian traverse une crise. Il a réuni tous ses adhérents pour trouver des solutions, dans un grand moment de démocratie participative.

Depuis quelque temps, le centre associatif Boris-Vian communique aux adhérents et à la Ville qui le finance des nouvelles alarmantes : « Depuis 2011, nous cumulons les déficits », indique Corine Romeu, la directrice. Le 5 juin, à la Maison des associations, le CABV a donc réuni une cellule de crise pour chercher des solutions.

Le trou s’est creusé en 2012, avec un déficit de 72 000 euros. Parmi les explications, on trouve celle-ci : comme le centre disposait de quelques fonds propres, la Ville avait baissé sa subvention, l’année précédente. En 2013, il a été ramené à 28 944 euros. « Nous avons fait toutes les économies que nous pouvions sur les charges courantes. Nous n’obtenions plus les subventions prévues, au-delà de la Ville qui, elle, a même augmenté sa participation. Les financements de la Politique de la Ville, de 2008 à maintenant, ont plutôt baissé. Il en va de même avec ceux de la Région et du Département. Au début, nous avions beaucoup d’emplois aidés, qui nous permettaient d’expérimenter des choses. Mais on ne peut pas fonctionner qu’avec des postes d’insertion. Et les emplois aidés sont aujourd’hui arrêtés. »

À cela s’ajoute une augmentation du personnel. Fin 2009, Boris-Vian déménage de ses locaux vétustes de la rue Gaspard-Picard à la toute nouvelle et resplendissante Maison des associations. « On est passé de cinq à sept personnes, pas toutes à temps plein. Ce qui fait qu’on a créé 1,6 temps plein. »

À quoi il faut ajouter ce qu’on nomme ici « le litige ». La charte de laïcité du CABV, formulée en 2009, exclut du centre les associations à caractère politique et religieux. À ce motif, le CA avait décidé de ne pas renouveler l’adhésion d’une association considérée comme politique. Le tribunal d’instance de Villeurbanne a statué et condamné en appel le CABV. « Cela a coûté 12 000 euros en frais de justice », reprend Corine Romeu.

« Une très chouette solidarité »

Lors de la séance du 5 juin et de l’assemblée générale du 11 juin, plusieurs scénarios ont été échafaudés par les participants pour « affronter les tempêtes », dont la sortie des services gratuits et des cotisations très basses. Ainsi, une association de moins de 100 adhérents paie 25 euros par an, ce qui lui donne la gratuité pour l’utilisation d’une boîte à lettres, des salles de réunion et des services proposés par le CABV, dont les formations.

« En mettant un prix à chacun de ces services, le but était d’arriver à la somme de 10 000 euros. Nous avons fonctionné par groupes qui ont réfléchi sur ces questions, d’abord formés en fonction de leurs intérêts communs, puis mélangés. C’était une vraie démarche de démocratie participative. Un moment très fort ! La sonnette d’alarme a été actionnée et cela a créé une très chouette solidarité. Plusieurs propositions ont été faites, qui vont être mises aux voix à la prochaine assemblée générale, le 8 octobre, afin que les nouveaux tarifs soient applicables en janvier 2015. »

La directrice insiste : il ne s’agit pas d’opérer un changement radical, et Boris-Vian reste la Maison des associations. « Nous n’avons pour l’instant pas d’alerte du commissaire aux comptes mais il faut arriver à tenir. Nous avons pris rendez-vous avec la Ville le 11 juillet, pour voir comment équilibrer notre budget 2014. Nous devons également renouveler la convention qui nous lie, signée avant notre entrée dans la Maison des associations. Nous aimerions préciser certaines parties, à savoir quelles missions la Ville peut nous confier et comment les mettre en place. Et comme Boris-Vian est devenu, fin 2013, un centre de formation professionnelle, nous allons pouvoir développer des prestations. »

Le nouveau bureau :
Lucio Campanile, président ; Gérard Médioni et Maeva Ah-Scha, vice-présidents ; Jean-Marie Sabatier, trésorier ; Manuel Miras, trésorier adjoint ; Betty Selbonne, secrétaire ; Antoine Esparoner et Sonia Benhamouda, secrétaires adjoints.

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