Le PS fait un vœu : que Lotfi Ben Khelifa devienne maire

La cérémonie des vœux de la section locale du PS, au lendemain de la rupture des négociations avec le PCF en vue des municipales, s’est transformée en lancement de campagne pour Lotfi Ben Khelifa.

Dès l’entrée du parking de la Maison des fêtes et des familles, le ton était donné : “LBK 2014”, pouvait-on lire sur les affiches. LBK, comme Lotfi Ben Khelifa, le secrétaire de la section locale du PS, qui défendra les couleurs de son parti (avec le soutien du PRG) lors des élections municipales de mars.
La traditionnelle cérémonie des vœux de la section, programmée vendredi 24 janvier, s’est de fait transformée en un véritable lancement de campagne, devant une salle bien garnie. Et avec des renforts de poids : à ses côtés, LBK bénéficiait de la présence de la sénatrice de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, du premier secrétaire de la fédération socialiste du Rhône, David Kimelfeld, du député de la 14e circonscription, Yves Blein, et du président du Sytral, Bernard Rivalta.
La veille, les négociations avec les communistes vénissians pour aboutir à la constitution d’une liste commune avaient définitivement achoppé. Une rupture que l’on sentait venir depuis quelque temps. Si le PCF met en avant le caractère inacceptable des prétentions socialistes (50 % des postes avec interdiction de critiquer le projet de Métropole de Lyon et l’action du gouvernement durant la campagne), le PS affirme pour sa part ne pas avoir été entendu. “Si nous avons décidé de construire une alternative à gauche, c’est parce que le Parti communiste ne s’est pas montré sensible à nos propositions, il n’a jamais entendu nos remarques, affirmait Lotfi Ben Khelifa. Notre candidature est le seul moyen de défendre des idées que nous sommes les seuls à promouvoir.” Et de préciser : “Nous ne proposons pas une alternance, un simple changement de casting pour jouer la même pièce ; nous proposons une alternative ambitieuse qui ressemble aux Vénissians dans leur diversité. C’est pourquoi notre liste sera composée aux trois quarts de membres de la société civile.”
Il y aurait donc moins d’une quinzaine de socialistes sur la liste conduite par LBK. En attendant, ce sont bien des “cadors” socialistes qui ont assuré le lancement de sa campagne. À commencer par David Kimelfeld, premier secrétaire de la fédération du Rhône, qui a “salué le courage politique et la détermination” de celui qui s’est d’abord assuré le contrôle de la section locale, avant d’imposer l’idée d’un possible affrontement avec les communistes, alliés depuis les années 70 à Vénissieux. Bernard Rivalta, le président du Sytral, a placé son intervention sous le signe de l’enjeu métropolitain : “La question est de savoir si l’on cherche à ignorer la Métropole par un repli frileux sur soi-même — allusion claire aux communistes qui sont très critiques vis-à-vis de cette nouvelle organisation territoriale imposée localement par Gérard Collomb et l’UDI Michel Mercier — ou si l’on cherche au contraire à en tirer le meilleur profit.” La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann a rappelé opportunément que l’on avait célébré il y a quelques semaines le 30e anniversaire de la Marche pour l’égalité, partie des Minguettes : “À ce titre, quelle belle image de voir qu’un enfant de Vénissieux, un enfant des quartiers, soit en situation d’occuper les plus hautes responsabilités de sa commune”, s’est-elle exclamée avec enthousiasme.
Azedine Haffar, représentant du PRG dans le Rhône, a complété ce panégyrique en déclarant que “Vénissieux méritait mieux” et que LBK était l’homme de la situation. Le député Yves Blein, dans la même veine, disait ne pas douter que le candidat socialiste “virera en tête au premier tour et accueillera ses partenaires de gauche dans la perspective du second tour.”

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