Reconstruction du CNI : le Département refuse de cracher au bassin

Prenant argument de la création de la Métropole de Lyon en 2015, le Conseil général ne veut pas s’acquitter de sa participation financière dans la reconstruction du CNI. “Une décision irrecevable”, dénoncent les conseillers généraux vénissians.
“C’est un motif de grosse fâcherie, on ne laissera pas passer ça.” Marie-Christine Burricand et Christian Falconnet, les deux conseillers généraux communistes de Vénissieux, sont en colère. Ils ne comprennent pas la décision du Département de ne pas s’acquitter de sa participation financière dans la reconstruction du centre nautique intercommunal (CNI), qui doit s’achever en 2015. Le manque à gagner serait de 2 millions d’euros sur un coût total de près de 21 millions d’euros, soit environ 1/10e de la somme !
Pour se dérober à ses obligations, le Département invoque la future Métropole de Lyon qui, au 1er janvier 2015, fusionnera la communauté urbaine et le Conseil général au sein d’une même entité sur le territoire du Grand Lyon. Et entraînera la création d’un nouveau département, plus petit, exclusivement rural, sur le reste du territoire. “Ainsi, le Conseil général, dans sa configuration actuelle, ne peut s’engager dès à présent sur les modalités et montants de subventions se rapportant à des opérations dont la réalisation se prolongera au-delà de 2014”, explique Vincent Roberti, directeur général des services, dans un courrier envoyé en novembre dernier à Andrée Loscos, présidente du syndicat intercommunal du centre nautique et adjointe au maire de Vénissieux.
“C’est un argument fallacieux, dénonce Marie-Christine Burricand. Les habitants de Vénissieux (mais aussi de Saint-Fons et Lyon, ndlr) paieront leurs impôts, notamment la taxe foncière, au Conseil général en 2013 et 2014. Les études et travaux pour la réalisation du CNI ont commencé dès 2011 et les 2/3 des travaux seront réalisés et payés d’ici à fin 2014.”

Appel à la mobilisation

Et Christian Falconnet d’ajouter : “Techniquement, juridiquement, rien ne justifie au regard des bouleversements institutionnels à venir une telle décision. Nous sommes d’autant plus choqués que la reconstruction du CNI n’est pas un choix mais une obligation du fait de l’incendie criminel subi. Cet équipement très populaire est plébiscité par la population (…). Si le Conseil général persistait dans sa décision, ce serait un mauvais coup contre la ville. Nous appelons les habitants et les clubs à ne pas laisser faire et à construire la mobilisation nécessaire pour faire céder cette droite qui ne respecte pas nos populations.”
Fin novembre, les deux élus communistes ont envoyé un courrier à Danièle Chuzeville, présidente du Conseil général, dans lequel ils la pressent “d’examiner à nouveau la demande de subvention”. Une lettre restée pour l’instant sans réponse.
Au-delà du CNI, les conseillers généraux vénissians s’interrogent sur la motivation profonde de cette reculade du Département : “S’agit-il de sacrifier dès aujourd’hui les communes situées sur la future Métropole au profit du futur nouveau Rhône, ce qui serait particulièrement inéquitable ? Y-a-t-il une volonté de se servir du passage à la Métropole pour faire baisser les dépenses publiques utiles aux populations avant 2015 ? Les communes vont-elles subir en 2015 une nouvelle baisse de leurs moyens ?”

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