Jean-Moulin/Henri-Wallon : l’habitat et l’environnement avant la sécurité

La salle du restaurant scolaire de l’école Jean-Moulin était archi-pleine, mardi 29 octobre, à l’occasion de l’assemblée générale du conseil de quartier présidé par Michèle Baïcchi. Sans doute la conséquence des violences urbaines qui avaient secoué le secteur 48 heures plus tôt — quinze voitures brûlées et quatre policiers blessés à la suite d’un accident de la circulation qui a dégénéré en affrontements.
Les habitants de La Pyramide et du Couloud étaient venus dire leur inquiétude et attendaient des précisions. Le sujet ne sera pourtant abordé qu’en fin de réunion, durant la dernière demi-heure. Car ce sont d’abord les questions d’habitat et d’environnement qui ont fait débat. Un classique dans ce quartier, où les tours Komarov (4,6,8) et leurs abords souffrent depuis de nombreuses années d’un manque patent d’investissement. Le bailleur, Alliade, représenté par son responsable territorial, Cédric Labrosse, a été mis sur la sellette. Défaillance des ascenseurs, parties communes mal entretenues, charges élevées… Les griefs des locataires ne sont pas nouveaux. Et même si le bailleur a consenti des efforts ces dernières années, ce n’est manifestement pas suffisant pour faire taire les critiques. L’état désastreux du parking, truffé de nids de poule, a également été pointé. Mais sur ce point Alliade n’est aucunement responsable. Pas plus que la Ville. Les aires de stationnement sont en effet la propriété du Grand Lyon… qui ne fait rien. “C’est un problème vieux de 20 ans, a rappelé Pierre-Alain Millet, adjoint à l’environnement, au cadre de vie et habitant du quartier. C’est le premier dossier auquel je me suis attelé en tant qu’élu, en 2008, mais nous ne sommes pas parvenus à faire bouger la communauté urbaine.”
Une communauté urbaine également épinglée concernant le tri des déchets ménagers. Un habitant se plaignait de ne plus avoir de bac réservé à la collecte depuis trois ans ! Il apprendra que le Grand Lyon enlève les bacs jaunes en deçà d’une certaine qualité de tri. “Cela génère trop de difficultés dans les centres de tri, soulignait Pierre-Alain Millet. Mais on ne peut pas se satisfaire de cette situation. Vous avez raison, tout le monde a le droit au bac jaune. On pourrait proposer à la communauté urbaine de mettre en place des silos aériens dédiés à la collecte, comme nous l’avons expérimenté avec succès dans le quartier Aulagne.”
Environnement encore, avec les nuisances liées au stationnement sauvage, le vendredi, jour de grande prière, à proximité de la petite mosquée de la Pyramide. Un vieux problème là aussi. Cette salle à l’origine était occupée par plusieurs associations et n’était pas destinée à devenir un lieu de culte. Mais c’est ce qu’elle est aujourd’hui. Exclusivement. “L’association devra déménager à terme, a indiqué le maire, Michèle Picard. Dans un premier temps, nous avons dû nous mettre d’accord avec ses responsables sur une convention, de façon à clarifier les choses sur le plan légal. C’était une première étape. Maintenant, en lien avec le Conseil régional du culte musulman (CRCM), nous travaillons sur une nouvelle implantation.”

La police très active aux Minguettes

Il était 19 h 30 quand une habitante de l’avenue Marcel-Cachin, où neuf véhicules ont brûlé dans la nuit du 26 au 27 octobre, a enfin libéré la parole sur l’insécurité : “C’est intolérable ce genre de comportement, mais si on ose dire quelque chose aux jeunes on est tout de suite accusé de tous les maux, quand on n’est pas victime d’intimidation.” L’occasion pour le commissaire de Vénissieux, Pierre Labalme, de rappeler que la police, en dépit des difficultés rencontrées, est active aux Minguettes. Très active même. “De 400 véhicules brûlés en 2008 nous sommes tombés à 187 l’an dernier. Ce mois d’octobre on ne déplorait qu’une voiture incendiée. Mais il a suffi d’un incident pour que tout bascule. En matière de stupéfiants, nous avons procédé à la saisie de 40 kg depuis janvier 2013, ce qui nous place loin devant La Duchère, Vaulx-en-Velin ou Rillieux. Je vous assure qu’il y a un gros travail de police sur le Plateau.”
Concernant le week-end de violence des 26 et 27 octobre, Pierre Labalme a salué le courage de ses hommes qui sont allés porter assistance aux victimes de l’accident de la circulation, sous les projectiles et au milieu d’une centaine de personnes, dont beaucoup étaient hostiles. Et de préciser : “Il a fallu faire taire les rumeurs malveillantes qui disaient que la police était impliquée dans l’accident et était intervenue avec violence.” Le maire, Michèle Picard, a également rendu hommage appuyé à l’action de la police, et de nouveau condamné ces violences “inacceptables, incompréhensibles, insupportables et injustifiables.”

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