Une minute de silence et beaucoup de colère

Une minute de silence a été observée

Une centaine de personnes ont participé mardi 30 avril au rassemblement organisé en mémoire de la dame du Moulin-à-Vent qui a préféré se donner la mort, à 72 ans, plutôt que de devoir quitter son logement. Après avoir fait sauter la serrure de la porte d’entrée, huissier et forces de police venus pour l’expulser le 25 avril l’ont découverte pendue.

Une minute de silence a été respectée en mémoire de la disparue, avant les prises de parole de Serge Truscello au nom des organisateurs (PCF, Parti de gauche/Front de gauche, Lutte ouvrière, MRC, l’union locale CGT et le Secours populaire), de Guy Fischer, sénateur, d’André Mazuir (Réseau d’alerte et de solidarité des Vénissians) puis de Michèle Picard, maire.

Drame de la solitude, répète le préfet, qui insiste sur les délais accordés à la septuagénaire, à qui son propriétaire avait donné congé depuis le 31 décembre 2010.  Le préfet avait accordé le concours de la force publique le 14 février 2013 après plusieurs offres de substitution refusées et plusieurs convocations de la locataire restées sans réponse.

Mais comment s’étonner que la vieille dame n’ait pas répondu ? Deux de ses voisines, interrogées par France 3, décrivent une personne fragile, handicapée, malvoyante. Et qui n’avait pas fait mystère de son intention d’en finir si elle devait finalement être expulsée. Etait-il imaginable de la faire sortir de son logement dans ces conditions, alors que le maire de Vénissieux souligne avoir appris que les services du Conseil général avaient déposé une requête pour sa mise sous tutelle ?

« Chaque année, rappelait Michèle Picard, les arrêtés que je prends interdisant les saisies et les expulsions locatives sur le territoire de Vénissieux sont suspendus par décision de justice à la demande du préfet. » Ce fut encore le cas le 16 avril dernier. Les arguments du préfet sont de trois ordres : absence de trouble à l’ordre public ; inexistence d’une atteinte à la dignité humaine ; non-compétence du maire au regard de ses pouvoirs de police. « De qui se moque-t-on, s’exclamait le maire ! L’atteinte à la dignité humaine était à son paroxysme, la semaine dernière, les seuils de l’inacceptable aussi. » Quant aux pouvoirs de police : « À votre avis, qui a-t-on appelé en premier quand ce suicide a été découvert, sinon le maire ? »

Réclamant d’être avertie en amont des décisions d’expulsion (concernant ce cas, les services municipaux n’ont été informés que le 14 février dernier), comme des coupures ou réductions d’énergies effectuées afin de pouvoir mettre en œuvre au plus tôt des mesures d’accompagnement social et de prévention des risques liés à l’utilisation de moyens de substitution, Michèle Picard annonçait qu’elle prendrait à nouveau l’an prochain de tels arrêtés qu’elle qualifiait « d’actes de résistance« .

Rappelons que le maire a déposé plainte auprès du procureur de la République pour non-assistance à personne en danger et atteinte à la dignité humaine. Elle s’est également adressée à Mme Duflot, ministre du Logement, pour réclamer dès 2013 un moratoire sur les saisies expulsions et l’adoption d’une loi mettant fin aux expulsions sans solution réelle de relogement. « Le gouvernement a trouvé 20 milliards pour les patrons, insistait pour sa part Guy Fischer, on peut en trouver au moins autant pour faire vivre les droits fondamentaux de nos concitoyens pour l’emploi, l’éducation, la santé, le logement… »

3 pensées sur “Une minute de silence et beaucoup de colère

  • 4 mai 2014 à 18 h 44 min
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    Dépressions,suicides,burn out ….sont ,hélas, « monnaie courante » dans cette France du XXI e siècle dite « Pays des Droits de l’Homme »….Alors qu’en 2010,l’exonération des cotisations patronales via la sécu s’est chiffrée à 30 milliards d’euro selon l’Humanité-Dimanche ,les politiques de soumission au capital signifient une grande souffrance pour le monde du travail…

  • 4 mai 2014 à 18 h 44 min
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    Dépressions,suicides,burn out ….sont ,hélas, « monnaie courante » dans cette France du XXI e siècle dite « Pays des Droits de l’Homme »….Alors qu’en 2010,l’exonération des cotisations patronales via la sécu s’est chiffrée à 30 milliards d’euro selon l’Humanité-Dimanche ,les politiques de soumission au capital signifient une grande souffrance pour le monde du travail…

  • 4 mai 2014 à 18 h 44 min
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    Dépressions,suicides,burn out ….sont ,hélas, « monnaie courante » dans cette France du XXI e siècle dite « Pays des Droits de l’Homme »….Alors qu’en 2010,l’exonération des cotisations patronales via la sécu s’est chiffrée à 30 milliards d’euro selon l’Humanité-Dimanche ,les politiques de soumission au capital signifient une grande souffrance pour le monde du travail…

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